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jeudi 16 février 2012

Things

Dans le genre Other (comprendre : constat d'échec d'un mode de classement), mais qui cette fois me fait plus dubiter que sourire, voici la catégorie que je ne comprends pas du jour (en fait, il y en a plusieurs).

Depuis une éternité, il y a des catégories publicitaires sur Commons, où sont regroupées les photos par modèle d'appareil photo (ici, la catégorie mère). Ce sont des catégories cachées, elles sont remplies volontairement par les photographes (je n'ai vu personne repasser sur les photos des autres pour ajouter ce genre de catégories, mais je n'ai pas regardé très fort non plus), donc l'honneur est sauf (flickr fait ça automatiquement à partir des données EXIF et publie des statistiques).
Comme pour toutes les publicités, l'argument est qu'on peut s'informer sur les capacités du matériel avant de l'acquérir. Pourquoi pas, à près tout.
Comme pour toutes les catégories qu'on remplit, il y a de plus en plus de fichiers dedans. Du coup, au bout d'un moment, quelqu'un se dit qu'il faut faire quelque chose, et il passe à l'action : il se met à sous-catégoriser. Sur le fond, pourquoi pas. Reste à voir sur quels critères…
En ce qui concerne mon appareil photo, on a maintenant le choix entre (par ordre alphabétique) :
  • Art,
  • Buildings (dont Bridges, parce qu'il y a des sous-catégories aux sous-catégories),
  • Food,
  • Nature,
  • Peoples,
  • Things,
  • Transport (dont Bridges et Streets).
Sérieusement…

Donc on est en train de remonter une arborescence de catégories cachées parallèle à toute l'arborescence de catégories visibles, parce qu'on a une catégorie cachée avec 10 000 fichiers dedans.

Si on veut à toute force sous-catégoriser ce genre de foutoir, pourquoi ne pas faire des catégories qui suivraient l'argument de l'information ? Pourquoi ne pas trier en fonction des réglages, au hasard la sensibilité ISO, qui ont une influence notable sur la qualité de la photo (bruit), histoire d'avoir des critères tangibles de jugement du matériel ? Évidemment, ça demande un peu plus de travail que de passer un coup de cat-a-lot (gadget pas mal du tout, soit dit en passant), il faudrait monter un script qui sait lire les EXIFs… ou ouvrir toutes les pages à la main.

Donc voila. Pour tuer une catégorie, on la sous-catégorise en Things et le reste. Pourquoi ne pas carrément la supprimer, tant qu'on y est ?

Edits. 14:00 Visiblement tout le monde n'est pas d'accord avec la sous-catégorisation : Bridges et Food viennent d'être vidées. Si ça continue comme ça, j'en ai encore pour un moment à ne pas pouvoir me servir de ma liste de suivi...

14:05 La vidange ascendante se poursuit par robot, ce qui me rassure sur ma liste de suivi.

14:55 Streets, Transports et Things sont vides.

15:05 Il semble que la victoire totale de l'ordre sur le chaos organisé soit maintenant inéluctable, puisque Things est vide. Ça m'a pris 10 minutes pour réaliser ça.

lundi 23 janvier 2012

« Cette image ne peut être utilisée sur Wikipédia ou Wikimédia Commons »

Je suis retombé1 sur une photo que j'avais mise sur Commons il y a un certain temps, et je me suis demandé comme ça qui l'utilisait dans le monde2. Google est mon ami, donc je drag'n'drop la photo de Commons dans images.google3, et ça me renvoie la liste plus ou moins exhaustive des articles de Wikipédia qui utilisent la photo. Et une page sur Structurae.
Mairie du 10e arrondissement de Paris
Photo que j'avais mise sur Commons il y a un certain temps.

Donc je clique sur l'image, le fichier a été copié sur leurs servers, avec une page de description (qui ressemble pas mal à une infobox de Commons, à l'habillage près) et qui reprend le nécessaire (description rapide, le pseudo de l'auteur et un lien vers la licence). Très bien, bravo.

Du coup, puisque je suis là, je me dis que l'ai fait d'autres photos que j'ai placées sous la même licence et qui peuvent servir à illustrer structurae4. La porte Saint-Denis, par exemple5.
Porte Saint-Denis 01
La porte Saint-Denis, donc.
Là, visiblement, ils n'ont pas repris ma photo, ils ont une petite quinzaine de photos « maison ». Les pages de description donnent le nom des photographes, mais selon la « note légale » ce n'est pas sous licence libre :
Cette image peut être utilisée gratuitement pour des usages personnels, académiques ou pour la recherche. Dans tous les cas le ou la photographe et Structurae doivent être mentionnés.
Pour la publication (imprimée, en-ligne ou autre méthode) et/ou l'exploitation commerciale de cette image, par exemple sur un site Internet non-personnel, il faut obtenir la permission du détenteur du copyright et/ou du photographe. Si vous obtenez la permission d'utilisation sur une page Internet vous devez aussi inclure un lien vers Structurae, soit vers cette page-ci, la page de données ou un lien général.
Veuillez contacter Structurae pour obtenir plus d'informations.
Soit. La ligne suivante est carrément explicite et sans détour6 :
Cette image ne peut être utilisée sur Wikipédia ou Wikimédia Commons sans la permission de l'auteur de l'image!

D'où la question suivante : qui sont ces photographes qui versent leurs photos sur structurae pour que structurae puisse monnayer leur droits de reproduction au détail et en gros7 ?
Visiblement c'est n'importe qui qui aura suivi le lien « Aidez Structurae et envoyez-nous vos images! »8 en bas des pages.

Donc, pour résumer… Structurae utilise des photos de Commons en respectant les licences et monnaye les photos qui lui sont directement envoyées.
Personne ne sait si les photographes sont rémunérés dans l'histoire (cela dit, vu que les tarifs ne sont pas indiqués, c'est sans espoir). Quand je prends des photos et que je veux les partager, c'est pour qu'elles servent à tout le monde, pas juste à faire gagner de l'argent à Structurae, c'est pourquoi je les publie sous licence libre sur Commons.

