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jeudi 15 août 2013

Une petite retouche photo en passant.

Aujourd'hui, une note rapide, pour se délasser de la musique de cow-boys de la dernière fois.


Aujourd'hui (bon, ok, j'ai commencé hier), je remplis comme un œuf les trucs (je trouve pas le mot, et je ne vois pas l'intérêt de chercher) des tableaux de Delacroix (il est mort il y a 150 ans et 2 jours, bon anniversaire !) sur Wikidata.
C'est amusant, ça se fait ligne par ligne, on peut écouter la radio en même temps, il faudrait sans doute que j'en parle plus en détail (de Wikidata), mais j'ai la flemme. Aujourd'hui, c'est férié et je m'amuse.

Bref.

La première étape, c'est de chercher toutes les entrées qui parlent des tableaux de Delacroix.
Je passe par les catégories (celle-là, et les interwikis, on fait des trouvailles dans les versions non francophones de Wikipedia), puis le les tague comme tableau de Delacroix.
Quand j'estime avoir trouvé tout ce qui est trouvable, je repasse et je remplis avec des tas de trucs passionnants (c'est comme ça que j'ai remarqué qu'il y a des coussins dans les Femmes d'Alger et la Mort de Sardanapale, ou qu'il y a des cadavres à la Bataille de Nancy)

Justement, à propos de la Bataille de Nancy, l'article était illustré par cette photo :
La Bataille de Nancy de Delacroix, photo: Baronnet
C'est super, on a une photo où on peut voir de quoi il s'agit. C'est un peu la photo sortie directement de l'appareil photo (dans un livre, ça ferait carrément cheap), mais ça peut s'arranger.
En cinq minutes, et en suivant plus ou moins mes propres tutoriels (d'abord celui-ci pour la distortion, puis celui-là pour les niveaux), j'obtiens ça :
On peut critiquer autant qu'on veut, c'est peut-être pas la photo du siècle, c'est un peu cotonneux, on n'a pas trop de détails, on ne peut pas l'imprimer dans le format d'origine (tu parles, le tableau fait 3,50 m de large…), etc.
Mais :
  • on a une photo, on voit de quoi on parle,
  • elle fait propre en vignette,
… bref, on n'est pas plus amateurs qu'un bouquin avec des illustrations in texte.

Tout ça pour dire : faites des photos de trucs, retouchez vos photos, c'est pas si compliqué et il y a une vraie plus-value.

Pour mémoire, les tutoriels que j'avais fait il y a quelque temps sont toujours valables, et ils sont ici.

lundi 23 avril 2012

Réglages des couleurs

Ça fait quelques mois que je repoussais ce billet de la série je bricole mes photos en espérant que ça va les améliorer. Peut-être par flemme.

Toujours est-il que j'ai trouvé deux photos qui devraient me permettre de faire le tour de la question de la couleur, d'un point de vue pratique.
Et pour l'occasion, je vais sortir l'artillerie lourde : le cercle chromatique, qui permet de visualiser les choses. Comme d'habitude, il est tout à fait possible de faire la même chose avec des logiciels très chers, je travaille avec du gratuit et libre : GIMP).

Première photo, la photo trop rouge

On m'a un soufflé que la série de photos était trop rouge.

J'entoure sur le cercle chromatique la teinte principale de la photo, la flèche montre la teinte qu'elle devrait avoir. Le but du jeu va être de décaler les couleurs.
Pour ça, il existe une fonction dans GIMP, qui s'appelle teinte-saturation (et l'aide en ligne est ici) et qui permet entre autres de modifier la teinte (ce qu'on veut faire ici). Ça se trouve dans le menu Couleurs.

On veut ajuster l'ensemble de la photo, vu que dans l'ensemble, elle est trop rouge, donc on ne sélectionne pas de couleur dans le graphique en haut, on reste avec Maître, qui ajuste toutes les couleurs, et on tripote le curseur qui s'appelle Teinte.
Faites vos essais, je trouve qu'avec 10, ça fait pas trop mal.
avant/après
Pour une photo trop « chaude », il faut aller à droite et pour une photo trop « froide », il faut aller à gauche.
Si vous ne comprenez pas cette phrase, relisez Johannes Itten — dont les cours sur la couleur au Bauhaus sont publiés sous le titre Art de la couleur —, le chaud, c'est tout ce qui est dans la moitié du rouge-orangé, et le froid, c'est ce qui est de l'autre côté, dans la moitié du bleu-vert.

