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mercredi 7 août 2013

Musique !

On rigole, on envoie des liens rouges à en se disant que quelqu'un aura le courage…
En fait, quand on pense à un truc, ça ne passionne pas souvent les autres. Et si on ne le fait pas, personne ne le fera1

Mais commençons par le commencement.
J'étais tombé sur la catégorie des bluegrass old timers sur Commons, et je me suis poilé pendant un moment à écouter du yodle, du fiddle, des polyphonies approximatives et de la guitare hawaïenne (on a les trips qu'on peut, certes), quand soudain (le côté soudain de la chose est tout relatif) je me suis arrêté sur Old MacDonald…
Je vous laisse écouter.
Outre l'aspect animalier, fort sympathique au demeurant, c'est le fait qu'il y avait un article sur la chanson sur Wikipedia en anglais. Donc, j'ai envoyé le lien à @Ideedarticles et je suis passé à autre chose.
Et quelques jours plus tard, je suis repassé par là, et ça m'a pris. J'ai donc traduit à la grosse l'article2.
Il y a la partition sur une image (en pdf ?_?) en 150 pixels de large, autant dire que ça peut à la limite servir d'alibi pour dire qu'on sait qu'il y a une musique à la chanson, mais guère plus.
C'est à ce moment précis que je me suis souvenu de ce vieux serpent de mer dont tout le monde s'est désintéressé au fil des années, l'extension score, qui avait fini par aboutir (mais c'était tellement merdique que tout le monde a mis son mouchoir dessus et a fait comme si ça n'existait pas3). Mais bon, maintenant on l'a, ça bugue comme un canard, ça marche quand ça a le temps, mais on l'a. Ça tourne avec une version du logiciel qui date de 3 ans, ça ne reconnaît pas la moitié du format, mais on l'a.
Arrêtez de vous plaindre.
Et ça permet de coder dans les articles des partitions (en dur, comme des sagouins) qui peuvent faire du bruit. Pour l'aspect farce, je dis pas, mais ça peut servir à ceux qui ont autre chose à faire que d'apprendre le solfège pour se faire une idée de la musique. Ça peut servir.

À ce moment de l'histoire, il faut que je vous explique que j'ai quatre tordus qui me racontent des trucs hilarants par-dessus l'épaule tandis que j'essaye de finir ce présent billet, et que c'est pas facile du tout d'avoir un minimum de suite dans les idées pour aller jusqu'au bout. En plus, ils me tannent pour que je fasse des notes de bas de page 4 !

J'ai donc essayé, étant bien entendu que j'ai tout au fond de moi l'âme d'un warrior qui s'ignore, tout près d'un intestin grêle, de coder en dur de la musique dans la fenêtre d'édition. J'ai essayé. Ça n'a pas trop marché.
D'abord, la notice de l'extension, où naïvement je m'attendais à trouver un début de doc, parle confusément de deux langages de codage dont quelqu'un qui s'y connaît (voir une note en bas de page, je sais plus laquelle) m'a dit que l'un d'eux est déprécié (même si c'est le plus récemment implémenté).
Ouh la la… C'est, à l'image de la doc, pas clair du tout.
Pour faire simple. L'extension s'appelait à l'origine LilyPond, du nom de LilyPond (allez lire, je vais pas répéter ce que je n'ai pas lu), puis il a fallu relire et corriger l'extension, et ça a saoulé tout le monde. C'est tombé aux oubliettes jusqu'à ce qu'une bonne âme reprenne le truc et ajoute le support pour la notation ABC (c'est elle qui est désuète5), du coup on a renommé l'extension en score (comme partition en anglais), et puis l'extension a été relue (je ne sais pas comment) et elle est sortie.

Donc, au début, je ne savais pas qu'il y avait une différence entre les deux (entre LilyPond et ABC, s'entend), j'ai essayé comme j'ai pu, ça n'a pas marché. Puis on m'a conseillé l'éditeur de trucs en LilyPond qui s'appelle Frescobaldi, qui n'est (pour l'avoir essayé) pas pratique du tout : il faut commencer par installer à la main LilyPond (sinon ça marche pas), puis on écrit dans un notepad, et il faut cliquer pour rafraîchir l'aperçu6, mais on a un truc qui joue la partition en midi7.
Et puis bon, j'ai ça, je fais avec. Je suis un warrior.

Naturellement le fichier bien organisé que ça fait n'est pas lu par l'extension score, du coup j'ai créé cette catégorie passionnante des trucs qui marchent pas même si on vous a dit qu'ils marchent, si on veut que ça marche en vrai, il faut aller à la hache dans le code LilyPond, virer tout un tas de trucs qui ne marchent pas du tout, et puis il reste ce qu'il reste (vous n'aurez pas la grille harmonique qui joue des accords en même temps que la mélodie, vous n'aurez pas d'indication de tempo, pas d'accompagnement, etc.8).

Arrivés à ce point, quand on sait ce qu'on sait, qu'on est qui on est et qu'on entend un piano synthétique, on se dit qu'il faut en mettre partout. On a quand même quelques articles (même si on pourrait en avoir tellement plus) sur des vieilles chansons. Donc fier de ma méthode qui marche à moitié pour faire marcher cette extension qui ne marche pas, j'ai continué avec Auprès de ma blonde, puis À la claire fontaine, et Chevaliers de la table ronde9.
On doit pouvoir faire les chansons révolutionnaires, genre la Marseillaise (on a déjà le texte de tous les couplets dans plus ou moins toutes les versions officielles, pourquoi pas une version de la musique aussi ? Ou le Chant du Départ (que je préfère nettement à la précédente), dont les paroles ont été écrites par Marie-Joseph Chénier (le frère du poète geignard et décapité), dont Gallica a une version de 1794 (mon regard se tourne irrésistiblement vers wikisource… où la situation est encore pire que sur Wikipédia : en pratique, l'édition des partition est impossible, même si l'extension est installée), etc.

