vendredi 21 janvier 2011

Ébauche


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Une ébauche comporte un bandeau d'ébauche.

vendredi 14 janvier 2011

Image de synthèse 101

Des fois, on part d'une idée généreuse, mais on sait déjà en la disant qu'on va droit dans le mur.

Je m'étais dit comme ça, et j'ai eu la mauvaise idée de le dire à quelques autres autour d'un verre, qu'on devrait pouvoir faire des animations en image de synthèse pour expliquer le fonctionnement de quelques machines simples (j'avais pensé quelques calculatrices mécaniques, en me disant que c'est moins compliqué qu'une locomotive à vapeur) afin d'illustrer les articles de Wikipédia. Idée généreuse.

Quand j'ai dit ça, tout le monde a été très content, et on a commandé la seconde tournée.

Seulement, voila. Pour faire ça, il faut commencer par modéliser la machine, puis lui mettre des jolies couleurs, puis faire un story-board (histoire que la vidéo soit compréhensible), puis faire l'animation, puis le rendu (avec toutes les lumières qui vont bien, etc.) puis monter le bazar (éventuellement avec de la musique, pour faire sérieux), et pourquoi pas ajouter des sous-titres pour que tout le monde puisse comprendre dans toutes les langues… et mettre ça sur Wikimedia Commons.

Et c'est là que ça part en sucette. Je ne maîtrise qu'un truc dans tout ça : mettre le produit fini sur Commons. Et le reste, ben ça représente le savoir-faire de 5 ou 6 professions. Cool.

Du coup, je me replonge dans Lao Tseu (ou était-ce Pif Gadget ?) : « Un long voyage commence toujours par un premier pas » et je vais faire un tour sur le site de Blender.
C'est bien fait : ils ont un logiciel (qui a l'avantage d'être gratuit, vive le Libre), des tutoriaux et une boutique de goodies (t-shirts, stickers, etc.)

Donc j'installe Blender et je regarde quelques heures de tutorial niveau noob sur l'interface (ça explique principalement comment zoomer).
Je lance le logiciel, et là je réalise que le chemin va être long, très long, avant d'arriver à la calculatrice mécanique la plus simple : avant que j'aie fait quoi que ce soit, il y a déjà plein de boutons partout et des champs avec tout un tas de valeurs mystérieuses. Intimidant.
Fort de mes tutoriaux, j'essaye de zoomer. Malheur ! Je retourne à mes tutoriaux, je ne sais plus très bien si c'est alt-shift-clic gauche, s'il faut taper 1 sur le pavé numérique, ou bien…

Bref, tout ça pour dire que ce qui ressemblait au début à une résolution de nouvel-an est en train de se transformer en objectif à long terme. Je vais commencer par essayer d'apprendre à me servir du logiciel, on reparlera d'animation plus tard, contentez-vous de rêver sur Sintel (sous CC-by), le dernier sorti des projets de la Blender Foundation, c'est ce qu'on peut faire avec Blender (quand on a compris comment zoomer) :

samedi 8 janvier 2011

Ma logique est choquée

En classant des sculptures de Wikipédia par matériau, je suis tombé sur ça. C'est petit, c'est inutile, ça a un bandeau d'ébauche, une moitié de tiers de quart de ligne de texte, un bandeau de portail et deux catégories. Le texte :
La Jeune Fille à la gerbe est une sculpture de Camille Claudel.

C'est contradictoire et ça choque ma logique. Non. C'est même plus compliqué que ça : ça choque mes logiques (je sais bien que ça ne veut rien dire, mais c'est vrai).