Au passage, je note que structurae vend des espaces publicitaires.
Juste pour leur faire la nique, Wikimedia devrait y mettre les bannières de foundraising, l'an prochain.

Notes
1 Sans me faire mal.
2 Par simple curiosité.
3 En fait non, il y a un gadget firefox qui fait le boulot tout seul et qui sait aussi chercher à des endroits où on ne trouve rien, genre sur Baidu.
4 Ça peut servir à ça, ce n'est pas une obligation non plus. Ils font ce qu'ils veulent sur leur site, je m'en fiche. Tant qu'ils respectent la licence c'est bon pour moi.
5 J'ai fait une photo dont je suis content, ils ont une entrée… allons voir.
6 Et pour la peine, même si j'aime pas le gras (ça fait grossir), je laisse la typo d'origine.
7 Comme le laisse entendre la page liée.
8 Oui, on aime bien le point d'exclamation, sur Structurae. Ça fait enjoué, dynamique, souriant et commercial, sans doute !
  Une dernière note, sans numéro : pour illustrer ce billet, je n'utilise que des photos sous licence libre, stockées sur Commons (et que accessoirement, j'ai prises avec mes petites mains potelées aux doigts boudinés). J'ai bien compris qu'il ne faut pas utiliser le contenu de Structurae. Jamais.

mardi 2 août 2011

3615MAVIE

Je me suis souvenu qu'il m'est arrivé de dessiner, dans ce blog.
Il y a longtemps.



Mais j'ai un peu perdu l'habitude. Je faisais ça sur un coin de feuille avec le premier stylo qui le tombait tous la main, je scannais ça à la va-vite et je mettais parfois un peu de gris pour faire joli.

Et puis mon scanner a mouru. du coup, c'était moins facile et j'ai perdu l'habitude.

Récemment, j'ai trouvé MyPaint et je me demandais comment l'essayer.
Bref, j'ai remplacé le papier et le stylo à encre par la tablette graphique.
Premier constat, j'ai quand même moins l'habitude, il va me falloir de la pratique.

Second constat, tout à fait indépendant, tout le monde met maintenant une légende sous les images, sur les blogs. J'ai trouvé ça vexant et j'ai passé la soirée à chercher dans l'aide de blogger, une sorte de Capharnaüm indescriptible où on ne trouve rien  (nettement pire que l'aide de Wikipédia, ce qui n'est pas peu dire), il a même fallu que j'aille ennuyer Pyb sur IRC pour savoir dans quel onglet de quelle page de paramètres il fallait cocher une case avec un texte sibyllin.
Du vrai travail.

Maintenant, je sais mettre une légende là.

Après, il a fallu que je me souvienne si je dessinais ou non des oreilles, puis je suis allé chercher du café : j'en avais plus.

Edit Vu le nombre consirédable de fautes de français et d'orthographe que j'ai faites dans ce texte, puis corrigées à l'arrache après publication, je me demande vraiment si je dois continuer à écrire…

samedi 26 février 2011

Petits fichiers

Hier, je me vantais d'être le premier. Ça n'aura pas pris longtemps pour qu'on me mette le nez dedans.


Du coup je suis allé faire un tour dans le fonds Trutat sur Commons, puisqu'il y a des stéréoscopies de 1861, pour voir.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, le fonds Eugène Trutat est conservé par les archives municipales de la ville de Toulouse ; il a été placée sur Wikimedia Commons dans le cadre d’un partenariat avec Wikimédia France. Ça représente 200 photos.

La plaque est rayée, il y a des manques et des piqûres. Qu'à cela ne tienne, ça peut se restaurer numériquement. Je regarde donc le fichier. Là, c'est moins enthousiasmant : la copie numérique qui est sur Commons est trop petite pour que ce soir d'une part faisable et d'autre part pour que ça serve à quelque chose d'y passer le temps. C'est d'autant plus dommage qu'il existe un fichier assez grand sur le site des archives de Toulouse (on distingue les briques sur les murs).

Bref, ces photos du domaine public ne sont pas destinées à dépasser une vignette d'aperçu sur un écran. La plaque n'est pas consultable aux archives, sous le grand fichier est inscrit : Tous droits réservés DIRECTION DES ARCHIVES MUNICIPALES DE TOULOUSE. On ne peut donc rien faire de plus, c'est dommage.

Quand on regarde les partenariats, il y a ceux qui donnent des fichiers utilisables en termes de taille (Bonnier, Mary Rose Trust, Regionarkivet, et le projet Phoebus qui est un peu particulier, parce que les fichiers sont produits par des commonsiens) et ceux qui donnent les timbres-poste (Brooklyn Museum, Rijksvoorlichtingsdienst, la Deutsche Fotothek, le Deutsches Bundesarchiv, le Tropenmuseum, le Nationaal Archief, Nordiska museet, Yorck Project).

Je sais bien qu'on accepte les versions réduites en taille et qualité en se disant que c'est mieux que rien, que les institutions qui acceptent de donner des petits fichiers ont peur qu'« on » se fasse du fric sur leur dos. Demi-mesure et compromis : personne n'est vraiment gagnant. Impossible de valoriser les petits, il y un minimum technique.


En regard de ça, les États-Unis mettent dans le domaine public et en ligne (pas besoin de passer des accords, donc, pour avoir accès au domaine public) des fichiers qu'on peut vraiment restaurer et utiliser. Un exemple : un portrait de Reagan : l'original, la restauration et comme je vous aime bien, je recadre sur son œil gauche (version restaurée) sans rien agrandir (ci-dessus).

Bref, il serait bien que les GLAMs comprennent que la mise en valeur de leurs collections en ligne passe par des fichiers décents en taille.