Bref, si ça vous inspire, faites-vous plaisir.

Il y a une doc complète (pour ce que j'ai pu en juger) et en français sur le site de LilyPond, malheureusement dès que j'ai commencé à parler de ça sur twitter, le site est tombé en rade avec un joli message « Site currently down due to high traffic » (je veux bien croire que tout le monde s'intéresse à ce que j'ai à dire, mais je ne savais pas que j'avais l'envergure d'un tombeur de sites internet… la malchance sans doute).
Sinon, il y a un wikibook qui s'appelle Introduction à LilyPond, qui répond à pas mal de questions, sans être aussi exhaustif.

Notes10
  1. Sauf si on l'attache à une chaise jusqu'à 18 heures et qu'on le fait pointer.
  2. C'est tombé dans les 3 jours où je me mettais à l'éditeur visuel, donc je me suis amusé à faire ça à l'éditeur visuel, question de mode.
  3. Même les développeurs, c'est dire !
  4. Ils sont fous, ces tordus.
  5. D'après ce qu'on m'a dit. Je ne vais pas faire semblant : il y a deux jours, j'ignorais encore que tout ça existait. Je fais de mon mieux, mais si vous voulez des infos waterproof, allez voir ailleurs.
  6. Ça ne vous rappelle rien ?
  7. Le son est atroce, mais bon, c'est un peu comme les choses de synthèse vocale.
  8. Ça ne doit pas être dans le scope des devs de l'extension, ou un truc du genre.
  9. Quand même.
  10. Il faut ce qu'il faut.

jeudi 11 juillet 2013

Pigeon

Dans un certain milieu, je me suis fait une réputation de faire des photos de pigeons crevés. Ça m'est certes arrivé à l'occasion, mais la réputation est très surfaite (bref, c'est pas la peine de m'envoyer une photo à chaque fois que vous croisez un pigeon baignant dans ses viscères ; certes, j'aime bien qu'on pense à moi mais il y a une limite à tout).
Juste pour le plaisir des yeux, un pigeon crevé, pendu par les pieds.
Et puis il y a des gens qui sont encore plus frappés que moi, niveau pigeon.
Tiens, par exemple, sur Commons il y a quelqu'un qui s'appelle PigeonIP. Vraisemblablement, c'est pas un pigeon sous IP (quoique, allez savoir, avec toute la technologie, il a peut-être un port USB derrière la tête… je ne sais pas, on ne s'est jamais parlé), mais il fait un superbe boulot de catégorisation des photos de pigeons (comment aviez-vous deviné ?).

Personnellement, j'aime bien faire des photos d'un peu n'importe quoi (des agrafeuses, des portes, des cafetières…) et pourquoi pas des trucs dont je sais qu'il y a matière à en parler. Soyons réalistes, en général je garde ça pour les soirées arrosées, ça fait des sujets de conversation étranges entre gens qui ne peuvent pas aligner deux phrases (en fait, j'aimerais bien me rencontrer, pour savoir si c'est vraiment si rigolo que ça, des gens qui se fâchent sur la cuisson des briques avec les yeux qui se croisent). Et de temps en temps, quand j'ai assez de photos, j'écris un article sur mes sujets à la noix.
Par exemple, j'ai fait un truc sur les fissuromètres en revenant de Chartres. On avait fait une virée à quelques uns, on était entrés en meute dans le truc, et tout le monde a levé le nez et fait une photo de tous les vitraux (ça fait au moins une demi-douzaine de photos pour chaque vitrail). Comme j'avais un torticolis, j'ai regardé le mur : tout lézardé, du coup, j'ai pris ça en photo. Au retour, j'ai trouvé mes photos assez moches, donc j'ai écrit un article pour les mettre quelque part.

Pour en revenir au pigeons, hier je me suis souvenu que j'avais déjà fait des photos ridicules de machins anti-pigeons, que PigeonIP avait catégorisées (j'adore ce pseudo). Coup de bol, derrière la catégorie de Commons, il y avait un article sur Wikipedia en anglais, en allemand et en hébreu. Coup de bol pour moi, je lis vaguement l'anglais. Je me suis donc inspiré de leur article (pourquoi réinventer l'eau tiède ?) pour en écrire un en français.
Tout en l'écrivant, je cherchais sur Commons des photos pour l'illustrer (ça, c'est la version littéraire de la chose, en pratique je cherchais sur les photos des trucs malins à dire). Et je suis tombé sur trois photos de la même statue, prises sur une période de 6 ans par trois photographes différents, et qui mises ensemble, illustrent à peu près toute l'histoire :
  • Thbz, janvier 2006, la statue vêtue de fientes : Ouhouhou ! C'est saaaaale !
  • Harmonia Amanda, mars 2007, la même statues, avec un pigeon sur la tête : ah mais oui mais c'est bien sûr, ça venait de là…
  • Jebulon, juillet 2012, la statue toute propre, avec un filet et des piques : C'est comme ça qu'il faut faire (les piques, c'est cool, mais c'est pas partout adapté, par contre avec la bonne combinaison, c'est bien).
En sauvegardant l'article, J'ai eu ce sentiment d'être sur un sujet fabuleux où on fait des photos sans avoir idée de à quoi elles peuvent servir, et où parfois (il faut savoir comment chercher) on trouve des éléments tout à fait adaptés pour un article imprévu.