Du point de vue maniaque des wikipédistes, c'est bien blindé de tout le méta texte indispensable à une bonne encyclopédie qui se respecte et qui ne prend pas ses lecteurs pour des truffes (parce qu'il se trouve encore des gens pour parler comme ça).
Strictement, le texte est tout à fait superfétatoire. Tout le texte est déjà dans le déploiement de bidules circon-texte (celui qui parle de zircon, près du radiateur, sort immédiatement, l'autre qui fait le zigoto à mimer un chapeau chinois me donne son carnet de correspondance : mot aux parents), mais c'est fait à la perfection :
  • le titre, c'est le sujet, et c'est écrit en gros en haut à gauche,
  • juste en dessous c'est marqué dans une débauche textuelle obscène qu'il n'y a pas de texte dans l'article,
  • puis le bandeau de portail indique qu'on parle sculpture (l'attribut),
  • le complément de l'attribut, c'est la catégorie, qui est en partie redondante avec le bandeau de portail (mais enseigner c'est répéter, donc c'est bien), ce qui fait qu'on est sûr,
  • finalement, tout en bas, la flopée de disclaimers (nom du logiciel, licence, etc.) qui font complément circonstanciel (je découvre à l'occasion le « complément circonstanciel de prix », qui m'avait totalement échappé pendant mes études, merci Wikipédia, continuez comme ça), pour ne pas dire tapisserie.
Le texte fait un peu gras, dans l'affaire. Pourquoi ? Pourquoi s'être fatigué à mettre des mots quand on savait déjà tout sans les lire ?

Ma première logique est choquée.

Maintenant, regardons tout ça avec le recul des ans. Un noob n'aura jamais le vice de mettre tous ces machins autour d'une absence de texte, le noob mettra un texte. Peut-être bien, peut-être blindé de fautes, peut-être à côté de la plaque, mais il mettra un texte. C'est comme ça. Le noob a un besoin irrépressible de s'exprimer. Il ne se préoccupe pas de mise en forme, d'ailleurs il ne sait pas faire vu qu'il est noob d'une part et que la mise en forme a été fallacieusement inventée par des vieux cons d'autre part. C'est vrai.
Là, on a la mise en forme nickel chrome, mais on n'a pas le cri primal du noob (le soir au fond des bois), l'éructation approximative, le couinement velu du vieux con en devenir.
Ça veut dire que les vieux cons s'en sont donnés à cœur joie. Une sorte de soirée privée, du genre où on ne peut jamais entrer, avec une armoire à glaces à l'entrée : « C'est une soirée privée, m'sieur. Faut pas rester là. » Le titre de l'article est gras, c'est un titre d'œuvre donc il est penché, la capitalisation est irréprochable, tout bien parfait comme on dit qu'il faut faire dans le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale. C'est même tellement remarquable de perfection qu'il faudrait le citer en exemple, le montrer aux nouveaux :

Tu vois, petit, quand tu auras de la bouteille, tu feras des trucs comme ça. C'est ça, l'encyclopédie collaborative. Regarde l'historique, au début le noob a voulu répandre sa tripaille freudienne sur notre belle encyclopédie que nous on sait ce qu'il faut mettre dedans et pas lui, et puis le vrai travail encyclopédique a commencé. On s'y est mis à plusieurs, on a utilisé des robots, on a pris notre temps. On a viré son moche texte avec des mots, et on a mis des bandeaux à la place. Et ça, c'est vachement bien, petit. Crée un compte et toi aussi, tu pourras faire comme ça, dans 5 ou 6 ans.
Ouais.
Vachement bien.
…
Ben où tu vas petit ? T'en vas pas !

Ma seconde logique est choquée.

Alors que merde, virgule, putain ! C'est pas la mer à boire que de faire une rapide recherche et de trouver des trucs à dire sur le sujet !

jeudi 6 janvier 2011

Cuiller à moka

On me donne à lire cet excellent article à lire à l'instant.

C'est beau comme l'antique, élégant comme un lévrier afghan. Question café, c'est plus un allongé qu'un café serré, mais ce n'est pas désagréable pour autant (c'est une question d'heure et de région), on voit bien que la tasse était trop petite et que le café a débordé dans la soucoupe. Et tout y est.

