En retombant sur IWDRM (tumblr dont j'ai renoncé à comprendre le titre, mais sur lequel je tombe tout à fait par hasard avec la précision d'un métronome tous les trois mois), [là, on va dire que j'ai une chute à ma phrase, vous allez être gentils. C'est d'autant plus con que ça partait bien, mais pour la seconde moitié, je sèche complètement. Tant pis.]
Bref, toujours est-il [parce qu'on ne va pas se laisser démonter par un raté au démarrage comme ça] que ça s'appelle (selon des gens mieux informés que moi) cinemagraph en anglais et en italique dans le texte. Un truc prétendument inventé pour vendre des robes très chères, toujours selon les gens informés. Personnellement, j'ai comme le sentiment que la technique a juste été re-pompée, bien re-packagée et déposée, mais je ne suis pas tellement bien informé, c'est juste un sentiment. C'est donc un GIF animé bien fichu avec un ™.
Mais avec un peut de travail, ça peut être poétique, amusant ou carrément flippant.
Côté Wikipédia, il y avait un article en roumain. Donc j'ai traduit l'article anglais en français. Sans ouvrir la version en castillan. [Je ne cherche même plus de logique, je fais juste du link-dropping, comme ça, vous avez un aperçu des interwikis. Faites comme si ça vous intéressait.]
Le truc cool, c'est qu'il y a une catégorie sur Commons, avec cinq fichiers dedans, d'intérêt variable.
Le plus fort, c'est que MediaWiki n'est toujours pas fichu de redimensionner un GIF et de l'animer. C'est vraiment bravo, après plus de 10 ans, voila.
Tout ça pour dire qu'il doit y avoir moyen de moyenner pour trouver une utilité à ce truc-là, et d'illustrer des articles avec ce genre de chose. [Vague impression d'essayer en vain de ré-inventer l'eau tiède.]
Donc bref, vous avez un appareil photo qui filme un peu (ou un téléphone), expérimentez, amusez-vous, faites-vous plaisir. Le modèle en papier est voué à la faillite, essayez de passer à autre chose. [Du coup, je suis affligé en lisant [[photographie numérique]] de constater que la seule finalité du truc pour les rédacteurs, c'est l'impression papier. Mais c'est une autre histoire. Ou pas.]
Affichage des articles dont le libellé est trucage photo. Afficher tous les articles
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vendredi 16 mars 2012
lundi 6 juin 2011
Stéréoscopie, GIMP, Hugin… How-to
La stéréoscopie me travaille depuis un certain temps, je crois que j'en ai déjà un peu parlé ici (1, 2, 3). Entendons-nous bien, j'ai tout à fait conscience de l'aspect gadget de la chose (a fortiori pour les borgnes), mais ça ne m'empêche pas de trouver ça amusant (la stéréoscopie, pas les borgnes).
Jusqu'à présent, quand je faisais ça, je faisais le montage avec GIMP (ça marche aussi avec photoshop), de la façon la plus simple possible :
Je viens de découvrir que hugin peut aider à caler précisément les photos, pour que les sujets soient à la même hauteur, et qu'ils aient le même aplomb.
J'utilise la dernière version (2011.0.0), qui est sortie il y a quelques jours, mais ça doit marcher avec les versions précédentes.
Et tant qu'on en est aux avertissements divers, j'ai utilisé deux miennes photos qui commencent à dater un peu, mais qui ont l'avantage d'être sur Wikimedia Commons (ici et là), vous pouvez donc faire la manœuvre avec moi si ça vous amuse.
Voila comment ça se passe :
On lance hugin, ça affiche cet assistant :

Pour charger les images, cliquer sur Charger les images…
En général, ça se passe bien, toutefois il se peut qu'hugin se pose des questions existentielles sur le « champ de vision » et la nature de l'objectif s'il ne trouve pas ce qu'il aime dans les métadonnées EXIF, auquel cas il faut juste lui dire de lâcher l'affaire, ce n'est pas vital pour ce qu'on a à faire là (cliquez abandonner).
Ensuite, il faut calculer les point de correspondance entre les deux images, de façon à savoir quoi et comment aligner. Rendez-vous dans l'onglet Images.

Là, il faut appuyer sur Créer des points de contrôle (tous les champs, réglages, choix, etc. restent avec leurs réglages d'usine). Ça calcule un peu (selon les performances de votre machine), en affichant un rapport d'activité incompréhensible. Laisser faire.
Si ça a marché, ça envoie un message de félicitations :

Dites que vous êtes contents en cliquant OK.
Maintenant, il faut bricoler les images. On va dans l'onglet Optimisation.

Et on choisit, dans la liste de choix de Optimisation rapide la ligne qui dit Optimiser les positions et la translation. Cliquer sur Optimiser.
Il est temps de regarder ce qu'on a fait. Rendez-vous dans la fenêtre d'aperçu rapide. On y accède en cliquant sur l'icône (dans la barre d'outils, entre la barre de menus et les onglets) qui ressemble à une colline verdoyante, et qui a « GL » écrit dessus.
Là, je me rends compte que les réglages par défaut ne me conviennent pas, il faut tout changer. Déjà, la photo qui était rectangulaire au départ est carrément trapézoïdale sur le point d'éclore, et puis elle n'est pas au milieu (ça m'énerve).
Direction d'onglet Projection.