Bon, avec tout ça, j'ai perdu un sujet de conversation, moi…

Si vous vous demandez dans quels cas les piques ne sont pas adaptées, voilà :
Les poils pubiens anti-pigeons
… à éviter.
Pigeon […] tu es vraiment le plus agile.

jeudi 4 octobre 2012

La fin de l'été

On c'est que c'est la fin de l'été quand les hirondelles s'en vont et qu'on attrape un rhume.

Du coup, j'ai pris une vanne thermostatique en photo (winter is coming).
Et je suis allé faire un tour sur les statistiques de consultation de la vanne thermostatique.
Source.
L'article est plus lu depuis la 3e semaine de septembre… la fin de l'été.

mardi 6 mars 2012

Autopsie d'un garde-boue

Pour une fois que je ne voulais pas pousser sur la bouteille, il m'est arrivé un truc pas commun en rentrant de refaire le monde très sobrement.

Il était pas loin de 2 heures du mat', Paris, place de la République, moi sur mon vieux vélo qui rentre me coucher.
Je dis mon vieux vélo, parce qu'il commence à avoir bien vécu. Il roule toujours, c'est ce que je lui demande (c'était pour ça que je l'avais acheté), mais il commence à avoir du kilométrage. Comme toutes les vieilles carnes, il faut le connaître pour en faire à peu près ce qu'on en veut, et ne pas lui demander ce qu'il ne peut plus faire. Un vieux vélo, quoi. Je l'avais acheté il y a quelques années, une entrée de prix dans un magasin de sport pour citadins, qui vend aussi des chaussettes et des maillots de bain, juste ce qu'il me faut pour me déplacer sans avoir à attendre le métro.

Il y a quelques mois, les garde-boue ont commencé à vivre leur vie.
En rouge, les attaches du garde-boue.
À l'origine, il y avait deux boulons : un derrière le pédalier et un sous le hauban, pas loin de l'attache du frein (pour ceux qui ne connaissent pas l'anatomie d'un vélo, voir ce schéma), et à l'arrière, il y a un truc en fil de fer qui revient de part et d'autre de la roue jusqu'au moyeu.
Il y a quelques mois, le plastique du garde-boue autour du boulon du hauban s'est déchiré. Du coup, ça faisait un bruit de fou furieux dès que je passais sur des pavés. Je trouvais ça cool, j'économisais sur la sonnette.
Et là, le plastique autour du second boulon s'est déchiré à son tour. Du coup, le garde-boue a commencé à frotter sur le pneu, il a été entraîné, et il est passé sous la roue en tordant les fils de fer. Et il est resté là.

Constat en passant : le garde-boue adhère nettement moins que le pneu. C'est peut-être pour ça qu'on ne roule pas sur les garde-boue.

À ce moment-là, j'étais engagé de la place de la République entre 15 et 20 km/h, plus ou moins devant le magasin où j'avais acheté le vélo, soit dit en passant, et je commençais à freiner pour m'arrêter au feu. Je sais, c'est bête de s'arrêter au feu à un carrefour dont toutes les incidentes sont fermées pour cause de travaux, à 2 heures du matin, quand il n'y a pas de piétons, mais c'est comme ça, je m'arrête aux feux.
Donc, je freine tout doucement. Mais le garde-boue arrière est passé sous la roue à ce moment-là. Donc la roue arrière n'a rien voulu savoir de mon freinage, elle a continué à la même vitesse, et elle m'a doublé par la droite. Un bon début de tête-à-queue. Et en même temps, le vélo s'est couché sur la chaussée, tout gentiment, sans à-coups.
Je me suis retrouvé assis sur les fesses, à glisser très dignement sur une distance assez impressionnante, en regardant mon vélo qui s'éloignait en tourbillonnant et les voitures qui arrivaient. Le feu précédent était passé au vert.
Quand je me suis arrêté de glisser, je me suis relevé, j'ai mis mon vélo sous mon bras, et je suis allé sur le trottoir. Et les voitures sont passées au loin.

Bilan : moi, rien, pas même un trou au fond de la culotte, juste une bonne histoire à raconter. Par contre, je pense que ce garde-boue est irrémédiablement perdu pour la cause, il va falloir que je trouve un moyen de le démonter, parce qu'il est bien coincé.

Désolé pour ceux qui auraient aimé voir la cascade en ogg theora sur Commons, j'étais sur le moment assez préoccupé à ce que je faisais, même si c'était complètement absurde et que j'en avais conscience. On pourrait lancer un chose du genre CommonsoGag, certes. Ou je peux penser à faire cascadeur dans les grosses productions américaines. Pourquoi pas.
La prochaine fois que je reste sobre, envoyez-moi quelqu'un avec une caméra, on verra ce qu'on peut faire.

samedi 18 février 2012

La tête du client

Pas gâté par la nature, il arriva enfin en âge de pousser au suicide qui il voulait et quand il voulait, sans se faire tirer l'oreille par sa vieille nourrisse bègue.

— Cool, se dit-il un matin, il fait beau.

Il sauta du lit et enfila ses pantoufles. Il téléphona sans plus attendre à un sculpteur qu'on lui avait chaudement recommandé la semaine précédente au cours d'une partie de dominos.

[ici, quelques épisodes passionnants avec une tartine beurrée et un bol de chocolat chaud, etc.]

Paul Strudel Kurfürst Johann Wilhelm von der Pfalz BNM img01
Le portrait en buste sentait bon le neuf.
Le sculpteur se recula pour lui laisser admirer son œuvre plus à loisir. Le portrait en buste sentait bon le neuf.

