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mardi 31 décembre 2013

in extremis

Pendant que tout le monde avait le nez dans la grande bouffe et les petits cadeaux, j'ai regardé le calendrier : 31 décembre 2013…

31 décembre 13…

Amis nerds, ne cherchez pas, c'est pas un palindrome, c'est autre chose.

Le 31 décembre 1913 (il y a cent ans jour pour jour, donc) était promulguée la loi dite loi de 1913 sur les monuments historiques. Le législateur, dans sa grande sagesse, lui a donné un titre qui, à défaut d'être poétique, est assez descriptif.

J'étais certain qu'on avait le texte de ladite loi quelque part sur Wikisource, donc par curiosité calendaire, je suis allé la rechercher, histoire de la relire.

Quelle ne fut pas ma déception quand je ne l'ai pas trouvée ! J'ai cherché, recherché, fouillé, recommencé… rien.
Elle est bien mentionnée sur Wikipédia, dans l'article [[Monument historique (France)]], il y a même un joli scan de la première page (dans ma grande bonté, je le mets ici) du texte conservé aux archives nationales.

J'ai un peu cherché (un peu, ça veut dire que j'ai laissé tomber avant de trouver), puis je me suis dit qu'il fallait demander aux archives un scan complet, j'ai même commencé à écrire un mail, et puis je me suis souvenu que je connais des gens qui, quand ils cherchent un peu, trouvent. Il s'avère que Gallica a, dans ses immenses collections de scans, le Journal officiel de la République française dans lequel la sus-nommée loi a été publiée (merci Pyb, toi qui ne lâches pas l'affaire en page 3 de google). Donc j'ai arrêté d'écrire mon mail, et on s'est mis au travail sur Wikisource.

Et on a réussi à transcrire la loi en entier assez tôt pour ne pas rater complètement le centenaire (on a raté le matin et l'après-midi, mais on a le soir, et c'est une victoire) :

Pour mémoire, le projet monuments historiques existe sur Wikipédia, sur Commons et aussi sur Wikisource (et j'ai comme l'impression que personne ne le savait).
Sur ce, bonne lecture et bonne année.

jeudi 6 septembre 2012

Wild Bill Hickok et les monuments historiques

Je regardais les statistiques de consultation de quelques ébauches d'articles que j'ai créées.
Sur les 90 derniers jours :
  • Wild Bill Hickok Memorial — un buste des années 1930, qui n'a certainement pas révolutionné l'histoire de l'art, sur un carré de pelouse perdu dans l'Illinois : 110
  • Hôtel de ville de Rambervillers — un monument historique des Vosges, qui date de la Renaissance, et qui a visiblement survécu à quelques guerres assez destructives (surtout dans le coin) : 76
  • Salle du Sacre — une salle du château de Versailles (monument historique), par où passent tous les visiteurs, avec des tableaux de peintres qui sont dans tous les bouquins d'histoire de l'art : 545
De là, je constate que :
  • s'acharner à décrire le monument historique en bas de chez soi, pour distrayant que ça puisse être, n'intéresse pas vraiment les foules ;
  • le bidule à la gloire de l'Empereur des Français (avec majuscules), le mec qui a réussi à se faire détester par l'Europe entière (sans parler des colonies), par Jacques-Louis David (pas le coiffeur, l'autre : le « Premier peintre ») ne fait que cinq fois plus de visites que le truc à la mémoire du mec qui faisait du cheval pour le Pony Express, comme dans Lucky Luke.
En fait, il faudrait continuer à traduire des articles idiots sur les mythes fondateurs des États-Unis, ça a l'air d'intéresser pas mal les francophones (587). Et penser à organiser pour l'an prochain un Wiki Loves Wild Bill Hickok.

samedi 2 juillet 2011

Auto-interview

Salut.

Ouais.

Tu fais quoi, ces temps-ci, Coyau ?

Orf… je bricole un peu sur le projet Versailles sur Wikipédia.

En pratique, tu fais quoi ?

Ben, comme c'est trop fatiguant, j'écris rien. Il y a des tas de gens motivés pour s'user le bout des doigts, alors je les laisse faire. En fait, je vais me promener à Versailles, et je prends des coups de soleil. Et des photos (donc en fait je participe plus au projet Versailles sur Wikimedia Commons, en fait).

Des photos de quoi ?

De trucs ridicules. J'aime bien les trucs ridicules. Tiens, par exemple, les mecs se sont fatigués à faire un nœud-nœud à pompon à la queue du cheval de Louis XIV. Il paraît que c'est même pas son cheval, d'ailleurs.

Versailles, statue équestre de Louis XIV 01

Ah.

Oui.

Ou bien il y a ça, qui m'a bien fait marrer aussi. Dans le bosquet des Dômes, il y a une statue d'Acis et une de Galatée, tu sais, Acis le berger charme la nymphe Galatée en jouant de la flûte, mais ça ne revient pas au cyclope Polyphème qui aime Galatée, donc il écrase le gamin sous un tas de cailloux et va se faire la fille. Une histoire lamentable. À te dégoûter d'être berger.
Bref, pour en revenir à ça, la statue d'Acis joue du fifre en regardant d'un œil mouillé de miel à gauche et Galatée lève les bras de surprise en regardant à droite (elle est supposée être surprise par le son de la flûte). Tu te dirais comme ça que naturellement, ils se regarderaient et que ça ferait une scène charmante.

Oui.

Ben non. Ils sont à l'envers. Acis s'époumone pour Le Point du jour, qui est en restauration (donc en fait il joue pour un piédestal vide) et Galatée est vraiment surprise de se retrouver à côté de sa frangine Amphitrite.

Parc de Versailles, Bosquet des Dômes, Acis, Jean-Baptiste Tuby 01Parc de Versailles, Bosquet des Dômes, Galatée, Jean-Baptiste Tuby 01
C'est ballot.

Tu as entendu parler de l'opération 24 heures pour un article ?

Oui, vaguement.

Et tu veux bien nous en parler ?