Là, je change la projection pour rectilinéaire (c'est la façon de dire des infographistes pouet-pouet et ignares pour la projection conique sur un plan telle qu'on la connaît depuis Brunelleschi en 1415 et qu'on appelle perspective conique, rien de neuf sous le soleil).
Si vous êtes intéressés par les projections cartographiques, vous pouvez potasser vos manuels de géographie du collège et cette catégorie sur Wikipédia.
Si votre merveilleuse photo est devenue un point microscopique dans la fenêtre, cliquez sur Remplir, ça vire le vide qui ne sert à rien.
Si vous voulez vous débarrasser de la grille arc-en-ciel qui est par-dessus votre photo, décochez le Grid en haut du panneau de gauche qui s'appelle Overview (c'est tout nouveau, et ce n'est visiblement pas encore traduit en français).
Tant qu'on en est là, pour gagner de la place, virez le panneau de gauche qui ne fait que prendre de la place en tapant sur Show/Hide (si vous en avez besoin par la suite, vous savez où c'est : c'est accessible depuis tous les onglets de la fenêtre d'aperçu rapide).
Maintenant, il faudrait gérer le point de fuite, de manière à ce que les verticales le soient, que l'horizon soit horizontal, etc.
Ça se passe dans l'onglet Déplacer/Glisser.

Là, on déplace les photos à la souris :
Pour cette étape, on sera content d'avoir un grand écran (pour voir ce qu'on fait), en effet, il est impossible de zoomer dans l'aperçu.
Il faut maintenant virer les bords noirs.
Là, on a besoin (si tant est qu'on fasse un truc vital) de savoir jusqu'où vont les photos, pour pouvoir virer tout le vide sur chacune des images. Donc j'ai fait un atroce gif animé (je sais, il faut pas) pour montrer comment en passant la souris sur les numéros dans la palette intitulée « Images affichées », ça encadre en rouge qui se voit de loin la photo (et bien sûr, je n'arrive pas à afficher l'animation, donc si vous voulez voir de quoi il retourne, cliquez sur l'image ci-dessous).

Et si on clique sur le numéro, ça éteint ou allume l'image. Et ça marche dans tous les onglets de la fenêtre d'aperçu rapide.
Pour recadrer, on passe dans l'onglet Recadrer, et on n'affiche que la plus petite des images…

Et on tape sur Recadrage automatique. Normalement c'est bien, on peut toujours le faire à la souris sur la photo (essayez).
S'il n'y a pas clairement une photo plus petite que l'autre, il faut vérifier pour chaque photo qu'il n'y a pas de vide dans le recadrage.
Quand on a fini, on ferme la fenêtre.
Et on passe dans l'onglet Assemblage de la fenêtre principale.

Et il y a plein de trucs à régler :
Puisque j'en suis là, dernière capture d'écran, pour info :

La fenêtre des traitements par lots.
Et ça fait quoi, tout ça ?
Ça fait deux TIFF de même taille, qu'il faut assembler avec la méthode expliquée tout en haut de ce billet.
Après quoi, ça ressemble à ça :

… Ou pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué
Avec ces photos, le détour par hugin n'est pas nécessaire, ça marche très bien sans : il y a des cas où l'utilité est plus flagrante, mais comme je trouve ça fun, les tutoriels, j'en fais des bien superfétatoires.
Jusqu'à présent, quand je faisais ça, je faisais le montage avec GIMP (ça marche aussi avec photoshop), de la façon la plus simple possible :
- ouvrir la première photo,
- ouvrir la seconde en tant que calque (fichier > ouvrir en tant que calque),
- déplacer la photo du dessus vers la droite ou vers la gauche,
- mettre les deux photos dans le canevas [les bords du fichier] (image > ajuster le canevas aux calques),
- recadrer, s'il y a besoin,
- caler verticalement les deux images, s'il y a lieu,
- enregistrer.
Je viens de découvrir que hugin peut aider à caler précisément les photos, pour que les sujets soient à la même hauteur, et qu'ils aient le même aplomb.
J'utilise la dernière version (2011.0.0), qui est sortie il y a quelques jours, mais ça doit marcher avec les versions précédentes.
Et tant qu'on en est aux avertissements divers, j'ai utilisé deux miennes photos qui commencent à dater un peu, mais qui ont l'avantage d'être sur Wikimedia Commons (ici et là), vous pouvez donc faire la manœuvre avec moi si ça vous amuse.
Voila comment ça se passe :
On lance hugin, ça affiche cet assistant :

Pour charger les images, cliquer sur Charger les images…
En général, ça se passe bien, toutefois il se peut qu'hugin se pose des questions existentielles sur le « champ de vision » et la nature de l'objectif s'il ne trouve pas ce qu'il aime dans les métadonnées EXIF, auquel cas il faut juste lui dire de lâcher l'affaire, ce n'est pas vital pour ce qu'on a à faire là (cliquez abandonner).
Ensuite, il faut calculer les point de correspondance entre les deux images, de façon à savoir quoi et comment aligner. Rendez-vous dans l'onglet Images.