— J'ai fait ce que j'ai pu pour vous mettre à votre avantage, monseigneur. Il est vrai que ces perruques montantes et ces jabots de dentelle flottant au vent sont un peu passées de mode, mais quand on a une complexion… il se racla la gorge, cherchant ses mots.

Comme il ne trouva rien à dire, il se tut.

Il se demandait en lui-même comment on pouvait avoir autant de pouvoir et une si sale tronche. Cependant, il n'en laissa rien paraître.

— Ma femme n'était pas très sûre que les implants soient une bonne idée sur l'épaule droite, mais ma belle-sœur trouvait que ça donnait un air un peu comme ça : hop !

Il fit un geste un peu étrange qui commençait vaguement comme un pas de polka, se prit les pieds dans le tapis et se mit un coup de poing au menton.

— Hum, murmura le puissant, sans tourner la tête.

— Je ne sais pas si vous avez vu les détails de l'armure, reprit l'artiste. J'y ai mis tout mon cœur.
L'autre ne répondit pas, il en avait assez.

— Caramba, encore raté. Mettez ça au musée ou à la décharge. Je ne paye pas pour cette face de raté.

[dialogue plein d'esprit, 2 ou 3 pages]

Et le sculpteur se suicida.
Paul Strudel Kurfürst Johann Wilhelm von der Pfalz BNM img02
Je ne sais pas si vous avez vu les détails de l'armure, reprit l'artiste.

— FIN —

Personnellement, si j'avais pu choisir ma tête, j'aurais pris un truc qui dépasse la poignée de pétards d'une bonne longueur, un truc qui ferait passer le brushing de Clint Eastwood pour minable, dans le genre de ça :

Andrew Jackson - bust
Coiffure de président des États-Unis, l'année du siège de Fort Alamo
(30 ans avant l'invention de la dynamite).

mercredi 17 août 2011

→ Wikipedia

Je regardais tranquillement le générique de début de Chérie, j'ai rétréci les gosses (c'était ça ou Le Flic de Beverly Hills), quand j'ai été frappé par le nom Sutherland.

[Note : vous avez sans doute remarqué que je lie vers wikipedia en anglais, simplement parce qu'il y a un peu de contenu, contrairement à la version en français. Si ça vous amuse de traduire, ne vous gênez pas.]

Sans réfléchir, des Sutherland, j'en voyais bien deux. Un qui fait des seconds-rôles de gentil, l'autre qui fait des second rôles de méchant. Avec la même tête.
Donald, éternel sidekick des films de série B, au côté de Charles Bronson (Les Douze Salopards), Sean Connery (La Grande Attaque du train d'or), Matthew McConaughey (Le Droit de tuer ?), ou assis sur un banc dans JFK… Le type dont honnêtement personne ne se souvient (il y a même un trope là-dessus), mais qui a suffisamment travaillé pour avoir une filmographie séparée de sa biographie.
Kiefer, qui ne s'est pas marié à Julia Roberts parce qu'il jouait au billard avec une strip-teaseuse.

Bref, Kristine n'était pas dans ma liste personnelle de Sutherland.

Donc → Wikipedia.

Kristine Sutherland, donc.
Kristine Sutherland est née blablabla… et a joué la maman dans Buffy The Vampire Slayer (Ah oui, c'est vrai ! ça me disait quelque chose, mais je n'arrivais pas à savoir quoi, c'est ça : c'est la môman à Buffy.) blabla…

Jusqu'à cette phrase, qui m'a fait tomber de ma chaise :
Kristine Sutherland is not related to Donald Sutherland or his son Kiefer Sutherland. She was born Kristine Young, and changed her name because she was often confused with another similarly named actress. The last name "Sutherland" was after her cat, whom she named "Donald" after Donald Sutherland, who, incidentally, had a role in Buffy the Vampire Slayer, Whedon's first attempt to bring Buffy to audiences.
Alors effectivement, ça répond à la question que je me posais. Super.
Mais sérieusement, comment en arrive-t-on à écrire une phrase comme ça ?

Déjà, ne jamais définir par la négative. Kristine Sutherland n'est pas tout un tas de choses, à commencer par un boustrophédon ou une équation linéaire (tout ça, c'est purement vrai mais on n'en a rien à faire). C'est même interdit sur l'étiquetage de la boustifaille, de dire ce qu'il n'y a pas dedans. Le fan club en avait marre de répondre à cette unique question qu'on leur posait sans cesse, ils ont mis la réponse là ; depuis le téléphone ne sonne plus.

Et ensuite, c'est quoi cette idée d'appeler un chat Donald ?
Franchement !
Ça ne s'appelle pas Donald, un chat. À la limite, on peut appeler son chien Indiana. À la rigueur. Mais pas son chat Donald… Non.

Et puis cette histoire est tout à fait ridicule. Pour résumer : aucun lien de parenté, elle a juste nommé son chat d'après l'acteur qui a joué dans le film dont la série pour laquelle elle est connue est la reprise. Et elle a choisi le nom de son chat comme nom de scène.

Capillotracté.

Bon, du coup, maintenant que j'ai bien perdu mon temps sur le générique du début, je vais regarder le film en accéléré.

vendredi 29 juillet 2011

Les licences libres, la Culture, et la réalité

On se dit, comme ça, qu'on contribue au Savoir et à la Culture en publiant ses photos sous licence libre. C'est beau, c'est généreux, c'est grand.