Finalement, pour revenir à la stéréoscopie, il y a dans le fonds Trutat des stéréo séparées, donc j'en ai recollée une, et j'ai tenté une restauration (voir ci-dessus) — qui a principalement consisté à atténuer les artefacts de compression, parce qu'en plus d'être petits, les fichiers sont bousillés à la compression.

samedi 8 janvier 2011

Ma logique est choquée

En classant des sculptures de Wikipédia par matériau, je suis tombé sur ça. C'est petit, c'est inutile, ça a un bandeau d'ébauche, une moitié de tiers de quart de ligne de texte, un bandeau de portail et deux catégories. Le texte :
La Jeune Fille à la gerbe est une sculpture de Camille Claudel.

C'est contradictoire et ça choque ma logique. Non. C'est même plus compliqué que ça : ça choque mes logiques (je sais bien que ça ne veut rien dire, mais c'est vrai).

Du point de vue maniaque des wikipédistes, c'est bien blindé de tout le méta texte indispensable à une bonne encyclopédie qui se respecte et qui ne prend pas ses lecteurs pour des truffes (parce qu'il se trouve encore des gens pour parler comme ça).
Strictement, le texte est tout à fait superfétatoire. Tout le texte est déjà dans le déploiement de bidules circon-texte (celui qui parle de zircon, près du radiateur, sort immédiatement, l'autre qui fait le zigoto à mimer un chapeau chinois me donne son carnet de correspondance : mot aux parents), mais c'est fait à la perfection :
  • le titre, c'est le sujet, et c'est écrit en gros en haut à gauche,
  • juste en dessous c'est marqué dans une débauche textuelle obscène qu'il n'y a pas de texte dans l'article,
  • puis le bandeau de portail indique qu'on parle sculpture (l'attribut),
  • le complément de l'attribut, c'est la catégorie, qui est en partie redondante avec le bandeau de portail (mais enseigner c'est répéter, donc c'est bien), ce qui fait qu'on est sûr,
  • finalement, tout en bas, la flopée de disclaimers (nom du logiciel, licence, etc.) qui font complément circonstanciel (je découvre à l'occasion le « complément circonstanciel de prix », qui m'avait totalement échappé pendant mes études, merci Wikipédia, continuez comme ça), pour ne pas dire tapisserie.
Le texte fait un peu gras, dans l'affaire. Pourquoi ? Pourquoi s'être fatigué à mettre des mots quand on savait déjà tout sans les lire ?

Ma première logique est choquée.

Maintenant, regardons tout ça avec le recul des ans. Un noob n'aura jamais le vice de mettre tous ces machins autour d'une absence de texte, le noob mettra un texte. Peut-être bien, peut-être blindé de fautes, peut-être à côté de la plaque, mais il mettra un texte. C'est comme ça. Le noob a un besoin irrépressible de s'exprimer. Il ne se préoccupe pas de mise en forme, d'ailleurs il ne sait pas faire vu qu'il est noob d'une part et que la mise en forme a été fallacieusement inventée par des vieux cons d'autre part. C'est vrai.
Là, on a la mise en forme nickel chrome, mais on n'a pas le cri primal du noob (le soir au fond des bois), l'éructation approximative, le couinement velu du vieux con en devenir.
Ça veut dire que les vieux cons s'en sont donnés à cœur joie. Une sorte de soirée privée, du genre où on ne peut jamais entrer, avec une armoire à glaces à l'entrée : « C'est une soirée privée, m'sieur. Faut pas rester là. » Le titre de l'article est gras, c'est un titre d'œuvre donc il est penché, la capitalisation est irréprochable, tout bien parfait comme on dit qu'il faut faire dans le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale. C'est même tellement remarquable de perfection qu'il faudrait le citer en exemple, le montrer aux nouveaux :

Tu vois, petit, quand tu auras de la bouteille, tu feras des trucs comme ça. C'est ça, l'encyclopédie collaborative. Regarde l'historique, au début le noob a voulu répandre sa tripaille freudienne sur notre belle encyclopédie que nous on sait ce qu'il faut mettre dedans et pas lui, et puis le vrai travail encyclopédique a commencé. On s'y est mis à plusieurs, on a utilisé des robots, on a pris notre temps. On a viré son moche texte avec des mots, et on a mis des bandeaux à la place. Et ça, c'est vachement bien, petit. Crée un compte et toi aussi, tu pourras faire comme ça, dans 5 ou 6 ans.
Ouais.
Vachement bien.
…
Ben où tu vas petit ? T'en vas pas !

Ma seconde logique est choquée.

Alors que merde, virgule, putain ! C'est pas la mer à boire que de faire une rapide recherche et de trouver des trucs à dire sur le sujet !

vendredi 12 février 2010

Non.


J'ai en vie de dire non à tout un tas de choses.

Parce que oui, il y a des trucs qui m'énervent.



Mais je ne vous dirai pas quoi.

dimanche 24 janvier 2010

La Bérézina des infobox

Pendant la trêve des confiseurs, le projet architecture et urbanisme a été prévenu qu'une infobox Architecte avait été faite « il y a déjà quelque temps ». Au cas où le projet qui est censé gérer entre autres les biographies des architectes.

Histoire d'avoir un truc qui fasse autre chose que prendre de la place pour doublonner le texte sur toutes les bios d'architectes (oui, c'est pas donné), je suis allé voir de quoi il s'agissait (après m'être fait dire que j'arrivais après la bataille, bien sûr, j'avais mis une semaine à réagir). J'ai demandé deux ou trois champs qu'en fin de compte il a fallu que je crée tout seul (parce que les autoproclamés techniciens de la mise en boîte étaient partis aux Seychelles pour fêter leur pourrissement d'un projet supplémentaire). Et puis il a fallu mettre à jour les articles où l'infobox avait été déployée.