Et il y a matière à écrire, dans la cuiller : quid de la cuiller en plastique, celle qui casse dès qu'on attaque le riz au lait ? ou la cuiller à café avec un trou dedans, pour qu'on ne la vole pas dans les bistros pour y faire cuire de l'héroïne ? la cuiller à entremet ?

Et la cuiller de caviar ?

mardi 21 décembre 2010

Comment faire caraméliser du café

Recette

Avoir un pot de café froid.

Non, commençons par le commencement. Procurez-vous une cafetière. Et une gazinière, tant qu'à faire, ça va servir. Faites livrer tout ça, ouvrez le carton, branchez. Allez chercher du café, fermez la porte, ouvrez la fenêtre, fermez la fenêtre, allumez la lumière. Allumez l'ordinateur.

Faites un grand pot de café, divisez-le en deux.

Allez lire planete en buvant la première moitié.

Revenez voir le pot de café à moitié vide (ou à moitié plein, dans tous les cas ne jamais garder le café dans une bouteille de Klein). On est donc maintenant dans la position initiale.

Mettre le reste du café dans une casserole, allumer dessous.

Revenir devant l'ordinateur, décliner anorak en polonais sur le wiktionnaire.

Revenir dans la cuisine, constater que ça pue et que ça fait un bruit vraiment bizarre. Allumer la lumière, ouvrir la fenêtre. Normalement on a un reste de café caramélisé dans le fond de la casserole.

S'il reste trop d'eau dans le café, c'est qu'on aurait pu essayer de conjuguer du grec ancien. S'il y a un trou dans la casserole, c'est peut-être qu'il faut essayer de l'allemand (il y a moins de cas qu'en polonais).

samedi 18 décembre 2010

Justin Bridou, et le foundraising de Wikimedia Foundation

Je n'avais pas l'intention d'en parler, parce que dans le fond, très loin, ça ne me passionne pas. Mais puisque c'est voila, alors voila (hein).

Ordoncques, je rentrais des 40 ans d'un copain sur le coup des plus de métro et quart (ou à peu près), et je m'aperçois en rentrant dans mes pénates (j'ai des pantoufles avec des poils roses très seyants tout autour des ripatons) que je dois impérativement aller faire une modification sur le wiktionnaire en malayâlam (que je n'invente pas pour l'occasion) tout de suite maintenant, sinon un dinosaure va me manger.

Quand je suis frappé par le bandeau de foundraising, en haut de la page. Ça se remarque comme un coup de pied au cul : ce n'est plus saint Jimbo le prude qui me réclame des sous en essayent de vendre des Rolex de troisième main, c'est une brune avec des cerises sur l'oreille et un t-shirt vert kaki avec des taches jaune caca d'oie et marron :
Grâce au travail de Lila et de milliers de bénévoles,
Wikipédia est toujours là quand vous en avez besoin.
Aujourd'hui, c'est Wikipédia qui a besoin de vous.
Faites un don.
Il semblerait (enfin, c'est ce qu'on m'a dit) que ladite Lila, avec ses cerises sur l'oreille aurait un compte quelque part sur Wikipedia, qu'elle aurait en tout et pour tout (tous projets confondus) fait 48 edits depuis juin 2008.
Pour sa défense, il faut quand même noter qu'elle est moins barbue que Jimbo.

Tout ça pour dire, monsieur Fernand, que le pastis perd chaque jour de l'adhérent.

Et aussi qu'on est passé à la phase Justin Bridou du foundraising : la phase où on s'invente une mascotte pour faire croire qu'il y a des gens derrière cette machine de guerre qui a réussi à évincer Quid, et Encarta (moi, je serais un ancien de ces deux boîtes, je me ferais du souci : ça voudrait dire que j'ai perdu mon boulot à cause de dilettantes qui font une édition toutes les trois semaines). Il ne s'agit à l'évidence pas d'un Giovanni Panzani, fondateur ressorti du placard où on l'avait caché et ré-italianisé pour concurrencer le sus-nommé Justin sur le marché du spot publicitaire alimentaire.