D'accord, si tu veux.
C'est un truc pour motiver les gens à se sortir les doigts… tu couperas ça au montage, hein… pour motiver les gens à rédiger des articles. Parce que si on les laisse tout seuls, ils vont se promener et ils attrapent des coups de soleil. Donc voila, on te dit tel jour, va éditer tel article en même temps que tous les autres, et on regarde en fin de journée ce que ça donne. Dans le principe, c'est sympa, mais ça doit être un cauchemar à organiser : faut trouver un article assez mal fichu pour qu'on puisse jouer à plusieurs, et puis faut trouver un créneau pour que tout le monde puisse être là. Et quand on ajoute à ça le décalage horaire, ça devient une horreur. M'enfin, voila.
Donc là, il fallait améliorer le Grand Trianon en 36 heures (c'est pas parce que ça s'appelle 24 heures qu'on va se laisser enquiquiner par des détails comme ça, on est trop forts, et on fait ce qu'on veut comme Chuck Norris).
Il y aura bien des gens pour te faire des bilans, des comptes-rendus, comparer l'avant et l'après, et des statistiques passionnantes sur l'opération.

Tu as participé ?

Oui, non, en fait j'étais pas sûr. Et puis j'avais pas noté la date. Enfin, je savais que ça venait, mais sans plus. Et puis je me suis rendu compte que c'était le truc au bout de 24 heures. C'est ça qui est beau quand on te dit que 24 heures en durent 36, c'est que même si tu rates le truc, tu es encore bon. Et tu peux ajouter ta zone.

Qu'as-tu ajouté, donc ?

Honnêtement, moi, Trianon, connais pas. J'y suis jamais allé. Mais j'avais sous la main un livre d'histoire de l'architecture française, donc j'ai potassé les 3 pages sur le sujet. Il y a aussi des pages d'illustrations un peu plus loin, mais j'ai pas regardé. Et puis je me suis dit, un truc comme Trianon, on va sûrement en dire des trucs intéressants dans les traités d'architecture, donc j'ai cherché dans le Cours d'architecture de Jacques-François Blondel.
Tiens, à ce sujet, tout le monde se croit très malin en disant juste Blondel. Des Blondel architectes connus dans l'histoire de l'architecture (je te parle pas du type qui a fait le pavillon de mon cousin Gaston), il y en a trois, tous les trois à l'académie royale d'architecture :
  • il y a Nicolas-François qu'on appelle donc François, Ancien dans la querelle des Anciens et des Modernes (il y a eu ça aussi en architecture), il a formalisé le calcul des escaliers (on apprend ça en première année d'archi, la formule de Blondel), il a écrit un traité d'architecture, il a construit la porte Saint-Denis, et la rue Blondel, c'est lui ;
  • il y a Jean-François, qu'on appelle Jean-François, Rouennais, enseignant, sans relations avec le précédent mais oncle du suivant ;
  • et il y a Jacques-François, qu'on appelle Jacques-François, architecte moyen mais grand théoricien selon Pevsner, auteur d'un traité d'architecture, lui aussi.
Bref, ça m'énerve quand on ne met pas les prénoms, parce que ça veut dire qu'on n'a rien compris à ce qu'on dit.

Donc j'ai potassé Jacques-François, qui a publié un petit siècle après la construction, et qui après l'avoir cité en modèle d'élégance n'arrête plus d'en dire du mal (la frise de la cour est trop petite, les pilastres du côté du Grand Canal sont ridicules, du coup faudra que j'aille les voir, ces pilastres, etc.), j'ai copié une citation qui expliquent l'élégance, ça fait plaisir de pouvoir dire, référence à l'appui (sans être taxé de jugement personnel) ça, c'est élégant, et j'en ai mis un autre qui explique l'italianisme, parce que c'est assez évident quand tu as des notions d'histoire de l'architecture française aux temps modernes (ok, ça commence à être un peu spécialisé, mais quand même…), mais si tu ne le sais pas, tu n'as aucun moyen de trouver tout seul.

Et ton bouquin d'histoire ?

Ah oui. Il prenait la poussière. Donc bon, j'ai passé mon après midi à expliquer dans l'article que Louis XIV, qui campait pratiquement au Grand Trianon, a passé des mois à fiche la merde sur le chantier, et à refuser des fenêtres.

Il a refusé des fenêtres ?

Oui. Il est allé voir le menuisier et il a dit non, pas celle-là.

Non ?

Et il ne voulait plus lâcher l'affaire, ça a duré des jours et des jours, il est même allé chercher Le Nôtre pour dire comme lui.

À tel point que Louvois a emmené Louis XIV faire la guerre un peu plus loin, et qu'il fiche la paix à tout le monde sur le chantier, parce que le truc de la fenêtre devenait juste impossible.

Ouah… Nan, j'te crois pas !

C'est dans tous les bouquins, c'est dans les mémoires de Saint-Simon.

Hum… Et ton bilan de l'opération ?

C'est bien, j'ai appris un truc complètement ridicule. Faudrait juste creuser un peu, parce qu'il doit y en avoir d'autres. Je le sens croquignol, le Grand Trianon, faudra que j'aille voir ça.

Et comme tu ne vas pas me demander, je me pose la question avant d'y répondre, avec quel personnage historique j'aimerais dîner. Saint-Simon.

Merci.

vendredi 29 octobre 2010

Guerre aux démolisseurs

Je viens de finir de relire Guerre aux démolisseurs (paru dans la Revue des deux Mondes en 1832) de Victor Hugo sur Wikisource, la bibliothèque libre. L'occasion de faire une petite fiche de lecture.

L’auteur


L’auteur, donc…
Grand moment de solitude, on va passer sur tout ce que tout le monde sait déjà, et qui en grande partie est ultérieur à ce pamphlet. On est loin de l'Art d'être grand-père.
J'ouvre Le Patrimoine en questions de Françoise Choay, qui présente des extraits de Guerre aux démolisseurs.

En 1832, Victor Hugo est un romantique de 30 ans, précurseur de la défense de l'art gothique (Notre-Dame de Paris est publié en 1831). Il fait partie, avec Cousin, Vitet, Mérimée, le baron Taylor, etc. du Comité des arts (institué en 1830 par Guizot, et qui sera remplacée en 1837 par la commission des monuments historiques) chargé d'inventorier les monuments à protéger.

Il a par ailleurs écrit en 1825 (et publié en 1829 dans la Revue de Paris) une première partie de Guerre aux démolisseurs. C'est de la seconde partie (publiée en 1832) dont je parle. Joie de la chronologie.

Le pamphlet


C'est un pamphlet, donc ça virule, ça ratatine, ça ridiculise et ça vitupère.