Seconde photo, la photo où on sait pas trop ce qu'avait l'appareil dans la tête

Il faut dire que j'ai longtemps regardé cette photo en me demandant comment un appareil photo pouvait être autant déréglé, et comment on pouvait l'améliorer. Jusqu'au moment où je me suis fait botter le train pour écrire ce billet.
J'ai commencé par essayer la méthode ci-dessus (parce que des fois, je saute des étapes — des fois ça marche, mais visiblement pas toujours). Si on n'a pas envie de faire un chose de science-fiction sous acide, ça ne marche pas. Retour au cercle chromatique.
Ici, le monument est bleu, alors qu'il devrait être dans les tons crème (entre le jaune et le orange pâle), et les arbres sont vaguement verts (peut-être un peu trop bleus). Donc il ne s'agit plus de décaler les teintes, mais de rééquilibrer les choses entre les couleurs complémentaires (celles qui sont diamétralement opposées sur le cercle chromatique).
La fonction de GIMP qui sait faire ça s'appelle balance des couleurs (aide ici), elle est accessible par le même menu Couleurs, parce que le monde est bien fait.

Je n'ai jamais bien compris le pourquoi des intervalles à ajuster, donc je laisse le réglage d'usine demi-teintes, ça doit être un truc très subtil. Et on joue avec la tirette jaune-bleu.
jaune-bleu

Là, on se rend compte que c'est trop vert, donc on ajoute du magenta.
magenta-vert

Et puis comme ça reste un peu froid, on remet un peu de rouge.
rouge-cyan
Et on a une photo qu'on peut sans doute améliorer, mais qui choque nettement moins l'œil.
La tombe de Cherubini,
qui n'aurait pas l'air d'avoir passé des années épinglée au soleil.

vendredi 16 mars 2012

La photo qui bouge toute seule.

En retombant sur IWDRM (tumblr dont j'ai renoncé à comprendre le titre, mais sur lequel je tombe tout à fait par hasard avec la précision d'un métronome tous les trois mois), [là, on va dire que j'ai une chute à ma phrase, vous allez être gentils. C'est d'autant plus con que ça partait bien, mais pour la seconde moitié, je sèche complètement. Tant pis.]

Bref, toujours est-il [parce qu'on ne va pas se laisser démonter par un raté au démarrage comme ça] que ça s'appelle (selon des gens mieux informés que moi) cinemagraph en anglais et en italique dans le texte. Un truc prétendument inventé pour vendre des robes très chères, toujours selon les gens informés. Personnellement, j'ai comme le sentiment que la technique a juste été re-pompée, bien re-packagée et déposée, mais je ne suis pas tellement bien informé, c'est juste un sentiment. C'est donc un GIF animé bien fichu avec un ™.
Mais avec un peut de travail, ça peut être poétique, amusant ou carrément flippant.

Côté Wikipédia, il y avait un article en roumain. Donc j'ai traduit l'article anglais en français. Sans ouvrir la version en castillan. [Je ne cherche même plus de logique, je fais juste du link-dropping, comme ça, vous avez un aperçu des interwikis. Faites comme si ça vous intéressait.]

Le truc cool, c'est qu'il y a une catégorie sur Commons, avec cinq fichiers dedans, d'intérêt variable.

Le plus fort, c'est que MediaWiki n'est toujours pas fichu de redimensionner un GIF et de l'animer. C'est vraiment bravo, après plus de 10 ans, voila.

Tout ça pour dire qu'il doit y avoir moyen de moyenner pour trouver une utilité à ce truc-là, et d'illustrer des articles avec ce genre de chose. [Vague impression d'essayer en vain de ré-inventer l'eau tiède.]
Donc bref, vous avez un appareil photo qui filme un peu (ou un téléphone), expérimentez, amusez-vous, faites-vous plaisir. Le modèle en papier est voué à la faillite, essayez de passer à autre chose. [Du coup, je suis affligé en lisant [[photographie numérique]] de constater que la seule finalité du truc pour les rédacteurs, c'est l'impression papier. Mais c'est une autre histoire. Ou pas.]

dimanche 4 décembre 2011

Quelques plugins pour Gimp

Amis bricoleurs de photos qui ne voulez pas payer Lightroom, Photoshop, DxO et consorts, voici quelques plugins que j'utilise à l'occasion dans Gimp, ou que j'ai envie de tester.

Avant
Shadow and Highlights, qui permet de déboucher une photo sousex ou de dé-griller les surex (dans la mesure où il reste des données). Ça étale les deux extrémités de l'histogramme, et ça permet d'adoucir un tirage (pour ceux qui ont mis les pieds dans un labo photo).
Après
Ça demande des valeurs sans donner d'aperçu, il faut entrer n'importe quoi (ou laisser tel quel), ensuite ça calcule tout seul, et ça pond deux calques dont on règle l'opacité pour ajuster l'effet.
Bien sûr, ça ne fait pas de miracles dans les hautes lumières et ça fait ressortir le bruit des sombres, mais ça permet d'améliorer certaines choses dans certains cas.
À essayer, et à avoir dans sa trousse à outils.