Donc le Justin Bridou de la Wikimedia Foundation s'appelle Lila.

Ils ont déjà eu le bon goût de ne pas mettre en avant la Wikipe-tan (quoiqu'on aurait un peu rigolé : WP représenté par une mascotte lolicon).

Et tant qu'on parle de ça, donnez des sous.

mardi 14 décembre 2010

GLAMWIKI, retour d'expérience

Quand on va à un raout comme ça, le moins qu'on puisse faire c'est un retour d'expérience.

Personnellement, je ne suis pas GLAM-GLAM, ni GLAM-pro, ni je ne sais quoi (éventuellement pro-GLAM, si tant est que ça veuille dire quelque chose).
Je trouve chouette que la culture soit librement à disposition, qu'on puisse se renseigner sur ceci ou cela sans avoir à sortir de chez soi (je suis assez cavernicole, à titre personnel), qu'on ait accès aux grandes considérations générales et à des points particulier (on peut parler de l'histoire de l'art en général ou d'un tableau en particulier, les deux sont importants).
Je suis donc également content quand je vois que Deutsches Bundesarchiv ou le studio Harcourt trouvent l'intérêt et le temps de charger des photos sur Commons.

Cela dit, sur l'organisation des Rencontres Wikimédia 2010, je suis d'accord avec ce que dit guillom ici, je ne vais pas répéter.

Je me suis gratté la tête quelques jours pour trouver quelque chose d'autre à en dire, qui me tienne à cœur. Voici quelques notes :

Usage commercial vs. usage non commercial

La doctrine actuelle de l'administration centrale en matière de libération de données se résume à :
On veut bien ouvrir nos données, mais seulement pour les usages non commerciaux.
À chaque fois qu'elle a été exprimé, la réponse est venue de la salle, en anglais et sans concessions (comme quoi la barrière de la langue peut avoir l'avantage de la franchise). Je cite de mémoire.
  • Le vendredi, c'est Gerard Meijssen qui a demandé de façon assez abrupte comment il se faisait qu'on vienne tenir un tel discours à des rencontres organisées par Wikimédia.
  • Le lendemain, c'est Erik Moeller qui a fait un rappel net sur la nécessité d'autoriser les usages commerciaux et le côté illusoire de la distinction.
Une manière de dire « Oh, les mecs ! redescendez sur terre ! vous êtes ridiculement français, il y a un monde, dehors, qui ne vous attendra pas. »

Bons moments

La « table ronde » juridique Wikipédia, Wikimédia et les licences libres était remarquablement intelligible. J'ai peut-être de mauvaises expériences en la matière, mais pour un domaine où il est tellement facile de se répandre en jargon et en numéros d'articles de codes divers, les intervenants ont fait un remarquable travail de synthèse et de vulgarisation.

J'ai aussi apprécié le résumé de la chronologie des différentes démarches auprès des institutions qui ont abouti ou non, qu'à fait David Monniaux. C'est le genre de rappels utiles à faire de temps en temps pour les communautés Wikimedia, qui ne fonctionnent pas sur le même rythme.
Inversement, on devrait aussi pouvoir expliquer aux interlocuteurs institutionnels le rythme des projets (ce qu'a esquissé Benoît Evellin à propos du projet monuments historiques (slides), sans que ce soit vraiment le but de sa présentation). Quand on arrive à enthousiasmer sur un sujet une poignée de contributeurs, ils peuvent abattre un boulot considérable. J'espère qu'on ne m'a pas attendu pour ça, d'ailleurs.

Et je ne pouvais pas finir autrement que par la question qui a laissé tout le monde sur le flanc :
Et si tous les câbles fondent, est-ce qu'on a pensé à avoir Wikipédia par satellite ?
Et la réponse de Liam Wyatt :
Wikipédia n'est pas une encyclopédie sur internet, c'est un moyen de partager de la connaissance, donc si les câbles fondent, on enverra des pigeons voyageurs.