Tout va mal
Après une brève mise en situation (histoire de rappeler qu'on a déjà écrit sur le même sujet et sous le même titre), on en vient au fait : depuis la démocratie, on est gouvernés par des illettrés.
Dans beaucoup d’endroits, le pouvoir local, l’influence municipale, la curatelle communale a passé des gentilshommes qui ne savaient pas écrire aux paysans qui ne savent pas lire. On est tombé d’un cran. En attendant que ces braves gens sachent épeler, ils gouvernent.
Et comme la gesticulation généraliste reste somme toute généraliste, il n'y a qu'à prendre un cas particulier : la destruction de la tour de Louis d’Outremer de Laon. Et pour faire encore plus vrai, il cite une lettre qu'« on » lui a envoyé.
Je passe sur la paraphrase (qui est pourtant succulente).
Et la tour a été démolie ! et cela s’est fait ! et la ville a payé pour cela ! on lui a volé sa couronne, et elle a payé le voleur !


C'est partout pareil
Et ça va mieux en multipliant les exemples :
  • le jubé de Fécamp
  • la cathédrale d'Angers qu'on était « en train de gratter du haut en bas » (note perso : tellement bien grattée, qu'on y a retrouvé des peintures du XIIIe siècle en parfait état derrière les lambris du XVIIIe ; voir là)
  • l'abbaye Saint-Bertin (note : qui a effectivement servi de carrière de pierre pour la construction de l'hôtel de ville de Saint-Omer, tellement réussi qu'il est surnommé « moulin à café » (voir la photo ci-dessous). Les restes ont été classés monument historique en 1840 pour arrêter la manœuvre. Ledit moulin a café a finalement été classé… ah non, inscrit monument historique — seulement — dans les années 1970. Et tout ça n'a pas empêché les restes de l'abbaye de continuer à s'effondrer tranquillement pendant près de 170 ans)
[…] si vous êtes des administrateurs tellement médiocres, des cerveaux tellement stériles, qu’en présence des routes à ferrer, des canaux à creuser, des rues à macadamiser, des ports à curer, des landes à défricher, des écoles à bâtir, vous ne sachiez que faire de vos ouvriers, du moins ne leur jetez pas comme une proie nos édifices nationaux à démolir, ne leur dites pas de se faire du pain avec ces pierres ; partagez-les plutôt, ces ouvriers, en deux bandes, que toutes deux creusent un grand trou, et que chacune ensuite comble le sien avec la terre de l’autre. Et puis payez-leur ce travail. Voilà une idée. J’aime mieux l’inutile que le nuisible.
Ça ne vous fait pas penser au sapeur Camember ?

Mais… à qui la faute ?
À l'ordre établi, pardi !
Le vandalisme a ses journaux, ses coteries, ses écoles, ses chaires, son public, ses raisons. Le vandalisme a pour lui les bourgeois. Il est bien nourri, bien renté, bouffi d’orgueil, presque savant, très classique, bon logicien, fort théoricien, joyeux, puissant, affable au besoin, beau parleur, et content de lui. Il tranche du Mécène. Il protège les jeunes talens. Il est professeur. Il donne de grand prix d’architecture. Il envoie des élèves Rome.
… avec une pique toute particulière pour l'école des beaux-arts (qui organisait annuellement le grand prix de Rome, dont les lauréats partaient étudier les ruines antiques à Rome pendant trois ans, et revenaient en France avec la certitude d'avoir accès à la commande publique).

Et Victor Hugo reprend des exemples à la pelle, je ne vais pas tout détailler, mais il présente avec le même degré d'indignation des destructions « Quelquefois […] il démolit Saint-Landry pour construire sur l’emplacement de cette simple et belle église une grande laide maison qui ne se loue pas. » avec des réutilisations « Quelquefois il se fait greffier, et il encombre de paperasses la Sainte-Chapelle ».
Dans un cas, le dossier est clos, mais dans l'autre, et c'est peut-être paradoxal, c'est grâce à des réutilisations hasardeuses qu'on a encore le mont Saint-Michel (utilisée comme prison, ce qu'Hugo a dénoncé), le château de Blois (utilisé comme caserne, comme le déplore Hugo), l'abbaye de Fontevraud (prison jusque dans les années 1960), etc. Du fait de leur utilisation, les bâtiments sont entretenus un minimum et perdurent mieux que si on les laissait se ruiner ou qu'on s'en servait comme carrière de matériaux de construction (comme ça s'est beaucoup fait à partir de 1793, voir par exemple Cluny).

Et insensiblement, d'exemple en exemple, il change de sujet.

Place aux jeunes !
Et on tombe dans le « c'était mieux avant », le « nous vivons une époque décadente », le « on ne sait plus construire », etc.

C'est drôle, d'ailleurs, tous les ouvrages théoriques sur l'architecture qui me sont tombés entre les mains de la Révolution à nos jours reprennent ce type de discours, régulièrement, et régulièrement, la limite de l'acceptable est située entre 50 ans et un siècle en arrière de la date où l'ouvrage est écrit. À croire que finalement c'est pas si gave, qu'on n'ait plus aucun goût : dans 50 ans tout il n'y paraîtra plus.

Et donc Victor Hugo se met à taper autant qu'il peut sur ce qu'on appelle actuellement le néo-classicisme. Tout y passe : les barrières d'octroi de Ledoux, la chapelle axiale de Saint-Sulpice de Servandoni et De Wailly, la chapelle expiatoire de Fontaine, la bourse de Brongniart.
Que nous importent les trois ou quatre petites églises cubiques que vous bâtissez piteusement çà-et-là ?
C'est juste un conflit de générations, les romantiques néo-gothicisants qui succèdent aux néo-classiques anticisants.

La solution
Oui, parce qu'au bout d'un moment ça va bien, de flinguer tout ce qui bouge, mais il faudrait proposer quelque chose.
Faites réparer ces beaux et graves édifices. Faites-les réparer avec soin, avec intelligence, avec sobriété. Vous avez autour de vous des hommes de science et de goût qui vous éclaireront dans ce travail. Surtout que l’architecte-restaurateur soit frugal de ses propres imaginations ; qu’il étudie curieusement le caractère de chaque édifice, selon chaque siècle et chaque climat. Qu’il se pénètre de la ligne générale et de la ligne particulière du monument qu’on lui met entre les mains ; et qu’il sache habilement souder son génie au génie de l’architecte ancien.
Un programme comme ça, c'est beau comme l'antique, on signe des deux mains, c'est sûr. C'est d'ailleurs ce qu'a fait et prôné Viollet-le-Duc (je sais que ça fa faire bondir ceux qui n'en ont qu'entendu parler, mais renseignez vous un peu), j'y reviendrai peut-être un jour.