Là, il faut appuyer sur Créer des points de contrôle (tous les champs, réglages, choix, etc. restent avec leurs réglages d'usine). Ça calcule un peu (selon les performances de votre machine), en affichant un rapport d'activité incompréhensible. Laisser faire.
Si ça a marché, ça envoie un message de félicitations :

Dites que vous êtes contents en cliquant OK.
Maintenant, il faut bricoler les images. On va dans l'onglet Optimisation.

Et on choisit, dans la liste de choix de Optimisation rapide la ligne qui dit Optimiser les positions et la translation. Cliquer sur Optimiser.
Il est temps de regarder ce qu'on a fait. Rendez-vous dans la fenêtre d'aperçu rapide. On y accède en cliquant sur l'icône (dans la barre d'outils, entre la barre de menus et les onglets) qui ressemble à une colline verdoyante, et qui a « GL » écrit dessus.
Là, je me rends compte que les réglages par défaut ne me conviennent pas, il faut tout changer. Déjà, la photo qui était rectangulaire au départ est carrément trapézoïdale sur le point d'éclore, et puis elle n'est pas au milieu (ça m'énerve).
Direction d'onglet Projection.

Là, je change la projection pour rectilinéaire (c'est la façon de dire des infographistes pouet-pouet et ignares pour la projection conique sur un plan telle qu'on la connaît depuis Brunelleschi en 1415 et qu'on appelle perspective conique, rien de neuf sous le soleil).
Si vous êtes intéressés par les projections cartographiques, vous pouvez potasser vos manuels de géographie du collège et cette catégorie sur Wikipédia.
Si votre merveilleuse photo est devenue un point microscopique dans la fenêtre, cliquez sur Remplir, ça vire le vide qui ne sert à rien.
Si vous voulez vous débarrasser de la grille arc-en-ciel qui est par-dessus votre photo, décochez le Grid en haut du panneau de gauche qui s'appelle Overview (c'est tout nouveau, et ce n'est visiblement pas encore traduit en français).
Tant qu'on en est là, pour gagner de la place, virez le panneau de gauche qui ne fait que prendre de la place en tapant sur Show/Hide (si vous en avez besoin par la suite, vous savez où c'est : c'est accessible depuis tous les onglets de la fenêtre d'aperçu rapide).
Maintenant, il faudrait gérer le point de fuite, de manière à ce que les verticales le soient, que l'horizon soit horizontal, etc.
Ça se passe dans l'onglet Déplacer/Glisser.

Là, on déplace les photos à la souris :
- clic gauche + drag = translation libre,
- [Maj] + clic gauche + drag = translation horizontale ou verticale,
- clic droit + drag = rotation.
Pour cette étape, on sera content d'avoir un grand écran (pour voir ce qu'on fait), en effet, il est impossible de zoomer dans l'aperçu.
Il faut maintenant virer les bords noirs.
Là, on a besoin (si tant est qu'on fasse un truc vital) de savoir jusqu'où vont les photos, pour pouvoir virer tout le vide sur chacune des images. Donc j'ai fait un atroce gif animé (je sais, il faut pas) pour montrer comment en passant la souris sur les numéros dans la palette intitulée « Images affichées », ça encadre en rouge qui se voit de loin la photo (et bien sûr, je n'arrive pas à afficher l'animation, donc si vous voulez voir de quoi il retourne, cliquez sur l'image ci-dessous).

Et si on clique sur le numéro, ça éteint ou allume l'image. Et ça marche dans tous les onglets de la fenêtre d'aperçu rapide.
Pour recadrer, on passe dans l'onglet Recadrer, et on n'affiche que la plus petite des images…

Et on tape sur Recadrage automatique. Normalement c'est bien, on peut toujours le faire à la souris sur la photo (essayez).
S'il n'y a pas clairement une photo plus petite que l'autre, il faut vérifier pour chaque photo qu'il n'y a pas de vide dans le recadrage.
Quand on a fini, on ferme la fenêtre.
Et on passe dans l'onglet Assemblage de la fenêtre principale.

Et il y a plein de trucs à régler :
- cliquer sur calculer la taille optimale, ça calcule la taille optimale des images de sortie (ça dépend de la taille des photos qu'on utilise), si on veut régler ça au clavier, n'utiliser que la champs largeur, qui calcule le champs hauteur (le contraire ne marche pas),
- décocher les sorties de panorama,
- cocher panorama à faible dynamique,
Puisque j'en suis là, dernière capture d'écran, pour info :

La fenêtre des traitements par lots.
Et ça fait quoi, tout ça ?
Ça fait deux TIFF de même taille, qu'il faut assembler avec la méthode expliquée tout en haut de ce billet.
Après quoi, ça ressemble à ça :