—

Pour le bruit, justement, j'utilise Wavelet denoise, qui permet de choisir précisément les paramètres du débruitage de chrominance par canal et de luminance (jeter un œil aux illustrations de [[bruit numérique]]), autrement dit, de garder ou non le grain et de virer les machins colorés dégoûtants sans tout flouter indistinctement.
On m'a dit que ça ne marche pas sous mac.

—

J'aime bien utiliser mes photos en fond d'écran, toujours est-il que cette photo me plaît bien (il y avait un clochard qui m'a poursuivi en m'appelant « chef » pendant une demi-journée, ça a une valeur sentimentale que vous n'êtes pas forcés de partager).
Sur Commons, dans les catégories Green objects et Green background.
Mais mon appareil photo n'a pas les mêmes proportions que mon écran. Et je ne veux pas de bandes noires sur le côté de mes fonds d'écran. Et si je recadre la photo pour l'écran, j'ai le choix entre couper la tête et couper les genoux (or j'aime j'aime j'aime j'aime ses genoux), j'ai pas envie de copier des branches se sapin pour remplir les bords, et étirer la fille verte en largeur n'est pas une option.
Bref, pour ça il y a Liquid Rescale (voir le site pour les tutoriels), qui permet de changer les proportions d'une image sans toucher le sujet, c'est à dire que le fond est déformé là où ça ne se voit pas trop.
La même, redimensionnée joliment pour mon fond d'écran.
Pas vraiment le genre de fonction que j'utilise pour les photos que je mets sur Commons, mais très bien pour ajuster mon fond d'écran. Ça demande un peu de pratique.

—

Un autre truc visiblement pratique, que je viens de découvrir sans avoir eu le temps de tester (et qui a juste un an), c'est GimpLensfun (voir le site, en anglais).
Comme Lightroom ou DxO, ça s'appuie sur le couple boîtier/objectif et les données EXIF pour corriger la distorsion, l'aberration chromatique et le vignettage des photos. Ça marche pour les compacts et pour les reflex. Visiblement il est possible de calibrer sois-même le machin pour son matériel, s'il n'est pas déjà dans la liste, ceci-dit ça a l'air compliqué et ça utilise hugin (héhéhé).
C'est le genre de corrections qui améliorent la qualité des photos, et qui devraient (dans un monde parfait et selon moi) être faites directement dans l'appareil photo et dont on ne devrait pas entendre parler.

—

Si au contraire, on cherche à empirer des photos ratées (ça peut toujours être un moyen de les rattraper), il faut chercher du côté de Lomo Script with Old Style Colors, pour faire des fausses lomographies (c'est de la photo avec un toy-appareil-photo à pellicule qui ne peut prendre que des photos ratées, mais il y en a à qui ça plaît).
À utiliser de préférence avec un reflex neuf, gros, cher et un objectif de même, histoire de faire de la photo bien ratée, bien moche et bien chère. Size matters, comme disait l'autre.
Pas testé, mais ça a l'air d'être joliment atroce.

mercredi 9 novembre 2011

Message de service

Quelqu'un qui s'y connait m'a dit un jour que le blog n'était pas la meilleure plateforme pour publier des tutoriels.
C'est sans doute vrai, mais d'une part chercher la plateforme idoine ne me fait pas me relever la nuit, et d'autre part j'ai ce blog où je publie ce que j'ai à dire au moment où ça me prend. Et puis, je vois ça plus comme une occasion de raconter une histoire (on peut raconter sa vie en partant d'une photo qu'on n'a pas prise, non ?) que pour donner un cours magistral (même si ça peut y ressembler en fin de compte).

Donc puisque ça me convient personnellement, je pense que je vais continuer comme ça, à semer ma zone ici (avec des billets sur la retouche photo ici quand j'ai l'inspiration, entrecoupés par des billets qui n'ont rien à voir). C'est chez moi après tout.

Cela dit, je me rends bien compte que tout le monde n'habite pas dans ma tête et n'a pas forcément envie/besoin de corriger des perspectives ou de régler des niveaux quand ça me prend d'expliquer comment.
Et que d'autre part, quand l'envie de faire vous prend, vous pouvez avoir du mal à retrouver le billet qui vous intéresse dans le label retouche photo (flux RSS) où j'essaye de ranger tout ça.

 Donc, je mets en place une sorte d'index des billets dont vous trouverez le lien en haut de la « colonne latérale »  sous ma cocotte en papier, avec un titre que j'espère vous comprendrez : Retouche photo.

Et puisque je vous aime bien, je vous offre un cri Wilhelm (article, page de description) pour la route.

Améliorer une photo « grisouille »

Aujourd'hui, dans la série je bricole mes photos en espérant que ça va les améliorer :
Ma photo fait un peu « grisouille », comment régler ça ?