Oui, mais… en pratique ?
Il faut arrêter le marteau qui mutile la face du pays. Une loi suffirait. Qu’on la fasse. Quels que soient les droits de la propriété, la destruction d’un édifice historique et monumental ne doit pas être permise à ces ignobles spéculateurs que leur intérêt aveugle sur leur honneur ; misérables hommes, et si imbécilles qu’ils ne comprennent même pas qu’ils sont des barbares ! Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, à vous, à moi, à nous tous. Donc, le détruire c’est dépasser son droit.

La loi sur les monuments historiques est votée le 31 décembre 1913 (voir le texte), soit un bon moment après.

Pour conclure


Aux considérations esthético-générationnelles près, ce pamphlet est très actuel. En particulier quand je fais des lectures de ce genre (le style en moins).

Quand aux plaintes sur la législation compulsive… c'est Victor Hugo qui le dit :
Comment ! nous avons quarante-quatre mille lois dont nous ne savons que faire, quarante-quatre mille lois sur lesquelles il y en a à peine dix de bonnes. Tous les ans, quand les chambres sont en chaleur, elles en pondent par centaines, et, dans la couvée, il y en a tout au plus deux ou trois qui naissent viables. On fait des lois sur tout, pour tout, contre tout, à propos de tout. Pour transporter les cartons de tel ministère d’un côté de la rue de Grenelle l’autre, on fait une loi. Et une loi pour les monumens, une loi pour l’art, une loi pour la nationalité de la France, une loi pour les souvenirs, une loi pour les cathédrales, une loi pour les plus grands produits de l’intelligence humaine, une loi pour l’œuvre collective de nos pères, une loi pour l’histoire, une loi pour l’irréparable qu’on détruit, une loi pour ce qu’une nation a de plus sacré après l’avenir, une loi pour le passé, cette loi juste, bonne, excellente, sainte, utile, nécessaire, indispensable, urgente, on n’a pas le temps, on ne la fera pas !

mardi 17 août 2010

Remplir les ébauches

En lisant le dernier billet (brillant) de l'ami Poulpy, sur la rédaction à vide, je me dis qu'avec des illustrations, on peut faire illusion.

Un exemple : l'église Saint-Pierre d'Airvault, que je ne connais pas. Enfin, que je connais wikipédiennement parlant, vu qu'on m'a signalé une discussion, que ça aurait été bien que j'écrive un article sur l'église parce qu'il fallait sauver la liste des abbés.
Paraît-il.
Enfin, c'est ce que j'ai compris, parce que la discussion était trop longue : j'ai pas lu.
Bon, Poulpy s'y est finalement collé (je suis cossard). Pour le remercier d'être allé au charbon, je n'ai même pas lu l'article. Enfin, pas tout de suite.
Bref, quand je suis arrivé dessus, ça ressemblait à ça. Tout à fait la coquille vide avec des flèches « Éditez ici », avec un début de velléité d'historique qui demanderait à être (un peu) étayé.
Le bon point de l'article, c'est qu'il y a un plan et des photos.
Donc, une fois qu'on a mis le plan en texte, on a gagné en accessibilité (d'une part) et on a gagné en sérieux (le sérieux d'un article se mesure au poids, là, on a gagné plus de 2 kilos, et le texte descend en-dessous de la photo — sur mon écran du moins).
Bon, en relisant l'article, on devrait pouvoir expliquer comment une abbatiale s'est retrouvée en paroissiale. De quoi faire un joli paragraphe.

Un autre moyen de faire illusion (mais c'est pas donné à tout le monde), c'est de connaître un tant soit peu le sujet (disons, d'y être allé). Bon, déjà, ça permet de faire soi-même les illustrations (photos, etc.)
Et pour le texte, ben c'est là. Grosso modo, c'est de la description de photo.

Note : en regardant la carte d'état major (genre TOP25), on peut se faire un petit paragraphe sur la localisation sans trop se cassez la binette.

jeudi 5 août 2010

Chassé-croisé

Les juillettistes sont revenus, les aoûtiens sont partis1.

Les juillettistes commencent à charger leurs photos de vacances2 et à rédiger des articles à toute vitesse3 pour griller la politesse aux aoutiens qui n'ont pas de connexion au camping des flots bleus4.

Bref, La Guerre de l'edicount5 bat son plein.

Notes
  1. ↑Oui, je donne dans les évidences. Et alors ? Ça ne fait pas de mal de le dire, non. Le coup prochain, je vous fais la météo…
    ou pas.
  2. ↑Tout le monde ne passe pas ses vacances avec un bob Ricard vissé sur le crâne (parce que oui, ça se visse, un bob Ricard) à se faire une collection de boutanches vides devant le barbecue. Il y en a qui font des tours et des détours pour ramener des photos de trucs qui ne servent plus à rien depuis des siècles6.
    J'en parle d'autant plus à l'aise que je ne suis pas le pire des pires dans le domaine.
  3. ↑Tiens, là je balance (hop et hop), sans parler de la production semi-industrielle poulpique (jeter aussi un coup d'œil dans cette sous-catégorie).
    Comme quoi on n'est pas forcé de passer par la mythique étape de cinq mots pour dire qu'on a lancé une ébauche et que qui veut l'améliorera. On peut mettre une infobox, des titres de section, et des photos.
  4. ↑Salut les cap-nordistes !
  5. ↑J'ai un peu hésité entre La Guerre du feu et La Guerre des boutons.
    D'ailleurs j'hésite encore.
  6. ↑7 Ne pas se méprendre, je parle du projet monuments historiques (sur Commons et Wikipédia), qui me tient quand même à cœur.
  7. ↑Ça, c'est un truc que je n'arrive pas à faire sous MediaWiki, appeler une note dans une autre. Alors que pourtant quand même, ça peut être utile.
    Cela dit, si c'est utile, je ne vois ni à qui ni à quoi. M'enfin…

vendredi 9 avril 2010

Monuments historiques et modèles

Il m'est apparu récemment que les choses ne sont pas claires. On se prend à discuter de choses et d'autres dans des sous-pages de discussion absolument perdues, et on se rend compte qu'en fait on parle de créer des choses qui existent déjà et qu'on n'arrive pas à trouver.
Voici donc les modèles de Wikipédia en français (du moins ceux que je connais) qui servent à sourcer un monument historique (en France) avec des liens vers les bases de données du Ministère de la Culture (Mérimée et Palissy).