… Ou pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué
Avec ces photos, le détour par hugin n'est pas nécessaire, ça marche très bien sans : il y a des cas où l'utilité est plus flagrante, mais comme je trouve ça fun, les tutoriels, j'en fais des bien superfétatoires.
mardi 3 mai 2011
Panorama
Le 19 avril, je suis allé faire faire une promenade de santé à mon appareil photo du côté de Versailles. C'était parti pour être un photo-shoot rapide de 4 ou 5 trucs, mais en une demi-journée c'est devenu un voyage de groupe avec un programme chargé. J'avais bien fait d'investir dans une carte mémoire qui tient un peu plus de 12 photos. Ou pas (ça prend du temps en post-traitement).
Toujours est-il que voila, bon. Matinée dans le château, et après-midi dans le jardin. Retour sur les rotules.
Sur place, j'ai essayé de faire en fonction des capacités de mon matériel : pour les photos d'intérieur, mon boîtier commence à faire son âge (il faut faire du yoga pour arriver à faire une photo nette, et encore, ça ne marche pas à tous les coups), par contre pour l'extérieur heureusement que j'avais pensé aux lunettes de soleil (c'est quand même important d'y voir quand on prend une photo, c'est bête mais j'étais bien content).
Du coup, je me suis dit, plein d'entrain, puisque c'est le début de l'après-midi, tu vas faire une photo utile : mets l'ensemble du parterre de Latone dans ta photo. C'est bien de faire une photo générale, histoire de montrer dans l'article de Wikipédia de quoi on parle (la photo spéciale infobox), et puis de faire des photos de détail des autres trucs qui accrochent l'œil où dont on sait qu'on va pouvoir dire quelque chose.
Je me suis donc mis bien dans l'axe, là où tout le monde prenait sa photo-souvenir, j'ai pris mon appareil, j'ai regardé dedans :

Premier constat, la photo ne touche pas les bords du parterre.
Second constat, il y a plus de touristes que de ce que je voulais mettre dans la photo. Et ça ne sert à rien de s'énerver : ils n'en ont rien à fiche, que je prenne des photos pour Wikimedia Commons, rien ! Et ça ne sert à rien de leur demander de se pousser, ils ne comprennent rien à ce que je dis. Pour finir d'être réaliste, ça ne sert à rien d'attendre non plus : quand celui-ci s'en va, il en arrive une demi-douzaine d'autres. Ça se promène par grappes, ça ne décolle pas tant que tout le monde n'est pas sur la photo…
Il faut ruser.
Pour les côtés, je prends une photo à droite, une à gauche en pivotant sur moi-même (en théorie il y a un point qui ne doit pas bouger quelque part dans l'objectif si on veut que ça se recolle nickel, le mieux est de faire ça avec un pied et une rotule spéciale qui tourne au bon endroit, mais il faut savoir faire avec les moyens du bord). Il y a des touristes, sur les côtés. Tant pis, il y a des touristes dans le parc, c'est aussi une réalité de la chose : c'est ouvert au public (il n'y a pas que Louis XIV à Versailles).
Le type devant moi, avec ses lunettes sur le front, lui, là, j'en veux pas sur ma photo. La fille à côté qui fait des sourires pendant 15 minutes au type qui prend la photo de l'autre côté, non plus. C'est pas eux que je suis venu prendre en photo, c'est juste le truc qui est derrière eux et leur père, il est pas vitrier.
Je prends l'air de mauvaise humeur, genre qu'il faut pas mettre en colère (je ne sais pas si mon jeu de sourcil très étudié passe la rampe des lunettes noires), j'attends qu'ils bougent un tout petit peu, je reprends une photo. Et je recommence plusieurs fois.

Puis je vais faire des photos d'autre chose un peu plus loin.
Rentré à la maison, je regarde mes photos de touristes. Atroces. Je sors Hugin en me disant qu'il y a moyen de moyenner.
Je mets la série de photos dedans, je lance le bidule automatique.

Il y a du bon et du moins bon : le bon, c'est que ça raccorde à peu près (je mets un petit aperçu, vous ne pouvez pas voir où ça cloche) ; le moins bon, c'est qu'il y a toujours mes fichus touristes. Ils sont restés là.
Il va falloir les masquer un par un (avec leurs ombres), photo par photo, en espérant qu'il y aura une photo avec un peu de fond pour ne pas faire de trous. Heureusement pour moi, Hugin sait faire. Malheureusement pour moi, je m'embarque dans des trucs trop compliqués, je plante la machine à moitié, je m'énerve, je repars de zéro…
Je voulais juste virer les gens devant, et peut-être ceux qui sont derrière la statue (histoire qu'on voie la statue et pas un bariolage de t-shirts de toutes les couleurs avec un bout de statue).

Qui a dit qu'il n'y avait pas de fantômes à Versailles ?
Finalement, j'arrive à ça :

On n'y est pas encore, il y a des trous, quelques faux-raccords, j'ai abandonné l'idée de virer les gens derrière la statue avec cette méthode parce que ça fait un trou à la place de la statue et c'est pas ce que je veux (cliquez sur la photo pour voir plus de détails).
Je récupère les photos déformées (celles avec les fantômes), je les recale à la main sur le fond dans GIMP, je découpe les côtés de la statue sans touristes. C'est un peu fastidieux mais je vois ce que je fais.
Pour les trous, je clone un peu, en m'efforçant que ça ne saute pas aux yeux, pareil pour les faux-raccords.
Je recarde un chouïa pour que ce soit bien symétrique et j'améliore un peu les niveaux pour donner un peu de peps à la photo.
Il ne reste plus qu'à charger ça sur Commons.

Une journée de travail.