Prenons donc au hasard une photo d'Ingrid Bergman.
Image de départ.
Disons que le hasard est avec moi, que la photo est un bon exemple de ce que je veux montrer (elle est bien grisouille), et qu'elle est en noir et blanc (ça fait longtemps que je voulais parler couleurs, je vais donc essayer de commencer par le commencement avec la luminosité peut-être pendant quelques billets et, si je ne m'épuise pas en route, j'en arriverai à la couleur).
Pour les besoins de la démonstration, j'ai viré le cadre noir de la photo qui est sur Commons.

J'ouvre la photo dans GIMP (ça marche exactement pareil sous Photoshop) et j'affiche l'histogramme. S'il n'y est pas déjà, on peut le récupérer dans Fenêtres>Fenêtres ancrables>Histogramme.
Histogramme d'Ingrid Bergman.

En abscisse on a la luminosité (où le 0 représente le noir à gauche et le 255 représente le blanc à droite) et en ordonnée la quantité de pixels. Ce que montre l'histogramme d'Ingrid Bergman, c'est que le pixel le plus noir est gris et que le pixel le plus blanc est gris aussi, mais plus clair. Pour aller vite, le machin noir ne touche pas les bords.
Disons qu'une photo a idéalement cet histogramme en cloche à fromage, où l'essentiel est au milieu de l'histogramme et où le pixel le plus clair est blanc et le plus sombre est noir.
Histogramme théorique.

C'est très théorique, mais c'est l'idée. Si la photo est sombre, le gros de l'histogramme va se retrouver à gauche et si elle est claire, c'est à droite.
Niveaux.
Maintenant, voyons comment faire toucher les bords à l'histogramme d'Ingrid Bergman (pour le logiciel, ça va s'appeler « régler les niveaux » de l'image).
Ça se passe dans Couleurs>Niveaux (il y a une petite icône d'histogramme à gauche et un raccourci clavier sur la droite, pour ceux qui veulent avoir l'air sérieux la prochaine fois). Ça ouvre la fenêtre ci-dessous qui reprend l'histogramme, avec tout le matériel pour faire les réglages.

On ne va pas se servir de tout, on va juste commencer par la méthode dite « méthode bûcheron », qui a l'avantage d'être simple. On va se servir des trois petites flèches sous l'histogramme, celles sous lesquelles il y a des valeurs numériques (0 ; 1,00 ; 255).
La flèche noire qui est à 0 sert à régler le point noir et la blanche à droite, qui est à 255 fait la même chose pour le blanc. On peut entrer des valeurs au clavier si on veut jouer au warrior, sinon on peut glisser les flèches de droite à gauche à la souris.

Réglage du point noir.

Je ramène donc la flèche noire jusqu'à ce qu'elle indique le premier pixel noir de l'histogramme.

Je mets sur la capture d'écran la photo en haut à gauche (GIMP affiche les réglages, tant qu'on a coché la case « aperçu », ça donne une bonne idée de ce qu'on fait), la fenêtre Niveaux (où l'on fait les réglages) à droite et l'histogramme sous la photo (l'histogramme de la photo est en gris, tandis que l'histogramme de l'aperçu est mis à jour en noir, c'est pratique).

En pratique, j'ai assombri l'image dans l'ensemble, le pixel le plus sombre est maintenant noir. Du même coup, le pixel le plus clair (qui était gris) s'est aussi assombri. L'histogramme est réparti régulièrement entre la flèche blanche et la noire.

Réglage du point blanc.

Même chose avec la flèche de droite, mais de l'autre côté.
Maintenant, le pixel le plus sombre est noir et le pixel le plus clair est blanc.

On peut s'arrêter là, mais comme je trouve que la photo est bien sombre, je tente un dernier truc.
Si on descend encore le blanc (vous pouvez essayer), on va éclairer encore la photo, mais plus ça va, plus les parties claires vont être « brûlées » (irrémédiablement blanches, sans aucune donnée).


Donc j'essaye la flèche grise du milieu, qui fait la correction gamma comme montré sur l'image de droite (comme d'habitude, je ne comprends rien à Wikipédia qui compare les émulsions photographiques aux tubes cathodiques – qui utilise encore ça, sérieusement ?)

En pratique, la flèche marque le gris moyen (128) dans l'histogramme, donc si on la déplace vers la gauche, on augmente la portion d'historique à droite et on éclaircit l'image. De même si on pousse la flèche à droite, on assombrit l'image. Et tout cela en gardant le blanc blanc et le noir noir.

Une dernière remarque : c'est très pratique, mais il vaut mieux ne pas avoir la main lourde avec le gamma, parce que l'image devient assez vite funcky (comprendre vraiment pas top). Si j'ai un conseil, c'est de rester aux alentours de 1.

