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jeudi 6 septembre 2012

Wild Bill Hickok et les monuments historiques

Je regardais les statistiques de consultation de quelques ébauches d'articles que j'ai créées.
Sur les 90 derniers jours :
  • Wild Bill Hickok Memorial — un buste des années 1930, qui n'a certainement pas révolutionné l'histoire de l'art, sur un carré de pelouse perdu dans l'Illinois : 110
  • Hôtel de ville de Rambervillers — un monument historique des Vosges, qui date de la Renaissance, et qui a visiblement survécu à quelques guerres assez destructives (surtout dans le coin) : 76
  • Salle du Sacre — une salle du château de Versailles (monument historique), par où passent tous les visiteurs, avec des tableaux de peintres qui sont dans tous les bouquins d'histoire de l'art : 545
De là, je constate que :
  • s'acharner à décrire le monument historique en bas de chez soi, pour distrayant que ça puisse être, n'intéresse pas vraiment les foules ;
  • le bidule à la gloire de l'Empereur des Français (avec majuscules), le mec qui a réussi à se faire détester par l'Europe entière (sans parler des colonies), par Jacques-Louis David (pas le coiffeur, l'autre : le « Premier peintre ») ne fait que cinq fois plus de visites que le truc à la mémoire du mec qui faisait du cheval pour le Pony Express, comme dans Lucky Luke.
En fait, il faudrait continuer à traduire des articles idiots sur les mythes fondateurs des États-Unis, ça a l'air d'intéresser pas mal les francophones (587). Et penser à organiser pour l'an prochain un Wiki Loves Wild Bill Hickok.

dimanche 13 février 2011

Avez-vous l'heure ?

Je viens de tomber sur un truc qui m'a fait penser à ma rubrique des modèles qui ne servent à rien.

C'est un modèle qui s'appelle {{horloge analogique}} et qui affiche le cadran d'une horloge à l'heure.

Il y a plein de paramètres sympas qui font des tas de trucs qui ne servent pas vraiment le but encyclopédiste de Wikipédia, mais qui sont toujours utiles pour avoir l'heure (au cas où on n'aurait pas l'heure sur son PC ou son smartphone). On me glisse à l'oreille que ça permet de décorer les infobox fuseaux horaires comme les lobbies des grands hôtels de bande dessinée des années 1930.

Quand on va voir sous le capot, on réalise que c'est fait avec la méthode la plus barbare qui soit : il y a 720 fichiers, avec les 720 heures du tour de cadran (60 × 12, si je ne me trompe). Pas question de calculer à la volée l'angle des aiguilles pour les afficher (ou comment faire grimper le nombre de fichiers).

Mais c'est tout en SVG, donc c'est bien (je ne sais pas bien pourquoi, mais c'est ce qu'il faut dire, enfin on m'a dit ça…)

Pour ceux qui ont perdu leur montre et qui traînent sur Wikimedia Commons, il y a le même modèle : {{horloge analogique}}.

Vous n'avez plus aucune excuse pour être en retard.

mercredi 19 mai 2010

Brève d'entourage

À la sortie d'un partiel :
— Tu avais eu le temps de réviser ?
— En fait j'avais perdu la moitié de mes notes de cours, donc j'ai cherché dans Wikipédia.
— hum…
— Ben oui, je fais toujours comme ça… Mais c'est plein de fautes, de toutes façons.
— Ah ?
— Ben, c'est ce qu'on dit.

Personnellement, j'aurais plutôt dit que c'était très incomplet, et je n'aurais pas fait mes révisions dans Wikipédia. En fait je n'ai même pas pensé à vérifier que le mobilier et les aménagements liturgiques carolingiens étaient traités (on peut faire des partiels sur n'importe quel sujet).

C'est toujours intéressant de ne pas trop dire autour de soi qu'on est impliqué dans Wikipédia pour recueillir des témoignages (si ça se sait, on se met à vous faire des drôles de grimaces en en parlant avec une sorte d'air entendu genre : « je te parle de ça pour te faire plaisir, et puis on va repasser à un sujet sérieux »).

Merci à :
* Erdrokan pour le titre du billet ;
* Pierre, qui a perdu ses notes de cours (je compatis).

mardi 27 avril 2010

Comment on en arrive à faire ce qu'on fait


1er aout 2007, allez savoir pourquoi, j'avais pris mon appareil photo avec moi pour aller bosser. À cette période, mon boulot consistait à regarder un écran d'ordinateur en chantant du Joe Dassin pour couvrir le bruit d'une batterie de photocopieuses (ne cherchez pas à comprendre, mais moi, j'arrive à me faire payer pour ça). Bref, aucune raison d'avoir un appareil photo.

Donc en rentrant chez moi, j'ai fait des photos. Qui sont restées sur mon disque dur. En fait, c'est des photos qui ne me servent pas sur mon disque dur (à part à prendre de la place).

Et à des dates tout à fait aléatoires, j'ai chargé quelques-unes de ces photos sur Commons, sans arriver à trouver une logique à la sélection ou à l'ordre des fichiers chargés. En regardant celles que je n'ai pas chargées, je me dis qu'il y en a que je devrais charger, mais je vais garder le même pattern absolument incompréhensible : c'est plus sport. Et puis vous pouvez toujours aller siffler sur la colline avec un petit bouquet d'églantine.