Mais en fait…

En fait, les quelques photos que j'ai prises avec amour et publiées avec patience sur Wikimedia Commons sous licence libre et que je retrouve au hasard de mes promenades sur le web m'ont d'abord un peu surpris. Disons que je ne m'attendais pas à ça.

J'illustre donc un assureur, un machin indéterminé sur le Grand Paris, un marchand d'échafaudages et qu'est-ce que je sais encore ?

Et tout ça avec les photos les plus bêtes du monde, du genre de celles qui ne rentrent pas au musée :

ÉchafaudageBanc, square Claude-Nicolas-LedouxVoiture brulee

La conclusion s'impose d'elle-même : les photos à la con sont au moins aussi utiles que les photos scientifiques ou artistiques.

jeudi 28 juillet 2011

L'intérieur des tubes fluorescents

Et tant que je suis dans les photos de souterrains, j'ai fini ce panoramique de la rue Watt (celle-là même de la chanson de Vian).

Paris, Rue Watt

En bref, j'avais pris ça en fourchette (cherchez pas, il n'y a que sur wikipédia que le bracketing s'appelle comme ça) en me disant que vu qu'il fallait faire quelque chose pour voir en même temps le ciel et le sol (on ne voit pas beaucoup de ciel, d'accord).

Donc j'avais 3 jeux de 73 photos (si je persévère dans le 360×180°, il va falloir que j'investisse dans l'optique). Ça m'a pris une nuit à caler les photos du premier (le plus clair, c'est plus facile de voir ce qu'on fait quand on ne bricole pas des photos irrémédiable­ment toutes noires) dans hugin. Pour les deux autres, ça prend 20 secondes : le temps de copier-coller.

J'en suis donc à une nuit et 20 secondes.

Vient le moment critique, le moment du calcul. Aucune idée du temps que ça a pris, j'ai lancé le truc, je suis parti vivre ma vie, et quand je me suis réveillé le lendemain, l'ordi­nateur était en veille. Coup de pied au cul, le machin est reparti, je suis retourné vivre ma vie, et quand je suis revenu, c'était fini. Bien.
À la louche, un jour et demi.

Comme on ne vit pas dans un monde parfait, ça avait bugé un peu, il y avait des artefacts étranges sur tous mes fichiers. Mettons une demi-journée tout mouillé pour calculer des rustines et pour les coller.

Là, on en est à 2 jours, 1 nuit et 20 secondes.

Restaient deux choses à faire : virer le pied et fusionner les 3 images. Du gâteau.

Virer le pied, ça se fait bien (voir deux billets en arrière, là), un gros quart d'heure de 25 minutes.

Fusionner les trois images, c'est un peu plus rigolo. Je comptais faire ça avec Luminance HDR (ex-Qtpfsgui, ils ont pris un nom à peu près compréhensible et prononçable quelque part en juillet 2010, avec la sortie de la version 2), le logiciel poilu de HDR (que je n'ai jamais réussi à maîtriser). Ça, c'était l'intention de départ.
Il a jamais voulu ouvrir la première image que j'ai essayé de mettre dedans.
J'ai ressorti hugin, qui sait aussi faire, et qui a planté. Avant de commencer.
Forfaitairement, une heure pour réaliser que je perdais mon temps.

No HDR today…

Donc j'ai dû faire ça « à la main », avec mes petits doigts gourds et boudinés aux ongles noirs. Avec GIMP. La méthode consiste à ouvrir les trois photos ensemble et à leu assigner un masque qui ne laisse visible que les parties de la photo qu'on veut bien.
J'ouvre donc ma photo claire, j'« ouvre en tant que calque » l'image moyenne, je lui assigne comme masque une « copie du calque en niveaux de gris », qui ne va laisser passer que les hautes lumières.
Dans la théorie c'est simple. Dans la pratique, quand on fait ça avec des très grosses images, ça devient très distrayant. Rien que pour charger les photos, mettre le masque et afficher le tout, une heure. Dans ces cas-là, je m'impatiente, je m'énerve, je dis que c'est bien et j'enregistre.
Donc j'étais énervé. Mais il me restait à coller dans ma photo la troisième couche, celle qui est toute noire, avec juste le nuage et l'intérieur des tubes fluo­rescents.

Quand on fait un panorama, il faut voir l'intérieur des tubes fluo­rescents, sinon on n'a rien compris à la vie.

Bref, encore une heure, autant dire que j'ai fini complètement hystérique (mais assez content que l'ordi­nateur n'explose pas au moment d'enre­gistrer, j'en ai déjà un qui a brûlé, c'est moyen­nement drôle).

2 jours, 1 nuit 3 heures, 25 minutes et 20 secondes.

Et il a fallu uploader le truc sur Commons. J'ai vaguement rempli la description (en faisant l'impasse sur la crise de nerfs), et j'ai laissé se démerder… 3 heures à peu près (ou bien ma connexion ou bien les servers étaient dans la panade, peut-être les deux).

Résultat des courses : 2 jours, 1 nuit 6 heures, 25 minutes et 20 secondes.

De cette sombre histoire, je tire un enseignement positif et un constat désolé : je sais encore faire un addition, mais qu'est-ce que je peux perdre comme temps…

Si vous voulez regarder le pano­ramique de plus près (si toolserver veut bien marcher) :
  • ici le machin pour zoomer comme un taré, sur lequel on voir que je fais mal mes réglages, et que j'ai un bruit de fou furieux,
  • là le bidule pour partir en toupie (panoramaviewer).

samedi 2 juillet 2011

Auto-interview

Salut.

Ouais.

Tu fais quoi, ces temps-ci, Coyau ?

Orf… je bricole un peu sur le projet Versailles sur Wikipédia.