Réglage du gamma.
Pour en arriver à une valeur de 1,20, j'ai essayé jusqu'à ce que ça me plaise bien (il n'y a pas de recette miracle). Si j'allais plus loin, les parties sombres devenaient grises, si j'allais moins loin, la photo restait très sombre, c'est un compromis à trouver.

La photo comporte beaucoup de parties sombres, et sans surprise, le sommet de l'histogramme est déporté sur la gauche.

La même image, après réglages.
En voyant ce résultat, on peut se demander s'il n'aurait pas fallu rendre les machins derrière Ingrid Bergman carrément noir au lieu de les laisser dans les gris (il aurait fallu monter le point noir au-delà de 42 et sous-exposer la photo). Je m'en suis tenu au réglage « minimal » pour la démonstration. C'est une décision qu'il faut prendre au moment de faire les réglages.

Pendant tout ce temps, on a juste cherché à rendre la photo plus agréable à regarder. On n'a pas ajouté de données. À voir la tête de l'histogramme en fin de compte, on est même sûr d'en avoir perdu. Donc ce genre de réglage peut être utile (parce qu'en fin de compte, les illustrations sont faites pour qu'on les regarde, pas pour jouer au plus malin avec les données), mais il vaut mieux ne pas faire son réglage 250 fois, parce qu'au bout d'un moment la perte de données va finir par se voir.

samedi 10 septembre 2011

Moment de solitude

J'ai pris des photos, comme il y avait du monde devant moi, j'ai doublé en me disant que j'allais refaire le coup du parterre de Latone. Puis je suis rentré, j'ai sorti la carte de l'appareil, je l'ai mise dans le mange-disque, et j'ai ouvert hugin.

Et là, c'est parti en couille.

Qui c'est qu'a bigné ma façade ?

Franchement, je ne vois ni comment ni pourquoi. Intense moment de solitude.

Un instant, j'ai pensé cabosser un peu mon écran pour voir la photo droite, et éventuellement proposer de cabosser vos écrans aussi pour que vous puissiez la voir bien.

Et puis j'ai adopté une autre méthode.
Pour ceux que ça intéresse, j'ai d'abord redressé les deux photos indépendamment avec hugin, puis j'ai fait de savants découpages avec GIMP (je ferai peut-être bientôt un billet entier dessus).

Finalement… c'est bon pour Commons.
Plus qu'à compléter l'article sur Wikipédia, avis aux amateurs.

Tout ça pour dire que je n'y arrive pas toujours du premier coup.

vendredi 9 septembre 2011

Retouche photo III

J'ai parlé d'une méthode de warrior (ici, et là pour les détails) pour redresser la perspective d'une photo.
C'est une méthode de warrior parce que d'une part il faut cliquer plein de fois sur un tas de trucs (ça fait peur), et d'autre part parce que ça marche à tous les coups.

Il existe d'autres méthodes.
Zil a parlé de la façon sauvage (avec GIMP), ici, que je ne pratique pas parce qu'il faut gérer à la main (et à l'œil) le rapport hauteur/largeur (ça vient de GIMP, dans photoshop il y a une case à cocher pour tripoter la perspective en conservant les proportions). Et ça m'énerve de faire à la main ce que l'automatisme devrait savoir gérer.

Il existe aussi SchiftN.
C'est un petit logiciel où tout est automatique (pratique !). On met la photo dedans, ça corrige les verticales et ça enregistre tout seul les corrections.
Il y a un mode d'emploi en français, que je ne vais pas paraphraser, lisez-le.

Dans les cas simples, ça marche bien.
Mais comme toutes les solutions simples, il y a les cas qui ne sont pas couverts :
  • SchiftN ne corrige pas les horizontales,
  • il peut se laisser tromper par des murs à fruit, à ventre, etc. (qui ne sont pas verticaux), dans ce cas, attention les yeux ! ça peut donner des résultats assez funky,
  • on ne maîtrise pas le recadrage, penser à laisser de la marge autour du sujet lors de la prise de vue.
Sachant cela, ça vaut toujours la peine d'essayer, c'est vraiment simple et ce n'est pas un gros investissement en temps/énergie (d'autant plus qu'on peut faire du traitement par lots).

samedi 27 août 2011

Retouche photo II

Il semble que je suis passé un peu vite sur le redressement de perspective en renvoyant sur un tutoriel antédiluvien (actualisé en 2008) en anglais (on trouve encore plus vieux en français : 2003), d'autant que le logiciel évolue.
En fait, je trouve rigolo de vous avoir laissés tout seuls comme des grands pendant deux jours, donc je relève les copies et je vais me marrer à les corriger. Et comme je suis sympa dans le fond, je vous donne le corrigé. Mais comme j'ai une bonne couche de vice au-dessus, je continue de m'acharner sur la photo d'Erdrokan (si vous voulez suivre la manœuvre).
Mairie de Souprosse, par Erdrokan (Travail personnel) [GFDL (www.gnu.org/copyleft/fdl.html) ou CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0 (www.creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons.