Et puis la discussion a continuée, finalement on devrait pouvoir se passer de rédiger, la biographie complète va tenir dans l'infobox.

Là dessus, je me rends compte qu'il y a une infobox Biographie sur un certain nombre de biographies d'architectes dont les champs équivalents ne sont pas nommés de la même façon, ce qui complique le passage à l'infobox spécifique (a priori la plus appropriée).

Aujourd'hui les intitulés des champs ont été modifiés, mais les articles n'ont pas été mis à jour, donc les informations ont disparu des articles.

Je n'ai pas une grande expérience des infobox, mais je suis de plus en plus convaincu que vu la façon dont c'est géré (ou justement pas géré) c'est plus une nuisance aux articles que le contraire, que le projet Infobox est complètement passé à côté de son objectif de rationalisation et d'harmonisation des infobox.

Je pense sérieusement qu'une fiche méthodologique devrait être mise à l'étude avant de poursuivre le massacre. En attendant, je me désintéresse complètement de cette histoire.

lundi 7 décembre 2009

Commons m'en veut ?

Ça commence à être énervant.

Je rentre à la maison après une journée crevante, et je me dis : « pour te changer les idées avant de te mettre au lit, tu vas charger une dizaine de photos sur Commons. » J'ai fait un petit voyage loin de chez moi, j'ai fait des photos, je me suis fadé cinq ou six panoramiques comacs d'une dizaine de photos, tant qu'à faire autant en faire profiter les copains.

La semaine dernière, je venais de passer une demi-journée à monter ces panoramiques à la chaîne, et j'avais eu la même idée géniale. Manque de pot, j'avais passé plusieurs heures à charger une photo.Ça marchait tellement pas que je suis allé voir sur la chan IRC de Commons. J'ai fourbi mes vestiges rouillés d'anglais, j'ai fait des échauffements devant ma glace et des étirements devant l'ordinateur. Il faut dire que d'une manière générale, ça roupille un peu sur ce chan. Donc j'avais préparé ma question, je l'ai posée... et rien... finalement au bout de dix minutes (il a dû leur falloir du temps pour comprendre ma tentative en anglais, sortir les dicos, faire mouliner les traducteurs automatiques1, appeler un interprète, etc.) quelqu'un m'a dit que les serveurs ne sont pas au mieux de leur forme. Comme j'avais un peu de temps devant moi, j'ai laissé mon onglet ouvert et j'ai refait une tentative deux heures après.

Il se trouve que ce soir je n'ai pas vingt heures devant moi pour charger mes dix photos. Si j'attends trop, je serai infoutu de les géolocaliser correctement (parce que j'ai de la mémoire, particulièrement pour les trucs qui ne servent à rien — du genre sur quel bout de trottoir j'étais quand j'ai pris telle ou telle photo —, mais faut pas pousser mémère dans les orties — surtout si elle est en short).
Ce soir encore, Commons est capricieux. J'ai bien rempli tous les champs de l'interface de téléchargement, j'ai cherché sur geolocator la trace de mes pieds au moment où j'ai pris la photo, j'ai cherché les catégories appropriées, j'ai fait attention à ne pas laisser de fautes de frappe et j'ai cliqué sur « importer un fichier ». Ça a mouliné. Ça a mouliné bien, même. Ça a mouliné longtemps. Et puis ça a arrêté de mouliner. Et rien n'avait changé.

Ce qui est énervant, c'est que après avoir passé le temps à nommer le fichier pour Commons (je n'utilise pas le même système de nommage pour mes archives perso), à le dater, à le décrire, à trouver (dans un autre onglet, voire en passant par un troisième) les coordonnées les plus exactes possibles du point d'où j'ai prise la photo (puis à les copier dans la case adéquate), à chercher les catégories les plus adaptées, à avoir choisi les modèles qu'il faut mettre sur la page de description, à les avoir paramétrés... J'ai franchement pas envie de faire trois fois ça pour la même photo. Donc je m'acharne. Je re-clique sur « importer un fichier ». Et ça ne marche toujours pas.

J'ai bien compris qu'en période de levée de fonds, on trouve ça rigolo que ça plante. Mais levée de fonds ou pas, ça finira comme ça : je ne mettrai pas ces photos sur Commons, et on passera à autre chose.

Note
1. Je laisse cette note en attente jusqu'à ce que j'aie fini d'écrire ce billet, revenez la lire quand vous aurez fini le reste du texte.

Bon, maintenant j'ai fini. Mon fichier n'est toujours pas sur Commons.

Donc, je parlais de traduction automatique. Voici le texte de ce billet traduit en anglais puis en français. Enjoy!
It's getting annoying.

Je rentre chez moi après une journée fatigante, et je dis "vous changer les idées avant d'aller au lit, vous allez charger une douzaine de photos sur Commons." J'ai fait un petit voyage loin de la maison, j'ai pris quelques photos, je Sade cinq ou six panoramique Comac une douzaine de photos, donc seulement le faire au profit de leurs amis.

La semaine dernière, je venais de passer une demi-journée pour obtenir ces chaînes panoramique, et j'ai eu la même idée. Pas de chance, j'ai passé plusieurs heures pour charger un photo.Ça marchait si que je suis allé sur le chan IRC communes. Je poli mes fûts rouillés, de l'anglais, j'ai fait mon échauffement avant étirement et glace à l'ordinateur. Il faut dire que, généralement, il somnole un peu sur ce chan. Alors j'ai préparé ma question, j'ai demandé... et rien... Enfin, après dix minutes (il les avait du temps pour comprendre ma tentative en anglais, en précisant, pour moudre automatiques1 traducteurs, faire appel à un interprète, etc.) Quelqu'un m'a dit que les serveurs ne sont pas dans leur meilleure forme. Comme j'avais du temps devant moi, j'ai quitté mon onglet ouvert et je re-cherché, après deux heures.