En pratique, tu fais quoi ?

Ben, comme c'est trop fatiguant, j'écris rien. Il y a des tas de gens motivés pour s'user le bout des doigts, alors je les laisse faire. En fait, je vais me promener à Versailles, et je prends des coups de soleil. Et des photos (donc en fait je participe plus au projet Versailles sur Wikimedia Commons, en fait).

Des photos de quoi ?

De trucs ridicules. J'aime bien les trucs ridicules. Tiens, par exemple, les mecs se sont fatigués à faire un nœud-nœud à pompon à la queue du cheval de Louis XIV. Il paraît que c'est même pas son cheval, d'ailleurs.

Versailles, statue équestre de Louis XIV 01

Ah.

Oui.

Ou bien il y a ça, qui m'a bien fait marrer aussi. Dans le bosquet des Dômes, il y a une statue d'Acis et une de Galatée, tu sais, Acis le berger charme la nymphe Galatée en jouant de la flûte, mais ça ne revient pas au cyclope Polyphème qui aime Galatée, donc il écrase le gamin sous un tas de cailloux et va se faire la fille. Une histoire lamentable. À te dégoûter d'être berger.
Bref, pour en revenir à ça, la statue d'Acis joue du fifre en regardant d'un œil mouillé de miel à gauche et Galatée lève les bras de surprise en regardant à droite (elle est supposée être surprise par le son de la flûte). Tu te dirais comme ça que naturellement, ils se regarderaient et que ça ferait une scène charmante.

Oui.

Ben non. Ils sont à l'envers. Acis s'époumone pour Le Point du jour, qui est en restauration (donc en fait il joue pour un piédestal vide) et Galatée est vraiment surprise de se retrouver à côté de sa frangine Amphitrite.

Parc de Versailles, Bosquet des Dômes, Acis, Jean-Baptiste Tuby 01Parc de Versailles, Bosquet des Dômes, Galatée, Jean-Baptiste Tuby 01
C'est ballot.

Tu as entendu parler de l'opération 24 heures pour un article ?

Oui, vaguement.

Et tu veux bien nous en parler ?

D'accord, si tu veux.
C'est un truc pour motiver les gens à se sortir les doigts… tu couperas ça au montage, hein… pour motiver les gens à rédiger des articles. Parce que si on les laisse tout seuls, ils vont se promener et ils attrapent des coups de soleil. Donc voila, on te dit tel jour, va éditer tel article en même temps que tous les autres, et on regarde en fin de journée ce que ça donne. Dans le principe, c'est sympa, mais ça doit être un cauchemar à organiser : faut trouver un article assez mal fichu pour qu'on puisse jouer à plusieurs, et puis faut trouver un créneau pour que tout le monde puisse être là. Et quand on ajoute à ça le décalage horaire, ça devient une horreur. M'enfin, voila.
Donc là, il fallait améliorer le Grand Trianon en 36 heures (c'est pas parce que ça s'appelle 24 heures qu'on va se laisser enquiquiner par des détails comme ça, on est trop forts, et on fait ce qu'on veut comme Chuck Norris).
Il y aura bien des gens pour te faire des bilans, des comptes-rendus, comparer l'avant et l'après, et des statistiques passionnantes sur l'opération.

Tu as participé ?

Oui, non, en fait j'étais pas sûr. Et puis j'avais pas noté la date. Enfin, je savais que ça venait, mais sans plus. Et puis je me suis rendu compte que c'était le truc au bout de 24 heures. C'est ça qui est beau quand on te dit que 24 heures en durent 36, c'est que même si tu rates le truc, tu es encore bon. Et tu peux ajouter ta zone.

Qu'as-tu ajouté, donc ?

Honnêtement, moi, Trianon, connais pas. J'y suis jamais allé. Mais j'avais sous la main un livre d'histoire de l'architecture française, donc j'ai potassé les 3 pages sur le sujet. Il y a aussi des pages d'illustrations un peu plus loin, mais j'ai pas regardé. Et puis je me suis dit, un truc comme Trianon, on va sûrement en dire des trucs intéressants dans les traités d'architecture, donc j'ai cherché dans le Cours d'architecture de Jacques-François Blondel.
Tiens, à ce sujet, tout le monde se croit très malin en disant juste Blondel. Des Blondel architectes connus dans l'histoire de l'architecture (je te parle pas du type qui a fait le pavillon de mon cousin Gaston), il y en a trois, tous les trois à l'académie royale d'architecture :
  • il y a Nicolas-François qu'on appelle donc François, Ancien dans la querelle des Anciens et des Modernes (il y a eu ça aussi en architecture), il a formalisé le calcul des escaliers (on apprend ça en première année d'archi, la formule de Blondel), il a écrit un traité d'architecture, il a construit la porte Saint-Denis, et la rue Blondel, c'est lui ;
  • il y a Jean-François, qu'on appelle Jean-François, Rouennais, enseignant, sans relations avec le précédent mais oncle du suivant ;
  • et il y a Jacques-François, qu'on appelle Jacques-François, architecte moyen mais grand théoricien selon Pevsner, auteur d'un traité d'architecture, lui aussi.
Bref, ça m'énerve quand on ne met pas les prénoms, parce que ça veut dire qu'on n'a rien compris à ce qu'on dit.