Il faut savoir que hugin est un logiciel qui sait faire du panorama par assemblage de plusieurs photos (il est prévu pour ça, l'interface et les automatismes sont prévus pour ça), et qu'on va lui faire faire des trucs qui lui servent quand il fait un pano, mais d'une façon un peu détournée. Du coup, c'est rigolo.

Pour commencer : on lance hugin (parce qu'on l'a déjà installé, je ne vais pas non plus vous materner).
Puis on met la photo dedans soit en la glissant depuis un explorateur, soit en tapant sur [charger des images].
Dans ce cas précis, ça se passe bien. Toutefois il se peut qu'hugin se pose des questions existentielles sur le « champ de vision » et la nature de l'objectif s'il ne trouve pas ce qu'il aime dans les métadonnées EXIF (en particulier si vous travaillez avec l'aperçu affiché par Commons), auquel cas il faut juste lui dire de lâcher l'affaire, ce n'est pas vital pour ce qu'on a à faire aujourd'hui (cliquez abandonner).
La photo est chargée dans Hugin.

Points de contrôle

Maintenant on commence le seriouz bizness.
L'idée est de dire à hugin où sont les verticales et les horizontales sur la photo.

Dans un plan, il existe une unique droite passant par deux points distincts, vous avez tous appris ça en primaire. Donc on a besoin de lui donner des paires de points qui donneront soit une verticale soit une horizontale.

Pour une photo prise avec une bonne optique [c'est-à-dire qui ne fait pas de distorsion en barillet ou en coussinet] (je pars du principe que pour la photo de cette semaine ça va), on a besoin de donner deux verticales et deux horizontales, et tant qu'à faire éloignées deux à deux. Si on lui donne moins, il fait un truc (des fois c'est bon, des fois non), si on lui donne plus ça marche, mais ça fait plus de travail pour nous.
Digression : pour soigner la distortion, il faut donner au moins trois horizontales et trois verticales « judicieusement » placées.

Ça se passe dans l'onglet « Points de contrôle ». Tant que j'y suis, je lie vers tout un tas de trucs dans le manuel (même si je n'y ai jamais rien compris), des fois que ça vous inspire.
Dans l'onglet « Points de contrôle »…
 L'interface est prévue pour trouver les points qui se correspondent entre deux photos, c'est pour ça que la fenêtre est coupée en deux. Comme on n'a qu'une photo, elle est affichée deux fois. Le but du jeu est de faire les lignes horizontales et verticales.
On clique sur un point dans l'aperçu de gauche, ça crée un point, et on clique à l'autre bout de la ligne dans l'autre aperçu, et ça fait un point (normalement), donc on a une ligne. Les points sont repérés par un numéro dans chacun des aperçus et dans la liste des points en-dessous, avec ses coordonnées, son alignement et une distance :

  • les coordonnées, ça se passe de commentaire ;
  • pour l'alignement, on a le choix entre normal, ligne horizontale et ligne verticale. Ici, on ne se sert pas de normal, par contre si on se trompe entre vertical et horizontal, ça ne va pas marcher ;
  • la distance, on ne s'en occupe pas pour l'instant.
Il faut aussi se méfier des trois cases à cocher en bas à droite : ça sert à trouver des

  • ajustement précis automatique, /!\ attention /!\ ça cherche des similarités entre les points sur les deux aperçus et ça déplace quand ça juge nécessaire un des points (du coup, ça peut tout faire foirer assez facilement) ;
  • ajout automatique, ajoute automatiquement le point, sans laisser le temps de l'ajuster a priori (on peut toujours le faire après) ;
  • estimation automatique, on n'en fiche, ça ne marche pas (ça retrouve le point similaire sur la seconde photo quant on lui donne un point sur la première, mais comme on n'en a qu'une…)
Et si on me demande comment je mettrais les contrôles, je les mettrai plus ou moins comme ça :
Emplacement des contrôles.
Cas cauchemardesque.
Dans le principe, j'essaye de m'attacher à ce que je sais être vertical ou horizontal (assises de maçonnerie, bandeaux, corniche, angles, redents…) et je me méfie de ce que je sais ne pas l'être (sol, gouttières, colonnes galbées…). Et je vérifie que ça correspond (il y a des cas où on n'a pas de référence fiable, voir ci-contre) sur la photo.
Ici, je me méfie en particulier des angles du bâtiment, parce que visiblement mur change de nu au niveau du bandeau (l'étage est plus renfoncé de quelques centimètres que le rez-de-chaussée) et des zingueries du toit (le genre de truc qui peut se gondoler facilement).
Murs ventrus (pas verticaux)
les menuiseries sont verticales.