Tout d'abord, les deux modèles {{Mérimée}} et {{Palissy}}, qui font un lien vers la base, avec une requête à un argument (par défaut c'est un identifiant de fiche, mais on peut faire une recherche sur une commune par exemple). Ces deux modèles fonctionnent avec le méta-modèle {{Base Culture}}, qui est aussi utilisé par les modèles {{Mémoire}}, {{Léonore}}, {{Muséofile}}, {{Joconde}} et {{Archim}}.
Très flexibles, très pratiques, ils donnent le lien externe et le nom de la base (éventuellement avec un lien interne vers l'article de la base — s'il existe), on peut les mettre dans une note.

On a ensuite une série de 4 modèles : {{Inscrit monument historique (France)}}, {{Classé monument historique (France)}}, {{Inscrit monument historique (France)/nocat}}, {{Classé monument historique (France)/nocat}}.
Ça fait une phrase, ça donne un lien dans une note en bas de page, ça catégorise ou pas (selon le modèle). En revanche, c'est un peu l'artillerie lourde (ou comment tirer sa poudre aux moineaux), il faut quatre modèles pour couvrir toutes les possibilités, et on ne peut pas lier le mobilier (exit la catégorie des bateaux ou la collection Schlumpf, par exemple). Et en plus c'est ces modèles qui ont introduit cette magnifique faute d'orthographe (en plus du fait que c'est tellement approximativement jargonneux que l'intitulé devient incompréhensible ou à peu près) : [[Catégorie:Classé monuments historique (France)]] (comptez les pluriels, les singuliers, multipliez par deux, ajoutez une pincée de sel, comptez jusqu'à trois, servez avec une paille).
Bref, je déconseille.

Enfin on a le modèle qui fait les choses correctement : {{Monument historique (France)}}.
Il fait une phrase, il fait une note de bas de page avec le lien externe, il catégorise selon le paramétrage, il a le potentiel pour catégoriser selon la date de protection, il fonctionne avec les bases Mérimée et Palissy selon le paramétrage, il fait la différence entre les inscrits et les classés. Tout juste s'il ne grille pas le pain.
On peut lui reprocher son nom un peu long (ça fait beaucoup de lettres à taper avec nos doigts gourds et boudinés).
Bref, je recommande vivement.

Pour finir, un petit rappel. Je sais bien que la recherche sur les bases Culture ne sont pas de première simplicité (j'ai parfois du mal à m'y retrouver). Je m'étais essayé à la rédaction d'un mode d'emploi pour le projet monuments historiques français de Commons, il faudra que je fasse quelque chose de plus détaillé (un de ces jours, peut-être).

mardi 9 février 2010

Mais... Qu'est-ce qu'ils font ?

J'étais tranquillement en train de compléter la [[liste des monuments historiques de 1840]] (sur Wikipédia) et j'en profitais pour travailler un peu pour le projet monuments historiques français (sur Wikimedia Commons). J'étais dans le Bas-Rhin, à l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Rosheim (si vous cherchez un article dessus, il faut lire l'allemand) quand soudain, je tombe sur cette photo :
Stupeur et tout le tintouin !
Mais qu'est-ce qu'ils font, ces deux-là ?

D'aucuns pourraient penser qu'ils regardent le paysage. Pourquoi pas, après tout. Mais je n'arrêterai de m'interroger qu'une fois que j'aurais une réponse dûment sourcée.

Et comme les réponses sourcées ne se trouvent pas sous le pas d'un cheval (de toutes façons je n'ai pas de cheval sous la main, ça résout le problème), je cherche sur les bases du ministère de la Culture qui doit s'y connaître.

Ordoncques. Sur la fiche monument historique de l'église de Rosheim de la base Mérimée, je constate que je ne suis pas le seul à être fasciné par ce truc. Mais rien de plus au niveau de l'information.

Je poursuis en cherchant sur la base Palissy, où j'ai de bonnes chances de trouver des infos sur ce sommet de l'incongru. On trouve ça (première description qui colle à peu près) :
Petit singe accroupi, soutenant la tête de ses mains ; à droite une bête à une tête et à deux corps surmontée d'un lion.
C'est quand même pas tout à fait ça. Un singe accroupi, je veux bien : c'est poilu et c'est accroupi, on peut y voir un singe. Surmonté d'un lion, ça je vois assez bien. Reste le truc de la bête à droite (ça dépend de quel côté on se met), et puis le montre à deux corps, c'est un peu étrange vu la photo, d'autant que le singe ne soutient pas sa tête dans ses mains (sauf s'il a la tête dans la rotule). En cherchant plus loin on trouve la fiche globale sur l'ensemble de la sculpture monumentale de l'église qui renvoie sur une liste de 37 fiches… Encore de la lecture !

Pour gagner du temps (je ne vais quand même pas tout lire non plus), on voit bien que la sculpture est en bas du pignon : c'est un acrotère — dans le sens de l'ornement architectural, pas dans le sens de la réglementation française sur les toits-terrasse (chacun ses bêtes noires) — donc je regarde les 5 fiches d'acrotères acrotères. Et on trouve cette fiche qui colle un peu mieux :
Lion terrassant un personnage accroupi : n° 1 : homme imberbe, habillé, vêtement à plis ; n° 2 : homme imberbe, nu ; n° 3 : homme habillé, portant des chaussures ; n° 4 : homme nu, barbu ; lion à deux queues ; iconographie incertaine.
Pas très poétique, mais ça colle.

Là-dessus, je me souviens qu'il y avait une photo sur la première fiche que j'ai regardée. Allons voir ce qu'en dit la base Mémoire. Il faut éplucher les 70 photos, naturellement c'est tout à la fin (loi de Murphy)… Finalement, on trouve une description toute alimentaire :
Sculpture extérieure : lion dévorant un homme
Encore une description très prude, je suis déçu.

Tout ça pour dire que le travail de sourçage n'est pas toujours d'une remarquable simplicité, même si c'est juste pour une photo.

lundi 4 janvier 2010

Comment contribuer au projet MH de Commons

Il faudrait un tutoriel MH., histoire de piger ce qu'il faut faire.
En même temps, j'ai jamais écrit de tutoriel de ma vie... Et quand je dis ça, je pense à il y a quelques mois, quand je me disais que je n'avais jamais écrit de blog...
Bref, parlons un peu du projet monuments historiques français sur Commons.