Donc j'ai potassé Jacques-François, qui a publié un petit siècle après la construction, et qui après l'avoir cité en modèle d'élégance n'arrête plus d'en dire du mal (la frise de la cour est trop petite, les pilastres du côté du Grand Canal sont ridicules, du coup faudra que j'aille les voir, ces pilastres, etc.), j'ai copié une citation qui expliquent l'élégance, ça fait plaisir de pouvoir dire, référence à l'appui (sans être taxé de jugement personnel) ça, c'est élégant, et j'en ai mis un autre qui explique l'italianisme, parce que c'est assez évident quand tu as des notions d'histoire de l'architecture française aux temps modernes (ok, ça commence à être un peu spécialisé, mais quand même…), mais si tu ne le sais pas, tu n'as aucun moyen de trouver tout seul.

Et ton bouquin d'histoire ?

Ah oui. Il prenait la poussière. Donc bon, j'ai passé mon après midi à expliquer dans l'article que Louis XIV, qui campait pratiquement au Grand Trianon, a passé des mois à fiche la merde sur le chantier, et à refuser des fenêtres.

Il a refusé des fenêtres ?

Oui. Il est allé voir le menuisier et il a dit non, pas celle-là.

Non ?

Et il ne voulait plus lâcher l'affaire, ça a duré des jours et des jours, il est même allé chercher Le Nôtre pour dire comme lui.

À tel point que Louvois a emmené Louis XIV faire la guerre un peu plus loin, et qu'il fiche la paix à tout le monde sur le chantier, parce que le truc de la fenêtre devenait juste impossible.

Ouah… Nan, j'te crois pas !

C'est dans tous les bouquins, c'est dans les mémoires de Saint-Simon.

Hum… Et ton bilan de l'opération ?

C'est bien, j'ai appris un truc complètement ridicule. Faudrait juste creuser un peu, parce qu'il doit y en avoir d'autres. Je le sens croquignol, le Grand Trianon, faudra que j'aille voir ça.

Et comme tu ne vas pas me demander, je me pose la question avant d'y répondre, avec quel personnage historique j'aimerais dîner. Saint-Simon.

Merci.

jeudi 17 mars 2011

Gonzo blogging1

Le pré-générique est un élément très sous-évalué.
C'est en général là que le réalisateur met toute sa tripe, avant d'être rattrapé par le producteur qui arrive furieux d'avoir vu les rushes avec Sean Connery affublé d'une perruque en poulpe2 faisant sauter de la nitro avec du plastique pour lutter contre l'héroïne parfumée à la banane3. Shocking, positively shocking.

Voulant m'instruire sur les accidents nucléaires, vu que c'est de saison, j'ai regardé The China Syndrome. Ça parle de moteurs diesel qui vibrent, de la mainmise des industriels sur les questions de sécurité, de chiens écrasés à la télé, de courses-poursuites et un peu d'une tasse de café dans une centrale nucléaire4… Tout ça pour dire que5 ça commence par une séquence interminable de fin de JT qui fait la promotion du télégramme chanté6, un autre truc oublié, mais qui vaut largement le pigeon voyageur.

Ça me rappelle que j'avais déjà vu ça dans une comédie américaine en technicolor, le télégramme chanté. Impossible de retrouver le film7… Ça consiste en ça, le télégramme chanté : Vous ne pouvez pas visiter votre fiancée son anniversaire à Beverly Hills parce que vous portez de grosses lunettes d'écaille et que vous êtes un homme d'affaires new-yorkais, et puis c'est comme ça, donc vous envoyez un type déguisé en latin lover8 pour lui faire peur quand elle va ouvrir la porte et pour lui chanter joyeux anniversaire sur le palier, histoire de lui fiche la honte de sa vie devant tous les voisins. Normalement, si les scénaristes ne sont pas trop godiches, la fiancée s'en va avec le crooner au bout de 80 minutes, vu qu'après c'est le générique de fin.

En parlant de ça, je suis tombé sur quelques films de John Wayne qui datent d'avant le technicolor. À l'époque où il était encore beau garçon, et où il avait une tête de latin lover9. D'ailleurs, si je lis bien la bio du Duke sur Wikipédia, on est en pleine période navrante.

Sur ce, je crois que c'est l'heure d'envoyer le générique de début10.



Notes
  1. ↑On va commencer par mettre une note ici, et comme c'est trop haut, je l'appelle zéro11. Bienvenue dans la note zéro de ce billet gonzo. Je mets ce titre parce que ça décrit bien ce que je veux faire, d'autre part parce que les moteurs de recherche vont m'envoyer tous les pornophiles pendant des des années (j'espère ne pas les décevoir). Les sado-maso visitent régulièrement ce billet depuis une quinzaine de mois sans faiblir.
    Comme on en est au début du billet, mais déjà à la fin de la page (paradoxe de la note), vous pouvez lire, c'est SFW.
  2. ↑Vous pouvez y voir une poule d'eau, un canard ou une mouette, pour moi ça a toujours été et ça sera toujours un poulpe.
  3. ↑Voyez par vous-même.
  4. ↑Je fais des efforts pour raconter objectivement (c'est-à-dire sans parler de l'histoire) les choses, et croyez-moi, ça ne se fait pas tout seul.
  5. ↑Je voulais dire quelque chose, c'est vrai… Mais quoi ?
  6. ↑Allons bon ! Voila que j'ai failli finir d'écrire dans les notes. De plus en plus gonzo.
  7. ↑Je cois qu'il n'y avait pas Cary Grant, dans ce film, mais y avait-il Leslie Caron ? Je suis certain, cependant, qu'il n'y a pas Gene Kelly. Pourtant ils ont tous tourné en technicolor.
    Hum… pas sûr que ça vous aide non plus à le retrouver, ce film. Si vous avez une idée, envoyez-moi un télégramme.
  8. ↑Encore un truc essentiel, ça, le latin lover…
  9. ↑Ce n'est que par la suite qu'il a commencé à ressembler à John Wayne, mais c'est une autre histoire.
  10. ↑On se retrouve après le film, pour les notes de bas de page.
  11. ↑Mais comme je n'arrive pas à numéroter à partir de zéro, il va falloir que vous m'aidiez et que vous enleviez 1 à tous les appels de note, parce que je ne vais pas réécrire tout ça juste pour que le texte corresponde aux numéros de notes. Merci de votre compréhension.

mardi 21 décembre 2010

Comment faire caraméliser du café

Recette

Avoir un pot de café froid.