Pour la peine, je l'ai faite labialiser image de valeur, parce que c'est ce qu'on a actuellement de plus représentatif du parterre de Latone dans son ensemble (et que ça flatte mon ego).
Puis j'ai collé ma photo un peu au hasard sur Wikipedia en polonais et en vietnamien, parce que je ne comprends pas ces langues et que s'ils ne sont pas contents ils peuvent m'enguirlander tant qu'ils veulent (d'un autre côté, ils peuvent aussi être contents, ça peut arriver).
Toujours est-il que voila, bon. Matinée dans le château, et après-midi dans le jardin. Retour sur les rotules.
Sur place, j'ai essayé de faire en fonction des capacités de mon matériel : pour les photos d'intérieur, mon boîtier commence à faire son âge (il faut faire du yoga pour arriver à faire une photo nette, et encore, ça ne marche pas à tous les coups), par contre pour l'extérieur heureusement que j'avais pensé aux lunettes de soleil (c'est quand même important d'y voir quand on prend une photo, c'est bête mais j'étais bien content).
Du coup, je me suis dit, plein d'entrain, puisque c'est le début de l'après-midi, tu vas faire une photo utile : mets l'ensemble du parterre de Latone dans ta photo. C'est bien de faire une photo générale, histoire de montrer dans l'article de Wikipédia de quoi on parle (la photo spéciale infobox), et puis de faire des photos de détail des autres trucs qui accrochent l'œil où dont on sait qu'on va pouvoir dire quelque chose.
Je me suis donc mis bien dans l'axe, là où tout le monde prenait sa photo-souvenir, j'ai pris mon appareil, j'ai regardé dedans :

Premier constat, la photo ne touche pas les bords du parterre.
Second constat, il y a plus de touristes que de ce que je voulais mettre dans la photo. Et ça ne sert à rien de s'énerver : ils n'en ont rien à fiche, que je prenne des photos pour Wikimedia Commons, rien ! Et ça ne sert à rien de leur demander de se pousser, ils ne comprennent rien à ce que je dis. Pour finir d'être réaliste, ça ne sert à rien d'attendre non plus : quand celui-ci s'en va, il en arrive une demi-douzaine d'autres. Ça se promène par grappes, ça ne décolle pas tant que tout le monde n'est pas sur la photo…
Il faut ruser.
Pour les côtés, je prends une photo à droite, une à gauche en pivotant sur moi-même (en théorie il y a un point qui ne doit pas bouger quelque part dans l'objectif si on veut que ça se recolle nickel, le mieux est de faire ça avec un pied et une rotule spéciale qui tourne au bon endroit, mais il faut savoir faire avec les moyens du bord). Il y a des touristes, sur les côtés. Tant pis, il y a des touristes dans le parc, c'est aussi une réalité de la chose : c'est ouvert au public (il n'y a pas que Louis XIV à Versailles).
Le type devant moi, avec ses lunettes sur le front, lui, là, j'en veux pas sur ma photo. La fille à côté qui fait des sourires pendant 15 minutes au type qui prend la photo de l'autre côté, non plus. C'est pas eux que je suis venu prendre en photo, c'est juste le truc qui est derrière eux et leur père, il est pas vitrier.
Je prends l'air de mauvaise humeur, genre qu'il faut pas mettre en colère (je ne sais pas si mon jeu de sourcil très étudié passe la rampe des lunettes noires), j'attends qu'ils bougent un tout petit peu, je reprends une photo. Et je recommence plusieurs fois.

Puis je vais faire des photos d'autre chose un peu plus loin.
Rentré à la maison, je regarde mes photos de touristes. Atroces. Je sors Hugin en me disant qu'il y a moyen de moyenner.
Je mets la série de photos dedans, je lance le bidule automatique.

Il y a du bon et du moins bon : le bon, c'est que ça raccorde à peu près (je mets un petit aperçu, vous ne pouvez pas voir où ça cloche) ; le moins bon, c'est qu'il y a toujours mes fichus touristes. Ils sont restés là.
Il va falloir les masquer un par un (avec leurs ombres), photo par photo, en espérant qu'il y aura une photo avec un peu de fond pour ne pas faire de trous. Heureusement pour moi, Hugin sait faire. Malheureusement pour moi, je m'embarque dans des trucs trop compliqués, je plante la machine à moitié, je m'énerve, je repars de zéro…
Je voulais juste virer les gens devant, et peut-être ceux qui sont derrière la statue (histoire qu'on voie la statue et pas un bariolage de t-shirts de toutes les couleurs avec un bout de statue).

Qui a dit qu'il n'y avait pas de fantômes à Versailles ?
Finalement, j'arrive à ça :