Le but du jeu est double, tout dépend de l'approche qu'on a de Commons :
  • répertorier toutes les photos de monuments historiques déjà chargées mais pas forcément identifiée en tant que tel,
  • ajouter des photos de monuments historiques qui ne sont as encore sur Commons.
Évidemment, les deux ne sont pas contradictoires, on peut faire les deux simultanément, alternativement, successivement ou l'une à l'exclusion de l'autre ou encore autrement si on a un peu d'imagination.

Le principal problème est d'identifier le monument historique, qui ne porte pas forcément sur sa façade le petit logo et le panneau qui explique tout ce qui est déjà sur Wikipédia.
Pour ça, on a de la chance, le ministère de la culture a fait des bases de données qui ont le bon goût d'être en ligne et accessible (pour autant qu'on comprenne comment s'en servir) et qui recensent entre autre les monuments historiques : les bases Mérimée pour les bâtiments et Palissy pour les objets1.

Les bases

En général, on arrive par le site des bases de la DAPA. Il faut cliquer un peu partout pour arriver à tout un tas de façons de chercher pléthore de fiches sur les trucs les plus divers.

Recherche par formulaire

On peut aussi faire des recherches dans les bases par des formulaires : Mérimée et Palissy.

La première façon de chercher — que ce soit en écumant les catégories sur Commons ou en préparant une expédition photo — est la recherche par localisation. Dans le champs qui s'appelle « localisation »2, on peut saisir un nom de région, un nom de département, un nom de commune, un code département ou un code de commune3.

On obtient la liste des fiches qui correspondent à la requête. Elle peut avoir deux formes selon le nombre de réponses :
  • S'il y en a peu, on voit une photo4 (s'il y en a) et un extrait de la fiche avec sa localisation (région, département et commune), l'adresse ou le lieu-dit (si c'est sur la fiche), le titre5 — de la fiche —, une datation6 (s'il y en a), et (sur la base Mérimée, mais pas toujours) les éléments protégés MH pour les fiches MH ou les parties constituantes pour les fiches de l'Inventaire.
  • S'il y en a plus, on a une liste en condensé, avec une ligne par liste.
Pour accéder à une fiche, il faut cliquer sur l'icône en forme de fiche.

On peut affiner la requête en cherchant un type de bâtiment sur Mérimée (par exemple les église, ou les château) ou d'objet sur Palissy (par exemple voilier), etc.
Voir les pages d'aide des formulaires de recherche de la base Mérimée et de la base Palissy.

Attention, toutefois : le moteur de recherche est assez rigide sur l'orthographe7.

Les fiches

Une fois qu'on a trouvé ce qu'on cherchait, on se trouve face à une fiche assez aride.

Il peut y avoir deux fiches sur le même sujet : une fiche Monuments historiques et une fiche Inventaire général du patrimoine culturel, ou l'une, ou l'autre. Les monuments historiques ont une fiche Monuments historiques, c'est de celles-là que je vais parler.

Sur les fiches, on retrouve les informations de la liste dont j'ai parlé plus haut et quelques informations en plus, trois en particulier qui sont importantes pour le projet monuments historiques français :
date protection MH : indique si le monument est inscrit au titre des monuments historiques ou classé au titre des monuments historiques, ou les deux8 et la ou les dates de protection.
précisions : indique les parties inscrites et les parties classées, ainsi que les dates de protection de chaque élément.
Référence : le numéro de la fiche.

Que faire avec les fiches ?

Une fois qu'on a trouvé la fiche qu'on cherchait, qu'on a la photo ou la catégorie sous la main, on ajoute le modèle {{Mérimée}} ou {{Palissy}} selon la base qu'on a consultée. On met le numéro de la ou des fiche(s), on indique si le monument est classé, inscrit ou les deux. On en profite pour catégoriser par département ou par ville et par type s'il y a lieu.

Autres activités

Si la pose de modèles constitue l'essentiel de l'activité du projet, on peut aussi ajouter des nouvelles photos de monuments historiques qui n'étaient pas encore représentés sur Commons, on peut charger de meilleures photos de monuments historiques que celles qui sont déjà là, on peut géolocaliser les photos, on peut présenter des photos de monuments historiques aux labels image remarquable, image de qualité ou image de valeur, on peut réfléchir à de nouvelles méthodes de catégorisation, chercher une méthode pour retrouver sur Commons une photo en connaissant le numéro de la fiche, on peut, on peut...

Notes

1. Je me suis fatigué à écrire ces articles dans Wikipédia avec le style imbitable qui la caractérise, je ne refais pas le topo théorique.
2. Le monde est bien fait.
3. Celui-la, personne ne le connaît, mais il est dans l'infobox des communes sur Wikipédia. C'est assez pratique pour éviter de récupérer les communes qui ont le même nom.
4. Elle est plus ou moins représentative, elle vient de la base Mémoire.
5. Les titres des fiches correspondent au nom du bâtiment ou de l'objet, il faut pourtant faire attention parce que ce n'est pas toujours le nom le plus usité.
6. La datation est un peu à l'emporte-pièce, par siècle ou par quart de siècle, voire même par époque : « Moyen Âge », c'est vague.
7. Ça change un peu des google et consorts.
8. C'est à dire si le monument est en partie classé et en partie inscrit, un élément ne pouvant pas être inscrit et classé.

mercredi 30 décembre 2009

De la grotte Chauvet à la crème de marrons

Ce midi, j'écoutais une émission à la radio qui parlait de la grotte Chauvet. Du coup, comme tout bon wikipédiste qui se respecte, je vais voir l'article.

La grotte, inventée en 1994, fermée au public, fait encore à l'heure actuelle l'objet de recherches, elle est également abondamment publiée dans les revues spécialisées — bref, on doit pouvoir en faire un article intéressant. Elle a aussi défrayé la chronique judiciaire, mais c'est une autre histoire.

Comme c'était prévisible, le classement monument historique — intervenu très rapidement après l'invention de la grotte — n'était pas mentionné dans l'article. Donc je me colle à ce sourçage primordial. Et tant que j'y suis, je mets les catégories qui vont avec (j'en au parlé il y a quelques mois, de ces catégories). Et en prévisualisant, j'ai la surprise de voir que la catégorie Monument historique de l'Ardèche n'existait pas.