Il se trouve que ce soir je suis pas vingt heures devant moi pour charger mes dix photos. Si j'attends trop, je vais leur infoutu géomarque correctement (à cause de ma mémoire, surtout pour des choses qui sont inutiles - indépendamment du sexe sur le trottoir, je l'étais quand j'ai pris cette photo ou cette - mais faut pas pousser mamie dans les orties - surtout si elle est courte).
Ce soir, communes est capricieux. J'ai rempli tous les champs de l'interface de téléchargement, j'ai cherché sur la bonne voie GeoLocator de mes pieds quand j'ai pris la photo, j'ai cherché les catégories appropriées, j'ai fait attention à ne laisser aucune faute de frappe et cliqué sur "fichier à importer". Il a été Twisted. Il a bien fonctionné Mouliné même. Il est depuis longtemps Twisted. Et puis il s'est arrêté grind. Et rien n'a changé.

Ce qui est énervant, c'est qu'après avoir passé le temps de nommer le fichier sur Commons (je n'utilise pas le même système de nommage pour mes archives personnelles), à ce jour, pour le décrire, à trouver (dans un onglet à l'autre ou via un tiers) détails le point le plus précis possible où j'ai pris la photo (et à les copier dans la case appropriée) pour trouver les catégories les plus appropriées à choisir les modèles doivent être mis sur la page de description, d'avoir paramétré... Franchement, je ne veux pas faire trois fois plus élevé que pour la même photo. Donc, je persiste. Je clique de nouveau sur "Importer un fichier". Et cela ne fonctionne toujours pas.

Je comprends que la période de collecte de fonds, on trouve ça drôle que ça plante. Mais la collecte de fonds ou non, il finira comme ceci: je ne veux pas mettre ces photos sur Commons, et nous avancions.

Note
1. Je laisse cette note en attente jusqu'à ce que j'aie fini d'écrire la note, lisez-le dos quand vous avez fini le reste du texte.

Bon, maintenant je suis fini. Mon dossier n'est toujours pas sur Commons.

Alors, j'ai parlé de la traduction automatique. Le texte de cette lettre traduit en anglais et en français. Apprécier!
It's getting annoying.

Je rentre chez moi après une dogday, et je dis "changer votre idée avant d'aller au lit, vous aurez la charge d'une douzaine de photos sur Commons". J'ai fait un petit voyage par là bas, j'ai pris quelques photos, je mange cinq ou six pan dans le dos d'une douzaine de photos de nu, donc seulement le faire pour le bénéfice de leurs amis dans le besoin.

La semaine dernière, je venais de passer une demi-journée pour obtenir ces canaux de vue, et j'ai eu la même idée. Pas de chance, j'ai passé plusieurs heures pour charger un photo. Ça marchait si tellement pas beaucoup que je suis allé sur le chan IRC communes. Je polis ma rouillée anglais, j'ai fait mon échauffement avant étirement et machine à glace. Il faut dire que, généralement, il assoupit un peu ce chan comme un chat qui a mangé trop de whisky. Alors j'ai préparé ma question, j'ai demandé... et rien... Enfin, après dix minutes (il était temps d'essayer de comprendre mon anglais, en précisant, pour meuler les traducteurs automatiques, faire appel à un interprète, faire du café, etc.) Quelqu'un m'a dit que les serveurs ne sont pas dans leur meilleure forme. Comme je l'ai eu le temps devant moi, j'ai quitté mon ongle du pied ouvert et je re-cherché, avec deux heures.

Il se trouve que ce soir je suis pas vingt heures devant moi pour charger mes dix photos. Si j'attends trop, je suis incapable géomarque correctement (à cause de ma mémoire, surtout pour des choses qui sont inutiles - indépendamment du sexe du trottoir, je l'étais quand j'ai pris cette photo ou cette - mais soyez pas pousser mamie dans les orties - surtout si elle est courte).
Ce soir communes est capricieux. J'ai rempli toutes les chansons de l'interface de téléchargement, j'ai regardé sur la bonne voie GeoLocator mes pieds quand j'ai pris la photo, j'ai cherché les catégories appropriées ont pris soin de ne pas laisser aucun typo et cliqué sur "fichier d'importation". Il a été tordu. Il a bien fonctionné Mouliné même. Il est depuis longtemps Twisted. Et puis il s'est arrêté grind. Et rien n'a changé.

Ce qui est énervant, c'est qu'après avoir passé le temps de nommer le fichier sur Commons (je n'utilise pas le même système de nommage pour mes archives personnelles), à ce jour, pour le décrire, à trouver (dans un onglet à un autre ou par tiers) point détails aussi précis que possible lorsque j'ai pris la photo (et à les copier dans la case appropriée) pour trouver les catégories les plus appropriées pour choisir les modes doivent être mis en page de description, ayant mis en... Franchement, je ne veux pas faire trois fois plus élevé que la même faute. Donc je persiste. Je clique à nouveau sur "Upload file". Et cela ne fonctionne toujours pas.

Je comprends que la période de collecte de fondue, on trouve ça drôle que ça plante. Mais la collecte de fusion ou non, il finira comme ceci: je ne veux pas mettre ces photos de fondue refroidie, et nous avancions.
...

mardi 20 octobre 2009

« c'est pour un devoir d'école »

Il y a des moments où on se demande à quoi ça sert...

Je regarde les modifications récentes cinq minutes, histoire de dire que je me suis connecté aujourd'hui pour autre chose que lire les fausses empoignades sur le bistro, juste le temps de tomber sur la création de cet article magnifique [[L'avare (moliere)]] que je vous donne en intégralité :
s'il vousn plait ecrivez dessus c'est pour un devoir d'école et ça peut aider ou rebseigner pas mal de gens
Quand on pense le temps qu'il a fallu attendre pour avoir un moteur de recherche interne qui tienne à peu près la route sur Wikipédia, c'est à désespérer de tout.