Non, commençons par le commencement. Procurez-vous une cafetière. Et une gazinière, tant qu'à faire, ça va servir. Faites livrer tout ça, ouvrez le carton, branchez. Allez chercher du café, fermez la porte, ouvrez la fenêtre, fermez la fenêtre, allumez la lumière. Allumez l'ordinateur.

Faites un grand pot de café, divisez-le en deux.

Allez lire planete en buvant la première moitié.

Revenez voir le pot de café à moitié vide (ou à moitié plein, dans tous les cas ne jamais garder le café dans une bouteille de Klein). On est donc maintenant dans la position initiale.

Mettre le reste du café dans une casserole, allumer dessous.

Revenir devant l'ordinateur, décliner anorak en polonais sur le wiktionnaire.

Revenir dans la cuisine, constater que ça pue et que ça fait un bruit vraiment bizarre. Allumer la lumière, ouvrir la fenêtre. Normalement on a un reste de café caramélisé dans le fond de la casserole.

S'il reste trop d'eau dans le café, c'est qu'on aurait pu essayer de conjuguer du grec ancien. S'il y a un trou dans la casserole, c'est peut-être qu'il faut essayer de l'allemand (il y a moins de cas qu'en polonais).

lundi 13 décembre 2010

Ariane à Naxos

Voici enfin un opéra (en un acte, avec un prologue) qui parle de Wikipédia.

Résumé.

Prologue

Le rédacteur a écrit un article de qualité (absolument génial) sur un sujet pointu. Il va d'ailleurs en donner la lecture ce soir, chez un riche sponsor. Or, le riche sponsor pense qu'il va faire fuir ses sages actionnaires avec une lecture aussi pointue et pleine de notes de bas de page1, il a donc décidé de convoquer une actrice porno et une bande d'humoristes sur le retour pour réveiller ses hôtes avant le buffet.

Tout va bien jusqu'au moment où le rédacteur de qualité apprend le programme de fin de soirée. Il se fâche tout rouge, menace son parrain d'éviscération, tape du pied, fait pipi par terre et se roule dedans.
Là-dessus, l'actrice porno arrive et séduit le brillant rédacteur.

Le riche sponsor change finalement d'avis et décide que la lecture aura lieu en même temps que la performance de l'actrice porno.

Rideau.
Entr'acte.

Acte (seul et unique)

Comme annoncé, le rédacteur ennuie tout le monde avec ses idées pointues, alors que les rondeurs de l'autre leur font lever le sourcil.

Rideau.

Commentaire

Si on ne me l'avait pas dit, je n'aurais jamais imaginé que von Hofmannsthal aurait l'idée de mourir assez tôt pour que son livret (aujourd'hui dans le domaine public, si je ne me trompe) puisse servir de base au développement du système social qui sous-tend la rédaction de Wikipédia.

Pour ceux qui n'ont rien compris de cette parabole, apprenez l'allemand, lisez ceci et sortez de chez vous.

Note

  1. ↑Pour ne pas dire chiante comme la Lune.

mardi 3 août 2010

Remarque

En regardant les statistiques de consultation de ce blog, je me rends compte que si je n'écris rien, personne n'y vient.

lundi 17 mai 2010

Aucun rapport

Il y a des jours où la vie est dure. Oui, je sais, c'est crétin d'ouvrir un billet avec une grande vérité tellement grande qu'elle ne veut rien dire, m'enfin bon, je cède à la facilité, il est 5 heures du mat', voila.

Ordoncques, la vie est dure, surtout vers cinq heures du mat, quand on en est à peu près à la mi-journée et que les journées durent quelque chose comme 36 heures. Et la mi-journée, c'est l'heure rêvée pour casser la graine entre deux coups de sang parce que le temps passe trop vite — c'est fou à quel point les journées de 36 heures passent plus vite que les journées de 18 — et que à ce train-là, il faudrait une semaine de journées comme ça pour finir ce qu'on a à faire.

J'ai donc essayé de me faire cuire un œuf. Oui, bon. Ça peut arriver à tout le monde. Et puis je préfère ça cuit, un œuf (c'est, je le reconnais tout de suite, une question de goût). Ça s'est passé très vite à partir de là. Est-ce à dire que le temps passe encore encore plus vite quand on pense à un œuf ? Alors j'arrive devant la gazinière, j'attrape la poêle, j'allume le machin, je prends un œuf, je toque l'œuf contre la poêle. Je profite que j'en suis là pour passer une annonce tout à fait personnelle : si vous avez une autre méthode, je suis preneur, merci, parce que l'œuf n'est pas arrivé dans la poêle. Il s'est écrasé comme une vieille merde sur la gazinière. Et on aura beau dire et on aura beau faire, ça cuit nettement moins bien à côté de la poêle que redans, un œuf. Et c'était mon dernier œuf.

Conclusion et moralité, puisqu'une histoire de cet acabit ne peut pas se finir sans une bonne petite moralité des famille, cinq heures du mat', c'est l'heure des digressions.