Il faut se méfier des murs, qui ne sont pas toujours verticaux (par construction ou par déformation). Par contre les fenêtres le sont plus souvent (sinon ça ne s'ouvre plus et on la remplace), a fortiori les fenêtres des parties privatives (allez vous mettre d'accord avec vos copropriétaires pour changer la fenêtre de deuxième étage de l'escalier de service).

C'est l'étape où il faut être attentif.

J'estime que vous avez eu le temps de mettre tous vos points pendant que je parlais, je passe à la suite.

Optimisation

Arrivés là, on a presque fini, le plus dur est derrière nous. Courage !

Tout de suite, on va régler la projection, pour éviter de se retrouver avec un machin tout déformé où les droites ne le sont pas.
On va dans l'onglet « Assemblage », juste pour changer la projection. C'est par défaut sur équirectangulaire, il faut mettre rectilinéaire (c'est la façon de dire des infographistes pouet-pouet et ignares pour la projection conique sur un plan telle qu'on la connaît depuis Brunelleschi en 1415 et qu'on appelle perspective conique, rien de neuf sous le soleil, mais c'est ça qu'on veut).
Ne lisez pas le paragraphe ci-dessus, faites comme ça.
 Ça, c'est fait.

Maintenant on va dans l'onglet « Optimisation ».
Là, normalement, il n'y a qu'à tout laisser tel quel et cliquer sur optimiser. Ça calcule un peu et ça demande si on est content. Si on a bon, les valeurs sont proches de zéro.
Résultat numérique de l'optimisation.

Répondre que oui.

Digression : Si vous avez des problèmes de barillet ou de coussinet, j'espère pour vous que vous avez lu la digression précédente et que vous l'avez appliquée. Ici, dans la liste de choix, choisissez « les positions et la distorsion en barillet (y, p, r, b) », ça devrait faire la blague.

Sortir le fichier de la machine

Bon, là, il n'y a plus moyen de se planter.
Tapez sur le bouton au-dessus des onglets qui ressemble à une colline verdoyante, et qui a « GL » écrit dessus, c'est l'aperçu rapide.
Cool, je vois rien sur l'aperçu !
Maintenant, onglet Projection, cliquer sur « remplir », normalement ça marche, je ne mets plus de capture d'écran.

Ensuite, si le noir qui est autour de votre photo vous gêne, allez dans l'onglet recadrage, essayez le recadrage automatique, modifiez si vous voulez (il y a 2 jours, j'avais préféré faire mon recadrage à la main).

Fermez la fenêtre d'aperçu, revenez dans l'onglet « Assemblage », faites vos petits réglages :
  • je tape sur Taille du canevas : … [calculer la taille optimale], ça fait que la taille (en pixels) du fichier de sortie est en rapport avec celle du fichier d'entrée ;
  • dans format, je demande un JPEG, et je mets la qualité à 97 (c'est la qualité du fichier d'entrée) ;
  • et je laisse tout le reste tel quel.
[Enregistrez et envoyez au traitement par lot], puis flèche verte.
Ou bien [Assemblez maintenant].
Résultat (je remets celui de la dernière fois).

Bonus

Je me suis planté, j'ai trop essayé d'optimiser dans tous les sens, je veux recommencer sans remettre les points un par un, comment je fais ?
Onglet « Images », sélectionner l'image dans la liste, et taper sur « valeurs par défaut ». Ça dés-optimise.

Et merci Erdrokan d'avoir essayé et de m'avoir montré comment ça pouvait foirer, j'ai essayé de tout couvrir, s'il y a des manques, on fera des patch.

jeudi 25 août 2011

Retouche photo I

J'étais le week-end dernier en Suisse, pour assister à la conf' GLAM organisée par WikimediaCH et (surtout peut-être) pour prendre l'apéro près du lac.

Au cours de la conférence, Erdrokan a exprimé ses angoisses de publier ses photos face à des « cadors de la photo », dans le cadre de « commandes » d'organismes partenaires des associations Wikimedia (il a repris son argumentaire sur le choix du cahos).
Qu'est-ce que tu veux faire face aux cadors de la photo ?
Après avoir passé pas mal de temps à faire de la catégorisation sur Wikimedia Commons, je me suis rendu compte que pas mal de photos sorties directement de l'appareil ne demanderaient pas un travail considérable pour avoir vraiment de la gueule et « faire sérieux ».