Un truc comme ça, c'est zéro d'emblée. Et deux heures de colle pour apprendre à se servir d'un moteur de recherche.

Sérieusement, qu'est-ce qu'on leur apprend, à l'école ???

jeudi 15 octobre 2009

Retour...

Le « wikibreak » fonctionne un peu comme une piqûre de rappel. On se souvient qu'il n'y a pas que Wikipédia dans la vie, qu'on a aussi des obligations plus ou moins alimentaires et très certainement chronophages, qu'internet ne va pas sans le dire, que même le téléphone ne passe pas partout… Que « de quoi sont les pieds ? » « les pieds sont l'objet du plus grand soin. » (ce sont aussi de très bons supports d'ampoules), que « qu'est-ce qui joue plus faux qu'une flûte ? » « deux flûtes. », etc.1 J'aime pas les piqûres.

Par contre, il y a des constantes. Il y a toujours des trolls de plus ou moins haut vol pour se prendre au sérieux et poser des questions qui montrent qu'ils n'écoutent pas ce qu'on vient de leur dire. Il y a les gens à qui il faut passer la moitié de son temps à expliquer ce qu'on fait, pourquoi, comment au lieu de faire. Et il y a la satisfaction de constater qu'en fin de compte, tous ces gens qui n'en ont rien à faire2 ont à peu près compris ce qu'on leur a dit3.

Je n'annonce pas mes wikibreaks. Ça évite les psychodrames du genre4 :
Tu fais ch.er, tu vas pas nous claquer dans les doigts comme ça ! -- machin (d)
J'ai pas mieux à rajouter. -- truc (d)
Pareil. Amitiés. -- chose (d)
Prend du recul si tu en as besoin. Reviens vite. À bientôt. -- bidule (d)
Merci pour le boulot déjà fait ici et porte toi bien quoique tu fasses ! À très vite ;) -- machinchose (d)
En espérant que ce ne soit qu'un coup de tête, bonne pause :) Cdlt, truc-bidule (d)
ad lib.
Et les effusions (de camomille) au retour.

Tout ça pour dire, monsieur Fernand, que le pastis perd chaque jour de l'adhérent5.

Quand on s'est mis des cloques aux trotignolles et la goutte au tarin, quand on a à peine roupillé ce qu'il faut pour tenir sur ses quilles, et qu'on rentre dans sa cambuse, on commence par écraser. Puis on expédie les affaires courantes (frigo vide, vaisselle sale, etc.) Enfin, on regarde l'ordinateur…
Et là, on sent un truc bizarre : on est partagé entre le plaisir de voir que c'est bien organisé6 et par l'angoisse de tous les machins qu'il va falloir lire avant de pouvoir faire quoi que ce soit.

On commence par les blogs… vous écrivez trop !
Puis le bulletin des administrateurs (pour savoir dans quel sens crier pour hurler avec les loups7). C'est assez déprimant, je dois admettre. À croire qu'il n'y a que des problèmes.
Et puis la page de discussion. Là, vous êtes vachards. Venir me poser des questions compliquées auxquelles il faudrait que je réponde sérieusement…

Conclusion, la prochaine fois que je pars en wikibreak sans prévenir, vous serez assez sympa d'arrêter de vivre. J'ai du mal à reprendre le fil, moi !

Notes
1. Je sais, ça doit être assez hermétique à la lecture, mais à défaut d'être un résumé, on dira que c'est une évocation assez satisfaisante de mon wikibreak. De mon point de vue.
2. Soyons réalistes, c'est à peu près tout le monde (sauf moi). Ma maman, qui est polie, dit que ça l'intéresse.
3. L'équivalent de ça sur Wikipédia, c'est quand on va voir le compteur de visite des articles et qu'il y a 8 visites quotidiennes (en moyenne) sur un article de 2 lignes créé trois ans auparavant. Sur Commons, c'est quand on voit qu'une photo de mairie (dans une commune de moins de 50 habitants) est utilisée sur un obscur article de Wikipedia en moldo-valaque. Sur Wiktionnaire, c'est quand on voit qu'un bot est passé pour ajouter un lien interwiki à l'article qu'on a créé et qu'on réalise que l'article qui est au bout de l'interwiki a été entièrement écrit par un robot (un autre robot). Sur Wikiquote, c'est quand l'article qu'on a créé a enfin été vandalisé (preuve que quelqu'un est tombé dessus). Etc.
4. Ci-après, de vrais messages après un claquement de porte.
5. Ou pas. J'ai casé ma petite citation des Tontons flingueurs, que d'après google je suis le seul à connaître — sûrement un paradigme de l'aspect subjectif du Crowning Moment of Awesome. Ceci est donc un bon billet, il ne reste plus qu'à trouver un truc intéressant à dire.
6. Voir ce précédent billet pour la méthode de rangement.
7. Qui pisse contre le vent mouille sa chemise.

mercredi 30 septembre 2009

Débile mental !

Par moments, on a l'impression de rater des trucs quand on plonge dans la « vraie vie ». Il suffit que j'aie des trucs à faire « pour de vrai », et que je lâche Wikipédia quelques jours (les journées n'ont que 24 heures, c'est la dure réalité) pour que ce soit la foire intensive.

Je sais bien qu'on dit comme ça que Wikipédia est un MMORPG à thème, certains ont visiblement du mal à faire la part des choses. J'essplique, comme dirait l'autre :

Connection...
Vous avez de nouveaux messages (diff ?).
Ça commence bien... Je ne sais pas pourquoi (j'ai dû avoir comme une intuition), je suis allé voir directement l'historique. « Selon toute vraisemblance », j'ai été l'objet d'une attaque en règle : la nuit dernière, j'ai reçu ces messages :
Tu devrais aller te faire foutre !
Faux jeton !
Pauvre malade !
Enfoiré !
Débile mental !
Hypocondriaque !
Espèce d'ordure !
Fils de p*** !
Enc**é !
Enfoiré !
Salaud !
C****** !
... et quelques autres noms doux par plusieurs comptes visiblement créés pour l'occasion, et « probablement » par la même personne.