On n'y est pas encore, il y a des trous, quelques faux-raccords, j'ai abandonné l'idée de virer les gens derrière la statue avec cette méthode parce que ça fait un trou à la place de la statue et c'est pas ce que je veux (cliquez sur la photo pour voir plus de détails).
Je récupère les photos déformées (celles avec les fantômes), je les recale à la main sur le fond dans GIMP, je découpe les côtés de la statue sans touristes. C'est un peu fastidieux mais je vois ce que je fais.
Pour les trous, je clone un peu, en m'efforçant que ça ne saute pas aux yeux, pareil pour les faux-raccords.
Je recarde un chouïa pour que ce soit bien symétrique et j'améliore un peu les niveaux pour donner un peu de peps à la photo.
Il ne reste plus qu'à charger ça sur Commons.
Une journée de travail.
Pour la peine, je l'ai faite labialiser image de valeur, parce que c'est ce qu'on a actuellement de plus représentatif du parterre de Latone dans son ensemble (et que ça flatte mon ego).
Puis j'ai collé ma photo un peu au hasard sur Wikipedia en polonais et en vietnamien, parce que je ne comprends pas ces langues et que s'ils ne sont pas contents ils peuvent m'enguirlander tant qu'ils veulent (d'un autre côté, ils peuvent aussi être contents, ça peut arriver).
lundi 8 mars 2010
Statut des photos
J'en avais parlé il y a quelques mois, avec une approche un peu polémique (ici), du problème est photos truquées qui consiste à savoir si une photo est un document ou une illustration.
Je retombe sur ce débat ici, tout à fait d'actualité (pour ceux qui ont la flemme d'aller voir, le le jury du World Press Photo a disqualifié le lauréat du 3e prix de la photographie sportive pour une histoire de retouche un peu surréaliste : la décision ne s'appuie pas sur le recadrage drastique, ni sur les bricolages pour la faire ressembler aux photos de presse de la guerre du Vietnam, mais sur l'effacement d'un petit schtouille flou). Il est question de grands mots : éthique professionnelle, Vérité, etc.
Je ne vais pas me placer sur ce plan (je ne suis pas photo-journaliste et ce n'est pas à moi de fixer ici les règles du métier), je vais plutôt essayer de faire le tour des usages possibles d'une photo.
Celle-là a pour but d'encombrer votre table de salon. Ça se vend bien, on en fait même des livres entiers (livres de photos de villas au soleil avec une piscine bleue, à chaque fois que je rentre dans un librairie, je cours vers ce rayon, c'est ahurissant le nombre qu'il y en a, et le texte se résume au numéro d'ISBN, et au prix sur la quatrième de couverture).
C'est aussi la photo qui est sur la fiche cuisine ELLE. C'est la photo qu'on colle sur une couverture de bouquin, pour faire vendre. Je suis sévère.
Dans certains cas, d'ailleurs, on lui préfère carrément le dessin. Je pense aux livres de champignons, ou une information sélectionnée à bon escient et représentée systématiquement est préférable à des photos où on risque d'être distrait par un détail ou par une particularité du spécimen (ou gare à l'omelette).
C'est un peu comme ça qu'on envisage les photos sur Wikipédia (on va même jusqu'à considérer que ça aère les textes illisibles).
Par exemple, la photo scientifique (on fait une photo, puis on exploite : on y fait des observations, on en tire des conclusions, etc.) Essayez de de faire un caryotype après avoir rendu votre photo de cellule jolie (ce côté-là était pas très joli, alors j'ai repris une photo d'hier que j'ai collé un peu sur le côté en étirant bien le tout pour que ça ne se voie pas, puis il me manquait un petit chromosome, donc j'en ai fait un à la tablette graphique de l'autre côté). C'est comme ça qu'on se retrouve avec des poulets pour supermarché (les paquets de 8 cuisses sans ailes).

