lundi 17 août 2009

Wiktionnaire

Ça fait quelques mois que je passe à l'occasion sur le Wiktionnaire, comme je l'ai laissé entendre ici.
Un dictionnaire basé sur une copie systématique du dictionnaire de l'Académie française des années 1930 est forcément lacunaire dans les vocabulaires techniques. Bon, il reste du boulot de ce côté là, ouf !

Donc, à l'occasion, je crée une entrée, ou je précise une définition. Tout de suite, il faut séparer la forme et le fond : impossible d'en parler en même temps.

Donc sur le fond, sachant d'où vient le contenu, rien de surprenant : il manque des entrées, parfois des sens et quand ils sont traités, c'est pas toujours très exact et/ou très complet. Mais ce qui y est n'est pas faux comme ce que j'ai passé des heures et des heures à corriger sur Wikipédia il y a quelques années (avant de me décourager devant le monceau d'ébauches — litote — tellement parcellaires qu'elles en étaient carrément fausses ; il faut dire aussi que les choses ont été prises en main par quelqu'un sous IP qui a monté de toutes pièces le glossaire de l'architecture). Il y a du boulot, mais on ne fait pas une crise cardiaque à chaque fois qu'on passe à l'entrée suivante.

Sur la forme... J'ai envie de mettre un joker. C'est absolument infernal. C'est une rédaction à coups de modèles, intégralement (un projet optimisé pour l'édition par des robots). Pas le droit à la faute de frappe. Si on ne sait pas l'ensemble des modèles par cœur, on se perd dans des listes exhaustives. La méthode pour apprendre à contribuer sur ce projet-là, c'est un thème latin sans Gaffiot : avaler du vocabulaire, du vocabulaire, encore du vocabulaire, des déclinaisons (pour paramétrer les modèles), des conjugaisons (pour la phonétique) et la syntaxe, mais sans jamais faire la conversation. Cela dit, il y a le moment de jouissance intense des conjugaisons (au hasard, être), pour lequel il faut un bac+8 de Wiktionnaire pour comprendre le code (entre le modèle qui sort recta une page de Bécherelle et la phonétique, je lâche l'affaire).

Du point de vue du lecteur... Soyons franc, j'arrive pas (ou plus) à lire quoi que ce soit sur ce genre de projet sans être démangé du bouton modifier — cherchez pas, c'est moi qui ai rempli « coyau » en arrivant. Un peu difficile de prendre du recul. Bien sûr, ce que j'ai dit sur le fond plus haut est toujours vrai, c'est généraliste, les traductions sont vraiment pratiques.

Ce qui me fait bizarre, c'est de donner les orthographes classiques comme « Variantes orthographiques » de la réforme de 1990. Ce n'est peut-être qu'une maladresse des modèles, parce que la réciproque est aussi vraie : l'orthographe réformée est aussi « Variantes orthographiques » de l'orthographe classique.

Du point de vue de l'usage que j'en ai, j'ai aussi eu quelques surprises. Le plus souvent, j'arrive au Wiktionnaire en passant par une page d'homonymie de Wikipédia : pour les cas qui s'y prêtent, j'aime bien avoir un modèle {{Wiktionnaire}} pour ne pas avoir à copier une définition (et parce que pour la résolution d'homonymies WikipediaCleaner propose un lien vers le Wiktionnaire avec ce modèle). Bizarrement, l'entrée n'existe pas à tous les coups. Pour l'article de Wikipédia « Foune », j'ai dû créer l'entrée correspondante du Wiktionnaire — et la joie de voir une citation littéraire dans les 8 heures.

3 commentaires:

Pymouss a dit…

Moi je dis qu’un dictionnaire qui ne connaissait pas l'orthographe « bouctein » est un peu trop versé dans la modernité. Alors considérer la réforme de 1990 comme acceptable…

darkoneko a dit…

La foune et la flore ? :)

Coyau a dit…

@Pymouss: Bravo ! Grâce à toi, quand on cherche « bouctein » sur Google, ce blog arrive avant le Wiktionnaire.

@darkoneko: Sans doute :)

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