Tout ce fatras d'insultes a été viré, tous les comptes ont été bloqués et ma page de discussion a été semi-protégée dans les 2 heures (délai raisonnable vue l'heure de l'attaque).

En ce qui concerne l'hypocondrie, je verrai ça avec mon médecin — pour l'instant je ne me porte pas si mal, merci.
Le recours aux « *** » me fera par contre toujours autant rire dans ce contexte en particulier : comme s'il restait un semblant de pudeur.
Enfin — et surtout — je trouve ces messages d'un convenu et d'un prévisible à pleurer. Il y en a pourtant qui ont essayé de faire plus original : quelqu'un m'a déjà traité de « hamster », qu'il soit salué pour son imagination.

Le quotidien des utilisateurs de Wikipédia qui font de la maintenance ne se caractérise pas par sa diversité...

lundi 7 septembre 2009

Sodomie interstallaire

Je sais, j'abuse un peu de faire écrire mon blog par les vandales de Wikipédia. Mais on me l'a demandé. Alors, j'ai dû chercher dans les archives (les logs de suppression du printemps 2008).

Créé le 6 mai 2008 à 11:10 (CEST) par 193.54.196.178 sous licence GFDL, l'article avait pour titre « Sodomie interstallaire ». Le texte :
la sodomie interstaillaire est un coit entre deux planete d'un meme systeme staillaire, autre fois applé sodomie endoplasmique la sodomie interstaille est très repandu a coté de la grande ourse

J'ai failli supprimer, mais à ce moment on a sonné à la porte, et quand je suis revenu, c'était déjà fait. Cette notion rare a vécu moins d'une minute.

Le jour-même, le soleil est passé sous l'arc de triomphe de l'Étoile.Je ne sais pas s'il y a un rapport entre les deux événements.

Cela dit, si ce vandale avait eu un minimum d'orthographe, j'aurais passé moins de temps à chercher son chef-d'œuvre intersidéral.

mardi 21 juillet 2009

Illustrer Wikipédia avec Inkscape


Ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien.1 Je glandais sur l'Oracle (c'est dire si ça remonte2) quand j'ai voulu faire étalage de ma science triangulaire en citant une curiosité des géométries non euclidiennes. Ça nous aurait entraîné dans des explications compliquées, donc j'ai fait une petit dessin. Et j'ai été encouragé par des wikigraphistes qui passaient par là à continuer et à participer à l'atelier graphique.

Et je me suis mis à tourner autour de l'atelier graphique. Je n'ai jamais été vraiment assidu, mais à l'occasion, je traite une requête. J'ai commencé par des retouches photo. Bien sûr, je connais Photoshop depuis longtemps (je me rappelle encore avec émotion l'époque où il n'y avait pas d'historique3), je pratique à l'occasion quand celui qui me paye a Photoshop. Mais comme ne j'ai pas l'intention de payer la licence, il a fallu apprendre GIMP4.

Puis j'ai essayé Inkscape et j'ai commencé à faire des plans. Le plan n'est plus une langue étrangère pour moi depuis quelques années maintenant. On peut dire que j'en mange à tous les repas. En fait, c'est plus Inkscape qui coince. J'ai l'habitude d'utiliser (professionnellement parlant) un logiciel de dessin technique5, un logiciel où toute la saisie se passe au clavier, où on entre des cotes d'une précision à faire peur (quelque chose comme 11 décimales), où le fin du fin est de virer toutes les icônes et de travailler devant un écran noir en faisant beaucoup de bruit avec le clavier.
Et je me retrouve à me débattre contre Inkscape, où il est impensable de rentrer une cote, où il n'y a pas de ligne de commande, où il y a des icônes énormes. Toutes mes petites habitudes sont des handicaps : impossible de sélectionner toutes les lignes bleues pour les mettre en pointillé (c'est un exemple), il faut aller à la pèche à la souris, impossible de savoir si j'en ai oublié. J'ai un peu l'impression de jouer au Lego Technic de mon adolescence avec des Duplo6.

Je me plains, mais visiblement, je fais illusion7. En plus des félicitations d'usage, on vient me demander des conseils et on m'apporte le boulot directement sur ma page de discussion. Donc je continue à perdre mes cheveux sur ce logiciel qui devrait sortir des SVG qui respectent les spécifications W3C si on croit ce qui est écrit dessus, mais qui oblige à ne pas utiliser le format du logiciel (celui qui est par défaut) et à tripatouiller à la main le code pour faire des fichiers valides8.

Bref, je suis passablement énervé par ce logiciel (en plus il plante) que je subis plus qu'autre chose, vu que c'est la seule solution libre raisonnable pour produire des dessins vectoriels9 pour illustrer Wikipédia.

Tout ça pour dire que le slogan « Draw Freely », j'en suis loin ; je préfère de loin un papier et un crayon.

Pour me désénerver, je vais aller supprimer quelques images sur Commons.