C'est étrange, parce que les monuments historiques sur Wikipédia, ça commence à faire un moment qu'on s'en occupe. D'autant plus que la catégorie équivalente sur Commons existe depuis presque un an, et contient déjà 16 sous-catégories et 7 fichiers.

À croire que les commonsiens sont plus motivés par la vieille pierre que les wikipediens.

Et pour mémoire, il n'y a pas que de la crème de marrons, en Ardèche.

mardi 15 décembre 2009

Monuments historiques sur Commons

Ça fait quelques temps que je me dis qu'il faut parler de ça ici, mais comme pour tous les trucs qu'il faut faire, je procrastine activement. Mais là, comme j'ai plein de choses super importantes et vitales à faire, je me lance. Je tape le premier qui dit que je ne sais pas hiérarchiser mes priorités.

Depuis quelques mois (ou années, je ne sais plus), je catégorise les monuments historiques aussi bien sur Wikipédia que sur Commons. C'est un boulot à la con, il faut le reconnaître : créer les catégories et courir après les photos de chapelles de campagne et de châteaux forts en ruines pour remplir les susmentionnées catégories, caser une phrase bancale avec une source et une demi-douzaine de catégories dans un article où je ne reviendrai jamais.
Mais ça passe le temps. Et ça fait voyager... oui, bon, pas autant que la soirée diapo que m'a promise Erdrokan...

Et puis il y a quelques semaines, le projet monuments historiques français est parti.

Pour faire vite, ça ressemble à une course d'escargots entre les participants du projet. Chacun a son gastéropode baveux à casaque aux couleurs d'un département, et que je te pousse la bestiole avec un petit bâton pour la faire avancer droit, et que je te colle des liens vers la base Mérimée avec le tout nouveau-tout beau modèle {{Mérimée}} (qui catégorise plus vite que son ombre), qui reprend le principe du modèle du même nom (qui ne catégorise pas, mais qui sert à sourcer) sur Wikipédia, en plus visible sur une page1. Et que je te géolocalise à tour de bras2 des flopées de photos d'églises de campagne...
Et on surveille les progrès des uns et des autres sur Google Maps3.

À quoi ça sert ? Ben à rien, pardi. C'est joli. On fait un peu de rangement dans l'album de photos de vacances des wikipédistes à plumes et à poils. On fait des scores, on vient de passer le millier utilisations du modèle {{Mérimée}} en à peine plus d'un mois avec 7 participants à l'heure actuelle.

Pour répondre à un angoissé croisé hier sur IRC, sur une échelle de zéro à Trévoux, ça se porte bien, merci.

Actuellement, le projet se concentre sur l'architecture en laissant de côté le mobilier. Avis aux campanologues, aux amateurs d'orgues, de voiliers, de locomotives à vapeur, de mobilier liturgique, de sculpture, de peinture et d'une manière générale de tout ce qui peut se trouver sur la base Palissy4.



Notes
1. Évidemment, le chose est plus flashy sur Commons, ce qui rend le lien d'autant plus visible (ça tombe bien, c'était le but de la manœuvre). Et puis ce modèle répand partout sur Commons des images que j'avais crées il y a quelques temps — le labyrinthe de la cathédrale de Reims.
2. Et ça tourne, un bras ! C'est même connu pour ça.
3. S'armer de patience, et persévérer tant la carte des États-Unis s'affiche : c'est bugué, Google est trop pressé et toolserver pas assez.
4. Évidemment, on ne crachera pas sur les bonnes volontés castellologiques non plus, c'est promis.

lundi 13 juillet 2009

Participation interprojets

Il m'arrive d'importer de vieilles photos sur Commons. De vieilles photos de vieux bâtiments. De vieilles photos faites par de vieux photographes. De vieilles photos du domaine public de vieux bâtiment du domaine public, donc. Ça peut servir pour illustrer des articles dans Wikipédia sur châteaux forts, et autres monuments historiques.

À titre personnel, je collectionne tout un tas de trucs qui m'encombrent, mais pas les vieilles photos de vieux bâtiments par de vieux photographes. Donc je les pioche selon mes besoins dans la base Mémoire, une base de données du ministère de la Culture français qui propose1 des photographies, gravures, plans, dessins, etc.2 Chaque document est accompagné d'une fiche qui fait penser un peu à une infobox (plus ou moins complète selon les cas). Tout ce qu'il y a de sérieux et bien fourni. Bien sûr, les images sont en basse résolution, si on veut les tirer ne serait-ce qu'en 10 × 15, on risque d'être déçu, mais à l'écran (pour illustrer un article dans Wikipédia, par exemple), c'est largement suffisant.

Ça se complique quand on veut utiliser du matériel du domaine public (donc on ne peut plus libre de droits). En effet, la base mélange des photos vraiment vieilles et des photos plus récentes (voire même des photos en couleurs). Donc il faut à chaque coup vérifier qui est l'auteur et quand il est mort (vu qu'en France, les œuvres tombent dans le domaine public 70 ans après la mort de leur auteur). Là, le ministère n'aide pas vraiment. Il cite bien un auteur (et encore pas toujours), mais pas toujours très précisément (il n'y a pas toujours de prénom), ce qui fait qu'une recherche de la biographie de l'auteur devient difficile.

À partir de là, on va à la pêche. Dans la fiche qui accompagne les documents, il y a bien des liens sur les mots clé, lieux, auteurs, etc. Ces liens renvoient sur une recherche avec pour seul critère le mot cliqué (pas idéal quand on est habitué à tomber sur la biographie en cliquant sur le nom). Il faut passer par google pour retrouver les biographies3 sur le site de la médiathèque du patrimoine (dont le fonds documentaire est en partie sur les bases architecture et patrimoine4 — dont la base Mémoire fait partie)...

Arrivé là, je me dis que je ne vais peut-être pas expliquer le fonctionnement du ministère de la Culture en entier ici, parce qu'on y est encore l'année prochaine je pense que j'ai assez clairement expliqué que c'est compliqué et pas pratique5, que la navigabilité n'est pas le point fort de leurs sites internet.

Il arrive qu'on trouve un article dans Wikipédia (Séraphin-Médéric Mieusement, ou Eugène Lefèvre-Pontalis, par exemple). Mais pas toujours. Alors pour pouvoir mettre la photo sur Commons et l'utiliser pour illustrer les articles de Wikipédia, il faut faire des recherches. Quand je trouve quelque chose, j'en profite pour faire un article sur ledit photographe.
On peut trouver des types intéressants, comme ça. Je viens de créer Camille Enlart pour illustrer l'hôpital Saint-Jean d'Angers.