On pense peut-être moins à cet usage de la photo, et pourtant ça se vend aussi, mais pas à la même clientèle. Ça s'appelle stock-photo. C'est les photos qui sont utilisées pour faire des montages, pour faire des 3D (comme fond, comme texture). Ça ne fait pas des photos passionnantes à faire ou à regarder (je vous en mets une), mais ça sert aussi. Et il n'y en a pas des masses sur Commons.
C'est ce qu'on utilise pour les bandeaux de portails/projets thématique sur Wikipédia.
Oui, tout ça pour dire que quand on fait une photo (et a fortiori quand on autorise sa réutilisation, par exemple en la publiant sous licence libre et au hasard sur Commons), on ne sait pas à quoi elle peut servir.
Ça implique qu'on se laisse le maximum de possibilités d'usage, donc qu'on truque un minimum et qu'on indique le plus précisément possible les modifications apportées. Or il n'est pas réaliste de certifier sur les quelques millions de fichiers de Commons, toutes les modifications sont correctement documentées, parce que pour être sérieux, il faudrait avoir systématiquement à disposition toutes les images de base de toutes les photos retouchées (et allez certifier que telle photo est vraiment sans retouche…) Quand on voit le mal qu'on a à obtenir une description correcte de ce qui est sur la photo et un classement correct dans les catégories, on n'en est pas là.
Ça veut surtout dire que les photos de Commons ne peuvent pas servir à tout. On peut bien sûr considérer qu'on s'en fiche et que Commons a pour but de stocker les photos qui illustrent Wikipédia, c'est vrai. Et c'est faux. Les fichiers sont à la disposition de qui veut les utiliser, d'ailleurs ils sont utilisés sur des projets extérieurs à Wikimedia (par exemple sur OSM).
Je retombe sur ce débat ici, tout à fait d'actualité (pour ceux qui ont la flemme d'aller voir, le le jury du World Press Photo a disqualifié le lauréat du 3e prix de la photographie sportive pour une histoire de retouche un peu surréaliste : la décision ne s'appuie pas sur le recadrage drastique, ni sur les bricolages pour la faire ressembler aux photos de presse de la guerre du Vietnam, mais sur l'effacement d'un petit schtouille flou). Il est question de grands mots : éthique professionnelle, Vérité, etc.
Je ne vais pas me placer sur ce plan (je ne suis pas photo-journaliste et ce n'est pas à moi de fixer ici les règles du métier), je vais plutôt essayer de faire le tour des usages possibles d'une photo.
La photo-illustration
Celle-là a pour but d'encombrer votre table de salon. Ça se vend bien, on en fait même des livres entiers (livres de photos de villas au soleil avec une piscine bleue, à chaque fois que je rentre dans un librairie, je cours vers ce rayon, c'est ahurissant le nombre qu'il y en a, et le texte se résume au numéro d'ISBN, et au prix sur la quatrième de couverture).
C'est aussi la photo qui est sur la fiche cuisine ELLE. C'est la photo qu'on colle sur une couverture de bouquin, pour faire vendre. Je suis sévère.
Dans certains cas, d'ailleurs, on lui préfère carrément le dessin. Je pense aux livres de champignons, ou une information sélectionnée à bon escient et représentée systématiquement est préférable à des photos où on risque d'être distrait par un détail ou par une particularité du spécimen (ou gare à l'omelette).
C'est un peu comme ça qu'on envisage les photos sur Wikipédia (on va même jusqu'à considérer que ça aère les textes illisibles).
La photo-document
Par exemple, la photo scientifique (on fait une photo, puis on exploite : on y fait des observations, on en tire des conclusions, etc.) Essayez de de faire un caryotype après avoir rendu votre photo de cellule jolie (ce côté-là était pas très joli, alors j'ai repris une photo d'hier que j'ai collé un peu sur le côté en étirant bien le tout pour que ça ne se voie pas, puis il me manquait un petit chromosome, donc j'en ai fait un à la tablette graphique de l'autre côté). C'est comme ça qu'on se retrouve avec des poulets pour supermarché (les paquets de 8 cuisses sans ailes).
La photo-élément
On pense peut-être moins à cet usage de la photo, et pourtant ça se vend aussi, mais pas à la même clientèle. Ça s'appelle stock-photo. C'est les photos qui sont utilisées pour faire des montages, pour faire des 3D (comme fond, comme texture). Ça ne fait pas des photos passionnantes à faire ou à regarder (je vous en mets une), mais ça sert aussi. Et il n'y en a pas des masses sur Commons.
C'est ce qu'on utilise pour les bandeaux de portails/projets thématique sur Wikipédia.
Tout ça pour dire…
Oui, tout ça pour dire que quand on fait une photo (et a fortiori quand on autorise sa réutilisation, par exemple en la publiant sous licence libre et au hasard sur Commons), on ne sait pas à quoi elle peut servir.
Ça implique qu'on se laisse le maximum de possibilités d'usage, donc qu'on truque un minimum et qu'on indique le plus précisément possible les modifications apportées. Or il n'est pas réaliste de certifier sur les quelques millions de fichiers de Commons, toutes les modifications sont correctement documentées, parce que pour être sérieux, il faudrait avoir systématiquement à disposition toutes les images de base de toutes les photos retouchées (et allez certifier que telle photo est vraiment sans retouche…) Quand on voit le mal qu'on a à obtenir une description correcte de ce qui est sur la photo et un classement correct dans les catégories, on n'en est pas là.
Ça veut surtout dire que les photos de Commons ne peuvent pas servir à tout. On peut bien sûr considérer qu'on s'en fiche et que Commons a pour but de stocker les photos qui illustrent Wikipédia, c'est vrai. Et c'est faux. Les fichiers sont à la disposition de qui veut les utiliser, d'ailleurs ils sont utilisés sur des projets extérieurs à Wikimedia (par exemple sur OSM).
vendredi 10 juillet 2009
Photos truquées
Je viens de retomber sur une vieille requête de l'atelier graphique : "Pouvez-vous effacer la personne située à droite de la photo." Le but de la manœuvre : illustrer un article de Wikipédia (l'encyclopédie, vous savez...)

Pas mal fichu, comme reprise d'image. Le bras droit s'est retrouvé collé en symétrie de l'autre côté, le personnage de droite a été remplacé par le décor de gauche en symétrique aussi, même le poster au mur a été retourné pour virer un coin de tête. C'est bien ajusté, on ne voit pas les coups de ciseaux.
Peter Lorre expliquant l'opération de chirurgie esthétique dans Arsenic et vieilles dentelles, en quelque sorte.
Ça fait illusion, c'est ce qui était demandé, tout le monde est content.
Moi, ça me rappelle des trucages photo cités en (contr)exemple dans mes manuels d'histoire, quand j'étais au lycée. À l'époque, il était de bon ton de se réjouir qu'on ne pratiquait pas ça chez nous :