Notes
1. Bon, ça, c'est une citation littéraire.
2. Ça fait un moment que je n'y mets plus les pieds.
3. On ne pouvait annuler que la dernière opération, ce qui poussait à avoir des stratégies assez complexes et gourmandes en termes de ressources pour se donner le droit à l'erreur.
4. Personnellement, je trouve bizarre de promouvoir le libre en utilisant des logiciels crackés, donc en ce qui concerne ma participation wikimedienne, j'utilise des logiciels libres/gratuits dans la mesure du possible. Ça demande d'apprendre des logiciels moins performants, c'est somme toute formateur.
5. Un logiciel qui n'a pas de concurrent libre à ma connaissance, et qui ne sait pas sortir un SVG, donc inutilisable (moralement et techniquement) dans le cadre des projets Wikimedia.
6. Oui, j'ai eu une vie traumatisante avant d'arriver sur les projets Wikimedia.
7. Il y a plus fort que moi, en matière de SVG. Sans doute des gens qui ont compris comment penser devant Inkscape et qui n'essayent pas d'y plaquer un mode de fonctionnement inadapté.
8. À ce propos, il existe un validateur pour vérifier que les SVG sont bien valides selon les spécifications W3C, les "SVG Inkscape" ne passent pas le test, et ils sont plus gros que les fichiers valides.
9. L'intérêt de l'image vectorielle, c'est qu'on peut l'imprimer de la taille qu'on veut sans se retrouver perdu dans un nuage de flou en grand format, avec un fichier dont la taille reste relativement modeste (elle est fonction de la quantité d'information, pas de la taille d'impression comme pour les images matricielles). L'utilité de la chose à l'écran n'est pas évidente, à tel point que MediaWiki les transforme en PNG pour les afficher.

vendredi 10 juillet 2009

Photos truquées

Je viens de retomber sur une vieille requête de l'atelier graphique : "Pouvez-vous effacer la personne située à droite de la photo." Le but de la manœuvre : illustrer un article de Wikipédia (l'encyclopédie, vous savez...)


Tommie Smith avec un fan.Tommie Smith sans fan. Pas mal fichu, comme reprise d'image. Le bras droit s'est retrouvé collé en symétrie de l'autre côté, le personnage de droite a été remplacé par le décor de gauche en symétrique aussi, même le poster au mur a été retourné pour virer un coin de tête. C'est bien ajusté, on ne voit pas les coups de ciseaux.
Peter Lorre expliquant l'opération de chirurgie esthétique dans Arsenic et vieilles dentelles, en quelque sorte.

Ça fait illusion, c'est ce qui était demandé, tout le monde est content.

Moi, ça me rappelle des trucages photo cités en (contr)exemple dans mes manuels d'histoire, quand j'étais au lycée. À l'époque, il était de bon ton de se réjouir qu'on ne pratiquait pas ça chez nous :

Kliment Voroshilov, Vyacheslav Molotov, Stalin et Nikolai Yezhov.Kliment Voroshilov, Vyacheslav Molotov, Stalin sans Nikolai Yezhov.

On enlève les gens qui gênent, on falsifie les documents. Et à quelle fin ?
  • Staline avait ses raisons : contrôler l'histoire officielle, en effacer les rivaux potentiels, garder le pouvoir, etc.
  • Wikipédia ? J'ai beau chercher, je ne vois que "pour faire joli", et "on sait faire". Sont-ce des raisons valables ?
À force d'utiliser les techniques à disposition sans se demander si c'est nécessaire, on perd de la valeur informative.

La photo d'origine montre Tommie Smith qui rencontre un fan lors d'une expo en 2007. C'est d'une part ce qu'on a trouvé (c'est un import depuis Flickr) — ça aurait été plus intéressant d'avoir la photo où il est sur le podium des jeux olympiques de 1968, le poing ganté en l'air, tête baissée et les pieds nus —, d'autre part c'est un portrait qui raconte sa petite histoire : 40 ans après, c'est toujours un personnalité qui fait des dédicaces dans les expos, il a toujours des admirateurs, il a l'air d'un grand père sympa, etc.

La version modifiée montre la même chose dans les fans, sans montrer que sa popularité persiste sur 40 ans. On se rapproche de la photo d'identité des biographies du Petit Larousse. On a perdu le pourquoi de la photo.

Toute la procédure pour les images modifiées a été respectée sur Commons : c'est indiqué dans le nom du fichier, il y a le modèle qui va bien, c'est lié à l'image d'origine, etc. Mais sérieusement, qui va vérifier ces choses-là ? Qui sait seulement que ça existe ?

Fut un temps où une photo était un document, au sens où ce qui était dessus avait existé avec certitude (du fait du procédé physico-chimique). C'était un document, ce n'était pas objectif pour autant : on pouvait faire une mise en scène, le hors-champs et le cadrage avaient une influence certaine sur le message véhiculé. Mais ce qui était sur la pellicule avait été devant l'objectif. La difficulté technique du trucage le rendait en général visible.

Avec la photo numérique et les logiciels de retouche, avec un minimum de pratique, on peut faire des photos qui ont la même apparence de vérité mais sans aucune certitude quant à l'authenticité. Et il est tellement facile de scanner une vieille photo, la truquer et refaire un tirage papier que même les photos argentiques (et autres techniques physico-chimiques) ne sont plus fiables.

Pour faire vite, la photo est passée du statut de document à celui d'illustration. On a perdu une source documentaire, c'est un fait.

Doit-on refuser la falsification de documents, la tolérer, la cautionner, la pratiquer ?
Je me demande si une encyclopédie à la recherche de reconnaissance, qui se fixe des objectifs délirants en matière de références dans le texte (voir les critères des articles de qualité) peut s'autoriser une telle désinvolture vis-à-vis des images ?
On ne charcute pas une source textuelle au point de lui faire perdre son sens, pourquoi le fait-on aux images ?
Doit-on illustrer pour illustrer, ou soutenir un discours avec des documents ?

Et il n'y a pas qu'à propos des projets WikiMedia que je me pose ces questions.

mardi 7 juillet 2009

L'incontournable

J'ai jamais été fan.

Mais là, il est partout. Toute la semaine partout.
Hier ici, aujourd'hui là, j'en oublie sans doute, je n'ai pas regardé en détail ça, mais il y a eu du trafic.
Même France Culture fait un direct. Je suis cerné.

À croire que le monde s'est arrêté de tourner parce qu'un chanteur est mort. Merde, un chanteur !

Je déconnecte tout, appelez-moi quand c'est fini, quand on pourra vivre une vie normale.

Edit : J'avais oublié le plus joli.