Ça prend un peu de temps pour importer une photo, mais j'ai encore du mal à prendre des photos il y a un siècle et ça n'empêche pas d'en faire de l'état actuel si on veut comparer.

Notes6

1. Ces documents proviennent du service des archives photographiques, des services régionaux de l'Inventaire, des conservations régionales des monuments historiques, des services régionaux de l'archéologie et des services départementaux de l'architecture et du patrimoine. Ça n'intéresse personne, ici. Autant raconter des histoires d'overdose de café devant Wikipédia.
2. Voir la fiche technique pour les détails.
3. ... quand elles existent, et quand elles donnent les dates de naissance et de décès — ce qui n'est pas toujours le cas.
4. Je ne vais pas m'en sortir à continuer à imbriquer des parenthèses et des tirets (j'ai failli appeler une note depuis une note), c'est une histoire à tiroirs, alors allons-y. Ce n'est pas l'objet principal de ce billet, mais j'ai ça sur le cœur (je ne voulais pas en parler mais je vais le faire quand même, vu que c'est un site où on peut trouver beaucoup d'informations si on sait quoi y trouver). Je fais deux billets pour le prix d'un : un écrit en gros et un autre dans le désordre et écrit en petit.
Les bases Architecture et Patrimoine, comme c'est expliqué sur la page d'accueil, regroupe :
* la base Mérimée (qui est assez connue sur Wikipédia, à tel point qu'il y a un modèle spécifique pour lier une fiche en particulier : {{Mérimée}} et un article) qui s'intéresse au patrimoine immobilier français ;
* la base Palissy (qui est connue amateurs de vieux gréments et autres locomotives à vapeur et qui a aussi un modèle consacré : {{Palissy}}) qui s'intéresse au patrimoine mobilier français ;
* la base Mémoire (modèle {{Mémoire}}), dont je parle plus haut ;
* la base Archidoc (pas de modèle), qui recence des cotes d'archives ;
* la base Vocabulaire (pas de modèle), qui se redécoupe en Thésaurus (comme son nom l'indique, ce sont des définitions
— ça peut servir), Auteurs (orfèvres et maîtres verriers — chacun son truc, après tout) et Sancti (sur l'iconographie chrétienne).
Toutes ces bases se recroisent, se recoupent et s'intersectent, on passe de l'une à l'autre sans s'en rendre compte, l'interface est la même (la couleur de fond change un peu), c'est toujours aussi facile d'y naviguer.
J'ai perdu personne, là ?
Maintenant, vous savez d'où et à quel prix je sors ces photos ridiculement petites et vieilles.
Je sais, je suis un geek assez particulier.
5. Surtout pour les courageux qui ont lu les notre de bas de page.
6. Je mets ici en vrac à peu près tout ce qui, je pense, ne vous intéresse pas, mais qui me fait plaisir de dire. Je me suis peut-être planté dans les appels de notes, comme ça je serai le seul à comprendre. Ou pour le dire autrement, la partie geek wikipédien est écrite en gros en haut, le ma geekerie perso est en bas et en petit.

lundi 6 juillet 2009

J'ai ouvert un livre...

Hier soir, j'ai ouvert un livre. Dedans il y avait une photo d'un pont en ruines...

Cette photo m'a rappelé un truc, donc j'ai lu la légende, j'ai recherché sur Wikipédia (faut pas déconner, non plus, j'ai des livres, mais je lis Wikipédia), j'ai retrouvé l'article qui parle dudit pont. Et j'ai lu.

Bon, il y a le nom, la date de construction (Ier siècle), on sait que c'est dans l'ancienne province du Languedoc (tiens, étrange, c'est complètement anachronique, passons), on voit sur quel cours d'eau c'est, il y a deux lignes de description, trois lignes d'historique avec des sources (ça commence quand le pont s'effondre), et on sait que c'est près de l'autoroute (ça, c'est vital).
La rubrique "Articles connexes" est bien poilante : pont romain et liste, d'accord, pas de problème. Et là, le lien qui tue : Liste des ponts médiévaux de France (un pont construit au Ier siècle et détruit au XIIIe).

En fouillant un peu, la coquille semble venir de la version anglaise de la liste, quant à savoir ce qu'un pont romain vient faire au Moyen Âge (même en anglais). Bref, je corrige tout ce qu'il y a à corriger. Comme j'avais encore le bouquin ouvert, j'en profite pour ajouter le contenu de la légende (sous la photo) dans l'article de Wikipédia. Ça fait toujours sérieux, de citer un bouquin avec le numéro de page.
En fait, j'avais déjà vu ce pont en bricolant la liste des monuments historiques de 1840, il y a quelques mois... en gros, la ruine au milieu de l'eau, qu'on avait listé médiévale malgré sa datation figure sur la toute première liste des monuments historiques du monde (en pratique, elle coûte du fric au contribuable français depuis 170 ans, ce qui lui vaut d'être flambant neuve, sans pour autant avoir la moindre utilité).

Tout content d'avoir viré des erreurs et ajouté du contenu de qualité, utile (je vous laisse voir l'historique), avec des sources diverses, sérieuses, etc., je relis mon œuvre, satisfait. Et je me demande où est ce fichu tas de cailloux. À un kilomètre de l'autoroute, bon.

Et c'est à ce moment que je réalise qu'un pont, c'est en général entre deux rives, et que les cours d'eau (quand on n'a pas une montagne sous la main), c'est pratique pour délimiter des communes, et pourquoi pas des départements...

Donc je me mets à chercher toutes les catégories susceptibles d'aller dans cet article. Il y avait déjà les trois (en l'occurrence quatre) catégories des monuments historiques (par période, par département et par niveau de protection). Il faut rajouter les catégories des ponts (par période, par matériau, par type, par département, par cours d'eau), plus la croustillante catégorie pont effondré (je ne connaissais pas).

Bref, si on résume, un tas de cailloux au milieu d'une rivière qui ne sert à rien depuis 710 ans, ça vaut déjà onze catégories sur Wikipédia.

Il faut vraiment que j'arrête de lire, ça me fait mal à la tête. Il m'a fallu la soirée pour lire 55 mots.