Toujours est-il que pour une raison qui m'échappe encore, j'ai retrouvé et chargé la peut-être pire des photos de la série aujourd'hui. J'hésite à la mettre ici, et puis oui mais non… en fait non, voila. Et quand je l'ai vue sur Commons, toute seule avec sa petite licence libre, avec sa petite description et avec sa petite catégorie, je me suis dit que le monde était mal fait. C'est vrai : le monde est mal fait. Et je me suis dit qu'il fallait agir.

J'ai donc pris mes petits doigts boudinés, j'ai tourné sept fois mon auriculaire gauche autour de mon pouce droit, et j'ai mis une infobox autour de ma photo moche.

Voila comment sans le vouloir, on en arrive à créer des articles sur Wikipédia. Pas pour écrire une encyclopédie, mais pour racheter une photo ratée.

Et tout ça alors que je pourrais remplir la catégorie des burned road vehicles, dument géolocalisés pour faire baisser l'immobilier.

Allez comprendre…

mercredi 3 février 2010

Wikipédia et l'éducation populaire

C'est étrange, quand on y pense. Wikipédia, qui est avant tout un médium de l'éducation populaire semble l'ignorer royalement.

À chaque occasion (à chaque catastrophe aérienne, par exemple) certains tentent d'en virer tout ce qui sort de l'académisme le plus restreint. Pendant que d'autres sans faire de bruit écrivent des articles sur le cracher de bigorneau, le repassage extrême ou le lancer de téléphone portable.

Et Wikisource n'a toujours pas le texte réputé fondateur de l'éducation populaire (le rapport de Condorcet de 1792 sur l'organisation générale de l'instruction publique). Il n'est même pas listé dans la to-do list. Il faut dire que sur ce coup là, la BNF est meilleure : le texte est scanné et disponible sur gallica.fr.

mardi 11 août 2009

Projet de reconversion

Puisque tout le monde se sert de Wikipédia comme d'un guide touristique pour des destinations incongrues, je vais vous dire, moi, à quoi ce bazar insondable peut servir. Ce bric-à-brac de la connaissance. Pourvu qu'on soit doté d'un peu de bon sens.

Je pense à me reconvertir et à changer de vie (vous savez, la crise, tout ça, le reste, etc.), donc je cherche (dans Wikipédia, bien sûr) les merveilleux métiers auxquels personne n'avait pensé avant moi. J'ai donc trouvé un secteur d'activité assez dégagé, avec du potentiel. Bref, une petite sinécure qui peut rapporter gros (du moment qu'on s'y met avec un minimum de sérieux) et qui pourra enfin me permettre d'avoir ma biographie sur Wikipédia et peut-être deux ou trois articles satellites. Et je ne dis pas ça pour faire bisquer les vacancier qui reviendront plus fatigués qu'ils sont partis, et avec des coups de soleil en prime. Et un coup de cagnard sur le ciboulot, ça ne pardonne pas.

Donc je me prépare une carrière de tueur. J'ai donc épluché tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l'homicide. Un vrai régal.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'y a aucun avenir pour les tueurs à gages. D'après l'article, ça n'existe qu'au cinéma. Et puis il n'est pas question que je porte les lunettes de Jean Reno dans Léon.

Tueur de masse, c'est un peu comme les films de cambriolage : tout se passe avant, ensuite il y a le pendant et c'est après que ça foire.
Le tueur de masse [...] considère souvent son massacre comme le chef-d'œuvre de sa vie. Il ne tente pas [...] de se soustraire aux forces de l'ordre. Dans la plupart des cas, il se suicide ou est abattu sur le lieu de son crime.
Tu parles d'un chef-d'œuvre.

Et puis il y a le spree killer. Lui, c'est un esthète (de cheval). C'est l'art pour l'art. La mise maximale pour le minimum de bénéfice, la bonne affaire à l'envers.
C'est un mode d'assassinat extrêmement risqué pour l'auteur
Mais le motif peut valoir le coup (ou pas) :
après une dispute avec sa compagne, il tue onze personnes
Ou bien l'équipement (ou pas) :
Il avait sur lui une batte de baseball, une carabine .22 Long Rifle, un marteau et un pistolet.
Pourquoi un marteau ?
Après réflexion, entrer dans Wikipédia (comme on entre dans le petit Larousse, s'entend) pour voir son existence ridiculisée en une ligne, c'est peut-être pas la bonne solution non plus.

Tueur en série, c'est pas mal :
Le tueur en série ne tue pas par idéologie [...], par fanatisme, et généralement pas par appât du gain. Le moteur du tueur en série est fréquemment le sentiment de toute puissance que lui procurent ses crimes.
Tout de suite, je note dans mon carnet la nuance du "généralement pas" (ça laisse un peu de marge), on ne s'encombre pas de théorie spécieuse et on est le roi du monde. En plus, l'article explique les méthodes de profilage, donc ça devrait être possible de s'en sortir.
Quand on jette un œil à la liste, on se rend compte qu'ils on quasiment tous une chouette biographie bien sanguinolente. Cela dit, ils sont tous enfermés ou morts.

Vu que sur Wikipédia, le meurtre ne paye pas, il va falloir aller voir ailleurs. Reste donc la solution du crime considéré comme un des beaux-arts.
La prochaine fois, on verra comment envisager différemment ses loisirs.