On enlève les gens qui gênent, on falsifie les documents. Et à quelle fin ?
La photo d'origine montre Tommie Smith qui rencontre un fan lors d'une expo en 2007. C'est d'une part ce qu'on a trouvé (c'est un import depuis Flickr) — ça aurait été plus intéressant d'avoir la photo où il est sur le podium des jeux olympiques de 1968, le poing ganté en l'air, tête baissée et les pieds nus —, d'autre part c'est un portrait qui raconte sa petite histoire : 40 ans après, c'est toujours un personnalité qui fait des dédicaces dans les expos, il a toujours des admirateurs, il a l'air d'un grand père sympa, etc.
La version modifiée montre la même chose dans les fans, sans montrer que sa popularité persiste sur 40 ans. On se rapproche de la photo d'identité des biographies du Petit Larousse. On a perdu le pourquoi de la photo.
Toute la procédure pour les images modifiées a été respectée sur Commons : c'est indiqué dans le nom du fichier, il y a le modèle qui va bien, c'est lié à l'image d'origine, etc. Mais sérieusement, qui va vérifier ces choses-là ? Qui sait seulement que ça existe ?
Fut un temps où une photo était un document, au sens où ce qui était dessus avait existé avec certitude (du fait du procédé physico-chimique). C'était un document, ce n'était pas objectif pour autant : on pouvait faire une mise en scène, le hors-champs et le cadrage avaient une influence certaine sur le message véhiculé. Mais ce qui était sur la pellicule avait été devant l'objectif. La difficulté technique du trucage le rendait en général visible.
Avec la photo numérique et les logiciels de retouche, avec un minimum de pratique, on peut faire des photos qui ont la même apparence de vérité mais sans aucune certitude quant à l'authenticité. Et il est tellement facile de scanner une vieille photo, la truquer et refaire un tirage papier que même les photos argentiques (et autres techniques physico-chimiques) ne sont plus fiables.
Pour faire vite, la photo est passée du statut de document à celui d'illustration. On a perdu une source documentaire, c'est un fait.
Doit-on refuser la falsification de documents, la tolérer, la cautionner, la pratiquer ?
Je me demande si une encyclopédie à la recherche de reconnaissance, qui se fixe des objectifs délirants en matière de références dans le texte (voir les critères des articles de qualité) peut s'autoriser une telle désinvolture vis-à-vis des images ?
On ne charcute pas une source textuelle au point de lui faire perdre son sens, pourquoi le fait-on aux images ?
Doit-on illustrer pour illustrer, ou soutenir un discours avec des documents ?
Et il n'y a pas qu'à propos des projets WikiMedia que je me pose ces questions.
Peter Lorre expliquant l'opération de chirurgie esthétique dans Arsenic et vieilles dentelles, en quelque sorte.
Ça fait illusion, c'est ce qui était demandé, tout le monde est content.
Moi, ça me rappelle des trucages photo cités en (contr)exemple dans mes manuels d'histoire, quand j'étais au lycée. À l'époque, il était de bon ton de se réjouir qu'on ne pratiquait pas ça chez nous :
On enlève les gens qui gênent, on falsifie les documents. Et à quelle fin ?
- Staline avait ses raisons : contrôler l'histoire officielle, en effacer les rivaux potentiels, garder le pouvoir, etc.
- Wikipédia ? J'ai beau chercher, je ne vois que "pour faire joli", et "on sait faire". Sont-ce des raisons valables ?
La photo d'origine montre Tommie Smith qui rencontre un fan lors d'une expo en 2007. C'est d'une part ce qu'on a trouvé (c'est un import depuis Flickr) — ça aurait été plus intéressant d'avoir la photo où il est sur le podium des jeux olympiques de 1968, le poing ganté en l'air, tête baissée et les pieds nus —, d'autre part c'est un portrait qui raconte sa petite histoire : 40 ans après, c'est toujours un personnalité qui fait des dédicaces dans les expos, il a toujours des admirateurs, il a l'air d'un grand père sympa, etc.
La version modifiée montre la même chose dans les fans, sans montrer que sa popularité persiste sur 40 ans. On se rapproche de la photo d'identité des biographies du Petit Larousse. On a perdu le pourquoi de la photo.
Toute la procédure pour les images modifiées a été respectée sur Commons : c'est indiqué dans le nom du fichier, il y a le modèle qui va bien, c'est lié à l'image d'origine, etc. Mais sérieusement, qui va vérifier ces choses-là ? Qui sait seulement que ça existe ?
Fut un temps où une photo était un document, au sens où ce qui était dessus avait existé avec certitude (du fait du procédé physico-chimique). C'était un document, ce n'était pas objectif pour autant : on pouvait faire une mise en scène, le hors-champs et le cadrage avaient une influence certaine sur le message véhiculé. Mais ce qui était sur la pellicule avait été devant l'objectif. La difficulté technique du trucage le rendait en général visible.
Avec la photo numérique et les logiciels de retouche, avec un minimum de pratique, on peut faire des photos qui ont la même apparence de vérité mais sans aucune certitude quant à l'authenticité. Et il est tellement facile de scanner une vieille photo, la truquer et refaire un tirage papier que même les photos argentiques (et autres techniques physico-chimiques) ne sont plus fiables.
Pour faire vite, la photo est passée du statut de document à celui d'illustration. On a perdu une source documentaire, c'est un fait.
Doit-on refuser la falsification de documents, la tolérer, la cautionner, la pratiquer ?
Je me demande si une encyclopédie à la recherche de reconnaissance, qui se fixe des objectifs délirants en matière de références dans le texte (voir les critères des articles de qualité) peut s'autoriser une telle désinvolture vis-à-vis des images ?
On ne charcute pas une source textuelle au point de lui faire perdre son sens, pourquoi le fait-on aux images ?
Doit-on illustrer pour illustrer, ou soutenir un discours avec des documents ?
Et il n'y a pas qu'à propos des projets WikiMedia que je me pose ces questions.
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