Une première note, déjà, c'est pas parce que j'ai le dernier reflex très cher que je fais de meilleures photos que toi, petit scarabée, qui n'as qu'un compact pourri. Bien sûr, dans certains cas particuliers il faut du matériel spécifique, mais le plus souvent on n'a pas besoin de se ruiner en matériel (voir ici), d'autant qu'une petite retouche avec des logiciels pas forcément ruineux peut récupérer pas mal de défauts du matériel.

Je vais donc essayer de montrer comment se faire passer pour un cador à moindre frais.
Prenons donc une photo (au hasard une photo d'Erdrokan) prise avec un compact.
Mairie de Souprosse dans le département des Landes, par User:Erdrokan (Travail personnel) [GFDL (www.gnu.org/copyleft/fdl.html) ou CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0 (www.creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons.
Redresser la perspective.
Première chose, je redresse la perspective avec hugin (on peut faire ça aussi avec GIMP, mais il y a le risque de perdre le rapport hauteur/largeur). Si vous cherchez à faire ça, le tutoriel (assez vieux et en anglais) est ici.

Ça prend 3 minutes.


Comme le bas du bâtiment est près du bord, je recadre un peu large (je garde des « trous » sur les bords, de façon à pouvoir « laisser respirer » le bâtiment et à ne pas me retrouver coincé par le recadrage automatique).

Recadrer.
Là, j'allume GIMP et je commence par recadrer pour enlever les trous.

30 secondes (en comptant le temps de lancement).

C'est à ça que ressemblera la photo retouchée.
Je vois encore deux petits réglages à faire (mais soyons honnêtes, c'est de la coquetterie) :
  • le soleil est un peu fort, ce qui fait que les ombres sont très marquées, on peut aussi les adoucir.
  • quand on le regarde à pleine résolution, le ciel est grenu (lire ce billet chez Jastrow, si vous ne savez pas d'où ça vient), il va falloir enlever ce bruit,
Histogramme
Pour les ombres, voyons l'histogramme des valeurs (c'est un graphique qui donne en abscisse les 256 valeurs du noir (à gauche) au blanc (à droite) et en ordonnée la quantité de pixels.
Déjà, on voit que le photo est plutôt bien exposée : ni sur-exposée (l'histogramme s'envolerait sur la droite) ni sous-exposée (il y aurait une grosse masse à gauche et quasi-rien à droite).

Le truc que je voudrais changer, c'est juste le dernier petit pic à gauche, qui est trop marqué et un peu loin du bord (un peu trop grisouille).
Je fais ça avec les courbes (documentation).
Réglage de la courbe des valeurs.

Ça prend 30 secondes, le temps de faire trois essais.

Pour l'instant, on en est là, au niveau de la photo (je mets en regard l'histogramme, parce que c'est avec ça qu'on contrôle en allant la qualité des retouches, voyez au passage qu'on a un pâté discontinu dans le sombre, ça fait ressortir le bruit) :
Après réglage de la courbe des valeurs.

Arrivé là, on se désespère en se disant qu'on a ajouté du bruit au bruit, qu'on ne s'entend plus et que ça ne ressemble à rien.
Il y a du bruit dans le ciel (échelle : 100 %)

Mais il existe des plugins pour GIMP qui permet de réduire le bruit (ça n'est pas inclus dans la distribution de base). Personnellement, j'utilise wavelet denoise (pour l'installer, il faut placer le fichier au bon endroit dans l'arborescence, avec les autres plugins), qui permet de traiter indépendamment le bruit de luminance (en argentique, on appelait ça le grain, et il vaut mieux le garder que d'avoir une photo floue) et le bruit de chrominance (jamais très agréable à regarder).

Une minute.

Après débruitage.
On note que les discontinuités à gauche de l'histogramme ont disparu.

Arrivé à ce niveau-là, on peut s'arrêter et mettre ça sur Wikimedia Commons.
Résultat
Je ne dis pas qu'on a fait la photo du siècle, mais
  • il n'y a pas de raison que les verticales ne le soient pas (sauf à vouloir faire une contre-plongée de malade, mais pour dire quoi ?), pour les horizontales c'est moins grave, mais tant qu'on y est, ça ne coûte rien ;
  • même si les réglages (histogramme et débruitage) ont perdu des données, ils ont rendu l'image plus agréable à l'œil, et c'est encore à l'œil qu'on juge une photo.
C'est le genre de traitements que je fais subir à mes photos avant de les partager sur Commons (parce que je ne vois pas l'intérêt d'avoir un objectif à décentrement qui corrige la perspective à la prise de vue et qui nécessite un trépied et un quart d'heure de réglages, quand je fais ça en 3 minutes et sans me faire mal au dos).

Si je fais les comptes,ça prend 5 minutes de post-traitement (avec un peu d'entraînement, mais l'entraînement vient en essayant).

Si ça vous intéresse, je peux continuer à faire des retouches ici, pour montrer à quel point c'est facile de devenir un cador.